24 H sans nous : La journée sans immigrés

infos Publié par : Bertrand Gaudillere   03/03/2010
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Le 5 septembre dernier lors de l’université d’été de l’UMP, Brice Hortefeux « dérapait » en faisant une mauvaise plaisanterie sur l’origine immigrée d’un jeune militant UMP.
« il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes »
Il se défendra quelques jours plus tard d’avoir tenu des propos racistes, dans un communiqué ou il dénonce une vaine et ridicule tentative de polémique.
Benoît Hamon pour le P.S. qualifiera ces propos de honteux et inqualifiables, tandis que les verts dénonceront l’expression d’un racisme banal bête et méchant.
La rhétorique habituelle, qui alimentera le non débat médiatique mais ne prêtera à aucune conséquences !
Pour Nadir Dendoune et Nadia Lamarkbi, journalistes, et  et Peggy Derder, enseignante, c’en est trop. Ils décident de réagir en lançant l’idée d’une journée nationale sans immigrés sur le modèle de l’action menée à Los Angeles en 2006, visant à mettre en avant l’importance économique des sans papiers en leur suggérant de se retirer une journée de la vie économique : autrement dit « par notre absence nous voulons montrer la nécessité de notre présence »
Ce sera le slogan de la journée qui avait lieu le premier mars.2010 à l’initiative du collectif LJSI (La Journée Sans Immigrés) qui compte sur FaceBook plus de 60 000 membres.
Loin des partis politiques et des syndicats, l’initiative se veut citoyenne et engagée, pour dénoncer la stigmatisation d’une population qui doit faire face à une précarisation croissante, et un discours politique caricatural et souvent méprisant  à son égard. Identité nationale, quand tu nous tiens !
Et ce n’est pas faire preuve d’angélisme que de dire cela, les exemples sont nombreux, ne serait ce que la récente étude de deux chercheurs du CNRS qui ont démontré qu’un noir avait six fois plus de chance de se faire contrôler qu’un blanc, et un qu’un Maghrébin avait sept à huit fois plus de chance de subir un contrôle.
Le ministre Besson lui-même reconnaissait sur RTL le 9 décembre 2009 que ces contrôles au faciès sont une réalité.
La face immergée de l’iceberg, dont les profondeurs sont insondables, mais qui s’il venait à s’échouer laisserait paraître une réalité bien triste où l’égalité des chances ne serait qu’un slogan suranné et l’intégration  une vaste plaisanterie !
Combien de 1er mars faudra t-il avant de voir les choses changées ?

Bertrand Gaudillère

Liens :

Manfiste 24 H sans nous : La journée sans immigrés.



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