| infos | | Publié par : Franck Boutonnet 03/07/2009 |
Du 7 au 12 juillet 2009, le collectif item est invitĂ© par la galerie Camayeux de Marseille Ă prĂ©senter deux travaux photographiques : un premier travail collectif sur le thème de l’habitat social rĂ©alisĂ© en partenariat avec l’association Habitat&Humanisme, et un deuxième reportage de Franck Boutonnet sur les camps de Roms Ă Lyon.
Ces reportages, ainsi que les autres sĂ©ries prĂ©sentĂ©es par la galerie Camayeux, seront visibles Ă l’HĂ´tel de Chartrouse, situĂ© rue de Chartrouse Ă Arles, de 10h Ă 20h.
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| RESF | | Publié par : Bertrand Gaudillere 24/06/2009 |
Alae Eddine fait partie des jeunes majeurs que j’ai pu rencontrer dans le cadre de mon travail « les chiffres ont un visage ». Membre du collectif Jeunes Majeurs RESF de Lyon, il a Ă©tĂ© interpellĂ© suite Ă un contrĂ´le d’identitĂ© et expulsĂ© dans un dĂ©lai record afin de ne pas laisser le temps aux militants du rĂ©seau d’organiser la mobilisation et d’alerter l’opinion public.
RĂ©cit d’une expulsion. (Les images ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es lors de rassemblements jeunes majeurs, chez son parrain, et lors du rassemblement devant la paf)
16 juin 2009
21 h 30 on apprend qu’ Alae Edinne vient d’ĂŞtre arrĂŞtĂ© lors d’un contrĂ´le d’identitĂ©, il est emmenĂ© a l’hĂ´tel de police du Huitième.
22 h 30 Une vingtaine de personnes du rĂ©seau se retrouvent devant l’hĂ´tel de police. On leur confirme qu’Alae Edinne est bien gardĂ© Ă vue dans les locaux. MalgrĂ© la mobilisation, le procureur dĂ©cide du maintien en garde-Ă -vue, et du transfert d’ Alae Edinne Ă la PAF (Police Aux Frontières)
17 juin 2009
10 h Alae Edinne est transfĂ©rĂ© Ă la PAF. Un appel Ă fax, mail et tĂ©lĂ©phone est lancĂ©. La prĂ©fecture qui a Ă©tĂ© contactĂ©e par les militants tient une ligne dure : « Nous sommes dans une logique d’exĂ©cution de la mesure de reconduite Ă la frontière ».
15 h Rassemblement devant les locaux de la PAF. Une quarantaine de personnes sont présentes, et une délégation est reçue.
19 h Alae Edinne est transféré au CRA de St Exupery.
18 juin 2009
8 h 40 Alae Edinne ExpulsĂ©. Il a appelĂ© le rĂ©seau Ă 8 h 30 pour lui signaler qu’il Ă©tait dans un aĂ©roport parisien.
23 h 57 toujours pas de nouvelles d’ Alae Edinne depuis son coup de fil du matin. Annonce de la tenue d’une confĂ©rence de presse par ses parrains et marraine, Georges Gumpel et et Christianne Demontes.
19 juin 2009
12 h 30 ConfĂ©rence de presse au cafĂ© de la mairie Lyon 1er Ă l’initiative du parrain d’ Alae Edinne, Geoges Gumpel et sa marainne, Christainne Demontes.
18 h 46 On apprend les modalitĂ©s d’expulsion : par avion de la Royal Air Maroc dĂ©part 9 h d’Orly arrivĂ©e Ă 11 h Ă Casablanca. Il a pu passer un coup de fil Ă son parrain Georges, un policier de l’escorte lui a prĂŞtĂ© un portable, le temps de dire qu’on l’embarquait et qu’on l’avait tabassĂ©. On apprend aussi qu’il a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© en fin de matinĂ©e au tribunal de Casablanca.
22 juin 2009
9 h 28 rapport d’expulsion venant du Maroc :
Hier Jeudi 18 juin, Alaeddine El JaĂŻdi a Ă©tĂ© expulsĂ© de France, arrivĂ© Ă 9h Ă l’aĂ©roport Nouasser, puis au commissariat du maarif Ă Casablanca oĂą il a passĂ© la nuit en cellule.Catherine et Souad se sont prĂ©sentĂ© au commissariat dès 15h, mais n’ont pu que lui remettre de quoi manger.Un policier nous dit de nous prĂ©senter demain vers 9h au commissariat. Il sera prĂ©sentĂ© au tribunal dans la journĂ©e.
Ce vendredi 19 juin, Patrice de RESF Casa s’est prĂ©sentĂ© dès 9h au commissariat du Maarif à Casablanca.
Il a pu voir Alaedine sortant de cellule accompagnĂ©s de 3 autres jeunes expulsĂ©s de Belgique, Espagne et Allemagne. Mais n’a pu avoir les coordonnĂ©es de sa famille pour les prĂ©venir.
A 11h,Catherine, Souad,  Patrice de RESF casa accompagné de Zoé Deback, journaliste nous dirigeons au tribunal de Aïn Sebaa.
Nous attendons jusqu’Ă 14h avant de le voir libĂ©rĂ©.
Témoignage de Alaedine :
Un jour avant son expulsion, alors qu’il allait rendre visite Ă sa tante avec son cousin, il est contrĂ´lĂ© Ă la sortie du mĂ©tro par 5 CRS sortis d’un fourgon. Simple contrĂ´le, mais il n’avait pas ses papiers. Ils appellent le Central. Un IIe fourgon arrive, nombreux, ils le montent violemment , le menottent. Il est emmenĂ© Ă l’HĂ´tel de police de Lyon 8.
PrĂ©sentĂ© au commissaire qui lui dit : « vous avez reçu une obligation de quitter le territoire au mois de mars, pourquoi vous n’ĂŞtes pas parti ».
Ils le mettent dans une salle d’attente, puis ils l’enferment dans des toilettes pendant une heure, le mettent Ă poil, l’insultent. Puis prennent ses empreintes et le mettent en garde-Ă -vue.. . Il passe la nuit dans une cellule
, puis le prĂ©sente le lendemain Ă la PAF (Police des frontières). Interrogatoire long. Il y reste jusqu’au soir Ă 19h. Puis emmenĂ© au centre de rĂ©tention Saint ExupĂ©ry. Vers 20h30, il reçoit des coups de fils, de Catherine Tourier de RESF, qui le rassure et lui dit qu’ils vont mobiliser les sĂ©nateurs.
Mais Ă 2h du matin, 5 policiers dĂ©barquent au centre, le rĂ©veillent brutalement et lui prennent son portable alors qu’il voulait appeler son avocat, ils l’en empĂŞchent, le tirent violemment , tabassĂ©, mis Ă terre, coups de poing, coups de pied, sur le visage, le ventre, le bras, « la chambre 4 est pleine de sang », dit-il.
Ils l’ont traĂ®nĂ© puis mis dans un fourgon direction Paris accompagnĂ© de 3 policiers en civil, direction aĂ©roport Orly. Il a demandĂ© Ă voir un mĂ©decin pour constater ses blessures, ils l’ont menacĂ© de le battre, menottĂ© et mis dans un avion de la RAM VOL Paris Orly AT 777, le jeudi 18 juin Ă 8h. Dernier contact avec la France.
ArrivĂ© Ă 9h30 Ă l’aĂ©roport de Nouasser, il reste dans une salle d’attente au commissariat de l’aĂ©roport, dĂ©clarĂ© ĂŞtre rentrĂ© illĂ©galement en France.
Ils le mettent dans un fourgon, direction commissariat Maarif. Il passe la nuit dans un cellule avec 10 prisonniers, couchés tous par terre, sans eau ni pain.
Le matin du vendredi 19 juin, Ă 9h30, il est emmenĂ© au Tribunal et attend dans une cellule avec une trentaine de dĂ©tenus jusqu’Ă 14h. PrĂ©sentĂ© devant le juge, aucune question ne lui est posĂ©e, sinon le nom de son père, et lui font signer avec le doigt pour sa sortie.
Triste, hagard, perdu, nous le recueillons. Il a pu juste partir avec ses vĂŞtements qu’il porte sur lui, sans recharge de tĂ©lĂ©phone, il ne peut joindre personne.
Nous l’emmenons manger, il raconte son calvaire . et nous dit, :
« Maintenant, je veux retourner, pas rester ici. J’ai commencĂ© mes Ă©tudes et je veux les finir. J’ai un CAP platrier-plaquiste, je veux faire un brevet professionnel avec stage en alternance. Je ne veux pas rester Ă Sidi Slimane, parce que sans diplĂ´me, j’ai rien, je ne veux pas lâcher le morceau. »
AdoptĂ© Ă 15 ans par sa tante de nationalitĂ© française, arrivĂ© mineur en France grâce Ă la « kafala », il s’est inscrit au collège Ă Lyon, puis suit sa scolaritĂ© au lycĂ©e . A 18 ans, ils sont venus Ă domicile le chercher, mis en centre de dĂ©tention, il en ressort grâce Ă une grande mobilisation de ses profs et des Ă©lèves de son lycĂ©e. Puis Ă 19 ans, puis Ă 20 ans. Il ne veut pas lâcher le morceau, dit-il.
Nous contactons par tĂ©lĂ©phone sa tante Ă Sidi Slimane, Alaedine est sous l’Ă©motion, il n’a plus revu sa famille depuis son dĂ©part Ă 15 ans, il est l’aĂ®nĂ© de la famille, marquĂ© par ses blessures, sĂ»r qu’il prĂ©fère les revoir avec un diplĂ´me, un travail, et dignement…
A l’hĂ´pital de Casablanca nous obtenons un constat des violences subies par la police française : suite Ă l’agression subie le mercredi 17 juin 2009.
-Â Â Â Â Â Â des ecchymoses au niveau de la face, au bras droit et au torse
-      région occipitale gauche
-Â Â Â Â Â Â nasale
-      œdème et hématome au mollet droit.
11 h 38 communiquĂ© de l’UJFP pour le retour d’ Alae Edinne
Alae Eddine doit immédiatement revenir en France
Date 22.06.2009 | Sujet : CommuniquĂ©s de l’UJFP
L’Europe se transforme en forteresse, des murs se construisent Ă Ceuta et Melilla. Des centres de rĂ©tention ou des camps comme celui de Lampedusa se multiplient. Par milliers des immigrĂ©s se noient en tentant d’Ă©chapper Ă la misère et aux consĂ©quences de la mondialisation libĂ©rale. Une mĂŞme politique vise Ă faire sortir les Ă©trangers de l’Ă©tat de droit.
De Hortefeux Ă Besson, la politique du gouvernement Sarkozy tend Ă faire du chiffre et Ă caresser dans le sens du poil l’Ă©lectorat d’extrĂŞme-droite. Comme pour la droite des annĂ©es 30, il s’agit de dĂ©tourner l’attention des vrais problèmes (chĂ´mage, misère, inĂ©galitĂ©s) et de dĂ©signer les Ă©trangers Ă la vindicte populaire.
A Lyon, symboliquement, la personne chez qui le jeune marocain Alae Eddine avait trouvĂ© refuge, se trouvait ĂŞtre un ancien enfant cachĂ© juif pendant la guerre, ce qui a Ă©tĂ© largement mĂ©diatisĂ©. Cela n’a pas empĂŞchĂ© son expulsion, comme si le pouvoir, malgrĂ© la mobilisation, avait voulu signifier que tout lui est permis. La mĂŞme machine bureaucratique (de discrimination, arrestation, dĂ©tention) est aujourd’hui mise en Ĺ“uvre, comme dans les annĂ©es 40 mĂŞme si les consĂ©quences ne sont pas aussi tragiques.
Parce que nous n’avons pas la mĂ©moire courte, et que nous dĂ©nonçons les lois discriminatoires et de dĂ©shumanisation, l’UJFP soutient tous les sans-papiers.
Elle exige le retour en France d’Alae Eddine.
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| En Images | | Publié par : Bertrand Gaudillere 23/06/2009 |
Mascarade et mauvais goût pour certains, engagement pour d’autres, rassemblement festif ou acte de mémoire, la gay pride n’a pas le même sens pour tous ceux qui composent le cortège ou le regardent passer. Diverses significations pour un même événement, mais une seule revendication : l’égalité.
Car si la France fait partie de cette vingtaine de pays qui reconnaissent l’existence de l’homosexualité et des droits des personnes homosexuelles, en interdisant la discrimination ou en instaurant des partenariats ouverts aux personnes de même sexe, il n’en demeure pas moins que des inégalités « légales » subsistent.
Au regard des quatre vingt dix pays qui condamnent et interdisent l’homosexualité, la situation de la communauté LGBT française est confortable, mais est-ce pour autant qu’elle ne doit plus militer, se taire et accepter ?
Pour qu’aujourd’hui il soit possible de faire ces images dans les rues de Lyon, il a fallu des années de mobilisation !
Ils étaient 10 000 selon les organisateurs, 7000 selon la police à défiler ce samedi 20 juin 2009 avec pour mot d’ordre : Pour la Transidentité, contre la Transphobie !
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| En Images | | Publié par : Julien Brygo 21/04/2009 |
Guinée : un transition de plus ?
La presse européenne avait prévu le coup d’État. Sanglant et chaotique. Ce ne fut qu’« occupation d’une place vacante dans une situation de déliquescence généralisée de l’État et des institutions républicaines. L’armée n’a pas fait de coup d’État en Guinée », rétorque la junte militaro-civile sur de grandes bannières accrochées sur le Palais du Peuple, à Conakry.
Depuis la mort de son second prĂ©sident, le 23 dĂ©cembre dernier, la GuinĂ©e, première colonie française d’Afrique noire Ă arracher son indĂ©pendance, en 1958, vit une pĂ©riode cruciale de sa jeune histoire. Une junte militaire, qui s’est depuis ouverte aux civils, a pris le pouvoir, sans effusion de sang, avec Ă sa tĂŞte un illustre inconnu, fils de paysan de GuinĂ©e forestière. Le capitaine Moussa Dadis Camara ne cesse de rĂ©pĂ©ter ses intentions : « nettoyer le pays » (des trafiquants de drogue, des bandits Ă©conomiques, des malfaiteurs en tous genres, des sociĂ©tĂ©s qui jouissent des largesses des dessous de table) et prĂ©parer des Ă©lections, fin 2009. Il a jadis promis de ne pas s’y prĂ©senter, mais, au vu de sa popularitĂ©, il se tâte (1). Avec ou sans Dadis comme candidat, elles seront forcĂ©ment « libres et dĂ©mocratiques »…
La Communauté internationale (encore elle) a condamné par principe le Coup d’État. Par « principe » ? C’est suivant cette même logique qu’elle a soutenu le régime de Lansana Conté pendant 24 ans et celui de Sékou Touré pendant de nombreuses années. En amorçant dans les années 70 la réconciliation diplomatique, il fallait cautionner le régime Touré et son funeste camp Boiro (près de 50 000 meurtres politiques). Mais les « principes » de la communauté internationale sont davantage régis par la logique économique. Au-delà de la simple prise du pouvoir par la force par le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), la Communauté internationale, France en tête, cherche avant tout à s’indigner du blocage des dossiers économiques, comme l’appel d’offre du port de Conakry et de la re-négociation des contrats miniers. La corruption est également, évidemment, dans le collimateur des grands pays (qui en ont pourtant bénéficié à différents niveaux).
Pour le peuple guinĂ©en, les problèmes sont concrets, au quotidien : coupures d’électricitĂ©, manque d’eau, chĂ´mage, corruption banalisĂ©e, contrĂ´les abusifs des hommes en uniforme… Aux dires de beaucoup de GuinĂ©ens, « un vent nouveau souffle » depuis la prise de pouvoir par le CNDD, le 23 dĂ©cembre 2008. Ce jeune pays vit une pĂ©riode capitale de son histoire. Une transition Ă l’issue de laquelle pourra Ă©clore le meilleur… comme le pire.
C’est dans ce contexte que se tiennent dans tout le pays des « marches de soutien » au CNDD.
Je suis allĂ© Ă Fria, ville-symbole des rapports franco-guinĂ©ens. Le groupe Pechiney y avait construit, juste avant le « non! » de SĂ©kou TourĂ© Ă la proposition de CommunautĂ© française du gĂ©nĂ©ral de Gaulle, la première usine d’alumine en terre africaine. Aujourd’hui, l’usine est aux mains des Russes, dont les mĂ©thodes de management sont bien loin du paternalisme français. Entre les Friaka et les Russes, la tension est palpable. Dans cette ville-usine, le 2 mars dernier, plusieurs milliers de manifestants dĂ©fileront : Ă©coliers, ouvriers, sous-traitants, membres du club de karatĂ©, femmes d’employĂ©s, chauffeurs de taxi… Toute la ville descendra pour soutenir le nouvel homme fort de la GuinĂ©e, que les habitants nomment d’ores et dĂ©jà « chef de l’État ».
J’ai voulu voir le « messie », comme tout le monde. C’est quelques jours plus tard, Ă l’universitĂ© de Sonfonia, Ă Conakry, que j’ai vu ce nouveau « MoĂŻse » de la GuinĂ©e, que certains comparent dĂ©jĂ Ă un Thomas Sankara. Lui cite Obama. Les vendeurs de badges et de T-shirts sont ravis.
Restaurer la dignité du peuple de Guinée : tel est le mot d’ordre du nouvel chef.
D’où, l’adhésion massive à ce militaire, qui représente pourtant tout ce que le peuple de Guinée déteste : les coups de force, les armes et l’uniforme.
Je laisse le dernier mot Ă Kamara BaldĂ© Kourouma, syndicaliste Ă l’usine de Fria : « Les dĂ©gâts que le rĂ©gime militaire de ContĂ© a causĂ©s, il faut un militaire pour les dĂ©mystifier. Certes le prĂ©sident parle beaucoup et rassure la population mais les GuinĂ©ens attendent des actes, en particulier pour restaurer l’autoritĂ© de l’État. Tout est liĂ© : le pays ne peut pas avancer si le narco-trafic, la corruption ou le banditisme ne sont pas Ă©radiquĂ©s. La bĂŞte noire de l’économie, c’est la corruption. Il faut s’y attaquer en bonne et due forme.»
Julien Brygo
1. Mi-avril, le capitaine Camara a semĂ© le trouble en GuinĂ©e, en lançant aux partis politiques qu’il accuse de « s’acharner contre (les militaires comme lui) » : « S’ils ne mettent pas de l’eau dans leur vin, je vais Ă´ter la tenue et me prĂ©senter aux Ă©lections contre eux ! »
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| Non classĂ© | | Publié par : Bertrand Gaudillere 27/02/2009 |
Des images ils en voient, parfois ils en font, rarement ils en parlent.
A la maternelle Painlevé de Lyon, dans la classe de grande section, le temps d’une classe à PAC (Projet Artistique et Culturel), ils en ont vu, en allant visiter l’exposition Depardon. Ils en ont parlé, en se demandant comment le photographe avait construit ses images. Et ils en ont fait, en apprenant ce qu’était un plan large, un plan moyen et un gros plan.
Ils ont entendu que l’image avait un sens, qu’elle était un langage, et qu’elle exprimait un point de vue. Ils ont aussi appris que l’image ne sortait pas de nulle part, ni d’une rose, ni d’un choux, mais était bien souvent l’œuvre d’un photographe.
Ça s’appelle l’éducation à l’image !
Certes, cela demande du temps, (un peu), de la motivation (beaucoup) et des moyens (suffisamment), mais à terme cela pourrait leur éviter de rester coi face à une information qu’ils ne sauraient comprendre, et peut être même d’envisager l’image ailleurs qu’à la simple fonction d’illustration !
De là à penser que ce soit nécessaire ou salvateur… On m’accuserait d’être juge et partie. Il n’empêche que l’on peut sérieusement se poser la question de savoir pourquoi ce type d’enseignement demeure confidentiel.
« Je suis inquiet de voir que l’on de donne pas aux enfants les moyens de décrypter les images qu’ils regardent, avec lesquelles ils jouent pourtant déjà bien mieux que nous au même âge. Je crains que devenues leurres, les images ne dissimulent la matérialité du monde, qui est sa forme de « vérité » si tant est que puisse exister une vérité » écrivait Christian Caujolle dans un « avertissement » qui ouvre le livre « circonstances particulières »
L’éducation à l’image, qu’elle s’inscrive dans le cadre scolaire, ou qu’elle en sorte, est un vecteur essentiel à la compréhension de l’iconographie actuelle et de ses enjeux : savoir comprendre, les représentions, les icônes et les clichés , savoir les distinguer, les lire et leur donner un sens.
Avoir ces quelques clefs ne permet certainement pas de s’ouvrir toutes grandes les portes de l’image, mais c’est un bon premier pas pour ne plus les subir puisqu’on ne peut les ignorer tant elles sont désormais un élément constitutif de notre environnement.
L’image est partout, c’est un poncif que de le dire, et pourtant on entretient la culture de l’ignorance Ă son Ă©gard. « Le monde en image est façonnĂ© selon les intĂ©rĂŞts de ceux qui sont les propriĂ©taires de la presse : l’industrie, la finance et les gouvernements » Ă©crivait Gisèle Freund dans Photographie et SociĂ©tĂ©, « c’est un puissant moyen de propagande et de manipulation » rappelait elle Ă©galement. VoilĂ peut ĂŞtre pourquoi l’éducation à l’image au sein de l’école, malgrĂ© un discours mâtinĂ© d’autant de bonnes intentions que les pavĂ©s de l’enfer, demeure-t-elle, l’apanage de bonnes volontĂ©s. Pour mettre en place leurs actions , ils devront savoir faire face Ă la vacuitĂ© des dispositifs de soutien tant d’un point de vue pĂ©dagogique que financier…mĂŞme si une « actualitĂ© pĂ©dagogique » du ministère de l’éducation nationale datĂ©e de janvier 2009 rappelle que « L’Ă©ducation Ă l’image, au cinĂ©ma et Ă l’audiovisuel contribue Ă l’acquisition du socle commun de connaissances et de compĂ©tences que chaque Ă©lève doit acquĂ©rir. Elle permet la maĂ®trise des langages. Elle participe Ă la culture humaniste. Elle favorise l’accès Ă des Ĺ“uvres patrimoniales et contemporaines. Elle dĂ©veloppe aussi l’autonomie et l’initiative des Ă©lèves »
Ça ne coûte rien de le dire, et.on imagine aisément que la suppression annoncée de onze mille postes dans l’éducation facilitera l’accès à cette culture humaniste dont il est question !
Éduquer à l’image demande des moyens et une volonté politique. Or aujourd’hui, sa pratique repose sur le volontarisme de quelques individus et non sur un projet global cohérent. La somme des actions menées ne concerne qu’un nombre restreint d’élèves alors qu’elles devraient en toucher la majorité.
Ce n’est pas brillant, mais on ne peut que saluer ces initiatives, les encourager, et parfois même les soutenir en nous mettant à leur service.
Images réalisées pendant une classe à PAC de la maternelle Painlevé à Lyon.
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