Archive pour la catégorie ‘Coups de Gueule’

Phobie des « pénuries » ou phobie des luttes sociales ?

Coups de Gueule Publié par : Julien Brygo   25/02/2010
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Excès de zèle anti-grève dans les médias dominants

Quand des ouvriers malmenés en viennent à menacer de bloquer des dépôts de pétrole pour lutter contre la direction de Total (qui ment), les médias y voient un risque de paralysie du pays. Normal, vous êtes au « pays des grèves » où les journalistes sont encore plus convaincants que les ministres et les PDG.

Mardi 23 février. La CGT raccroche. Sur le parvis de la défense, les journalistes jubilent : « Rassurés, dit Charles Foulard, coordinateur CGT de Total, parce que le groupe ne fermera aucune raffinerie d’ici cinq ans »… sauf celle des Flandres, à Dunkerque (59).
Comme d’habitude en matière de luttes sociales, la presse traite le sujet sous l’angle de la probable « prise en otage des Français ». Les méchants salariés de Total contre les bons automobilistes. Les grévistes arc-boutés sur leurs positions irréalistes contre les Français qui ont naturellement besoin d’essence pour aller au travail.

Le même jour, dans le journal de treize heures de France 2, une automobiliste se tortille à la pompe et écoute la question de la journaliste :
« Dîtes madame, vous avez fait des réserves ?
Réponse attendue (et obtenue)  :
- Ah ! Ah oui, ah oui, on y pense, s’il n’y a plus d’essence, ça sera difficile, surtout pour le travail. » (France 2, 23/02/10)
J’ai pas noté la phrase exacte, mais ça sonnait comme ça.

Le lendemain, un enchaînement de sous-titres parmi des milliers chaque jour, qui défilent sur le bas de l’écran de la « CNN française » :
- « La grève continue à Dunkerque malgré les concessions de Total » (18h43) (Note 1) ; « sans “projet de substitution” Dunkerque devrait rouvrir (Christian Estrosi) » (18h43) ; « Reprise du travail dans toutes les raffineries sauf à Dunkerque » (18h43) ; « Total doit créer des emplois dans l’énergie à Dunkerque (F.Chérèque) » (18h44) ; « 134 stations Total encore en rupture totale ou partielle des stocks » (18h44) ; « le site de Dunkerque déçu de la fin de la grève sur les autres sites » (18h44, Itélé, 24/02/10). Bel enchaînement, malheureusement interrompu par une mauvaise nouvelle : « L’appel à l’arrêt de la grève n’a pas été entendu partout. »
Alors, quand même, le soir, au journal de France 2, le présentateur, qui s’apprête à recevoir le PDG de Total Christophe de Margerie, ouvre son « sujet » en rassurant la France entière : « Le spectre d’une pénurie d’essence est définitivement éloigné cet après-midi (…) seuls les salariés de la raffinerie de Dunkerque, en haut en rouge (sic), ont décidé de poursuivre le mouvement (…) Mais d’abord, pour mieux comprendre ce conflit qui a failli paralyser la France »… et hop, il lance son reportage.

Retour plateau. Apparait (enfin) le visage poupon du patron de Total. Citons seulement la première phrase du roi pétrolier moustachu : « Je crois quand même qu’il est important de… de recaler les choses. » Le reste est à l’avenant : « Les choses changent (…) Il n’y a pas de manque de pétrole (…) La consommation d’essence baisse en France et c’est très bien » (…) je l’ai dit et redit : il n’y aura pas de licenciement à Dunkerque car les salariés seront repris, reclassés à l’intérieur de la société Total. » Le journaliste ne le questionnera pas sur la délocalisation de Total à Jubail (Arabie Saoudite) où la société la plus rentable du CAC 40 construit avec la société saoudienne Aramco la « méga-raffinerie » du XXIème siècle : 10 milliards d’euros, pour 400 000 tonnes de pétrole raffinées chaque jour à l’horizon 2011. Un oubli, sûrement…

« Pas de licenciement » ? Quid des sous-traitants (600) ? Des quelque 500 entreprises engagées pour le grand arrêt quinquennal ? Des salariés qui ne comprennent pas qu’il est bon pour eux de devenir « mobiles » et de partir de Dunkerque, avec leurs familles, ailleurs, dans un des autres sites du groupe ? Les salariés récalcitrants n’auront qu’à démissionner. Les petites entreprises de la sous-traitance n’auront qu’à se reconvertir. Et si le port de Dunkerque perd un bon quart de son trafic, qu’il se rabatte sur les bananes caribéennes. Nous sommes vraiment mauvaise langue : « On va vraiment s’occuper d’eux, de manière responsable », répète le boss, dont nous n’hésitons pas à vous montrer les scandaleux portraits que lui ont taillé les ouvriers de Dunkerque (Christophe de Margerie en nabab, Christophe de Margerie en Obélix…)

Désormais, les médias, comme les va-t-en-guerre, sont préventifs. Ils anticipent les vrais problèmes des Français : le risque qu’une « minorité » empêche la « majorité » de travailler, de bouger, de créer, de vivre, quoi. Car à chaque conflit social, c’est la même équation : les luttes des ouvriers sont passées au tamis sécuritaire et sociétal : les ouvriers sont-ils dangereux ? Menacent-ils l’intégrité physique du public ? N’empêchent-ils pas les autres de travailler, en bloquant les trains, en annulant des avions, en bloquant les dépôts pétroliers et donc les stations d’essence ? D’ordinaire, ils « grognent », tels des cochons. Cette-fois-ci, ils osent brandir la menace de la pénurie pour peser dans la lutte et convaincre que la délocalisation en Arabie Saoudite est tout aussi pernicieuse pour l’environnement. Alors même que la direction de Total a décidé il y a six mois d’arrêter la production de la raffinerie des Flandres, les pipistrelles du Parti de la Presse et de l’Argent (1) s’indignent : « Les salariés de Dunkerque continuent la grève, malgré les concessions de Total. » (2) On croit rêver. Non, on regarde la télé.

Dans les cinq raffineries Total, le lendemain de la réunion de capitulation de la Défense, la majorité des salariés de Total a gentiment repris le travail. Evidemment, restent les « irréductibles dunkerquois », qui persistent dans la grève, alors que la direction a, le jour-même à son siège de la Défense, assuré qu’il n’y aurait  « pas d’autre fermeture dans les cinq ans ». Excès de zèle anti-grève des médias dominants, encore une fois. Comme pour les cheminots contre les usagers de la SNCF, les contrôleurs du ciel contre les clients des sociétés aériennes, les dockers et les marins contre les voyageurs et le canapé Made in China de Béatrice, les enseignants contre les mères de famille… En réalité, que les ouvriers de Dunkerque cessent ou non leur « grève », leur raffinerie est en « arrêt conjoncturel » depuis septembre 2009.
C’est précisément pour la redémarrage de la raffinerie des Flandres que les ouvriers dunkerquois sont mobilisés. Les ouvriers, car les cadres, eux, trop occupés à lire les pages « Voyages » du Figaro (3), ne font pas grève à Dunkerque : le groupe les a déjà, pour la plupart, placés dans d’autres sites du groupe, en France ou à l’étranger.

Ce qui intéresse la presse, ce n’est  pas la capacité des ouvriers à faire plier un groupe comme Total, qui a d’ores et déjà annoncé la fermeture de la plus récente raffinerie française (1974). Ce n’est pas non plus les divergences de vue entre l’Elysée, Matignon et le ministère de l’Industrie. Ce n’est pas non plus le sort du raffinage en France et les délocalisations menées par l’héritier d’Elf-Aquitaine en Arabie Saoudite ou aux Etats-Unis. Ni les conséquences, pour le port de Dunkerque, de voir 25 % de son trafic s’évaporer. Mais ce sont… « les risques de pénurie de carburants ». Les ouvriers sont louables, du moment que leur lutte n’ait aucune conséquence hors du périmètre de leur entreprise. Vous avez dit « fabrique du consentement » ?

Julien Brygo

1. La pipistrelle est une espèce de chauve-souris très présente en France. Elle mesure entre 1 et 3 centimètres, sans la queue, pèse entre 3 et 8 grammes et se hisse souvent au-dessus des lampadaires ou dans les parties retirées des habitations. Le Parti de la presse et de l’argent (PPA) est une appellation forgée au sein de la Sardonie Libre, royaume créé par les sardons du journal Pour Lire Pas Lu (PLPL), devenu Le Plan B. Il désigne les médias commerciaux dirigés par des empereurs industriels, lesquels ont souvent les faveurs des décideurs politico-économiques (Le bétonneur Bouygues pour TF1-LCI, le milliardaire amateur d’art Pinault pour Le Point, le roi des ports africains Bolloré pour les gratuits DirectSoir, MatinPlus et la chaîne Direct 8, le banquier Rothschild pour la gazette des urologues postmodernes - encore nommée Libération -, Bernard Arnault pour Les Echos, Lagardère pour Le Monde, que les Sardons appellent haineusement le Quotidien vespéral des marchés…). Leur but (éditorialistes, économistes, journalistes, spécialistes…) est de hisser l’information au rang des biens commercialisés dans les rayonnages des magasins (les chaussettes, la mousse à raser, les conserves à réchauffer…). Sur ce sujet, consulter la carte du PPA, établie en 2006 par Le Plan B ou les articles du site de critique des médias Acrimed.

2. Itélé, 24.02.10. Des « Concessions » ? Une « table ronde pour l’emploi ». Question réunions inutiles, on ne fait pas mieux. Et aussi : « L’assurance d’un grand projet énergétique à Dunkerque » (Christian Estrosi, ministre de l’Industrie). Comprendre : la participation de Total au projet de terminal méthanier de Dunkerque, dont EDF a remporté l’appel d’offres il y a maintenant un an. Quid du nombre d’emplois créés par ce chantier pharaonique qui va souiller une zone d’espèces protégées et une plage à laquelle les Dunkerquois sont très attachés ? 50 à 150 ! Soit 10 à 15 fois moins de travailleurs que dans la raffinerie.

3. C’est dans le quotidien de Serge Dassault que Total a testé la réaction syndicale à une fermeture définitive de la raffinerie des Flandres. Le 12 janvier, Le Figaro publie cette brève : « Raffinage : Total prêt à fermer Dunkerque. » La nouvelle est aussitôt reprise par l’AFP et donc dans les radios et les journaux. Trois semaines plus tard, rebelotte, dans Les Echos cette fois-ci.

(Images prises à Dunkerque, sur le site de la raffinerie des Flandres et en face de la Communauté urbaine de Dunkerque, où les salariés du site et Marcel Croquefer, délégué CGT du Pôle Chimie, ont mené une action fin janvier)



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Qui sont les véritables « passeurs » ?

Coups de Gueule Publié par : Julien Brygo   11/02/2009
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Besson pousse à la dénonciation des passeurs par les sans-papiers.
« Le Monde » a déjà monté les guillotines…

C’est la première sortie du nouveau ministre de l’immigration et de l’identité nationale. Après avoir assuré que le nombre d’expulsés serait stable cette année - 27 000 -, Besson a signé une circulaire promettant des papiers à ceux qui dénoncent leur passeur. Une mesure « spectaculairement inefficace » pour France Terre d’Asile. Une « prime à la délation » pour SOS Racisme, l’officine bon teint du Parti socialiste, qui semble avoir découvert cette année qu’expulser 30 000 personnes par an est un acte d’une violence sournoise inouïe.
L’annonce des titres de séjour provisoires (six mois) fait suite à un voyage médiatique d’Éric Besson à Calais, où près de 700 candidats tentent de passer sous un camion vers la Grande-Bretagne. Dans ma ville de Dunkerque, entre 100 et 300 Afghans, Kurdes, Palestiniens, Iraniens et Érythréens ont quitté leur pays, le plus souvent à pied, pour espérer rejoindre la Grande-Bretagne, où la législation du travail et des papiers est plus souple. Ils ont payé des « passeurs » au départ (les sommes varient de 5 000 à 20 000 euros…) et attendent désespérément, certains depuis plusieurs années, que ceux-ci les escortent dans un camion et leur fasse passer la Manche.
Dans le Nord Pas-de-Calais, la grande majorité de ce que Besson appelle des « passeurs » sont en fait des candidats ou d’anciens candidats, mués en maillon de la filière par l’appât du gain après plusieurs mois, voire des années de végétation. Ils dorment dans les mêmes squats que les candidats, et à part un peu d’argent, un lecteur MP3 ou une position hiérarchique supérieure, ce ne sont pas eux, les vrais bandits internationaux planqués derrière les vitres teintées des Mercedes insolentes. Eux ne font qu’ouvrir les portes du camion, ou escorter des groupes de candidats pour quelques piécettes, avant de regagner les campements, régulièrement « nettoyés » par la Police aux Frontières. Ce sont eux qui finissent dans les geôles nordistes (une centaine actuellement), parfois dans les centres de rétention et en page « Justice » des journaux locaux.
À force de ne pas être questionnée, la propagande sarkozyste de lutte contre l’immigration clandestine a fini par faire l’unanimité. C’est Robert Solé, un « grand » journaliste, qui l’écrit, dans « Le Monde » du 6 février : « On leur demande en somme de livrer à la police les réseaux dont ils ont été, à la fois, les bénéficiaires et les victimes. Cela conduit SOS Racisme à … dénoncer “une prime à la délation”. Nous obligeant, du fait même, à dénoncer une faute de français : la délation est une dénonciation inspirée par la vengeance, la jalousie ou la cupidité. Rien de tel ici. L’initiative d’Éric Besson part d’une bonne intention. Les passeurs mériteraient d’être pendus haut et court. »
« Haut et court » ? La petite phrase est révélatrice. Alors osons l’impensable et osons écrire que « les passeurs » ne sont peut-être pas les êtres les plus méprisables au regard de ce drame quotidien que représente la vie clandestine. Osons écrire qu’ils ne sont peut-être pas les plus « pendables » mais qu’au nombre des êtres les plus méprisables et, pour le coup, bien plus responsables que ces quelques opportunistes appâtés par le gain, on pourrait inclure les dirigeants de la plupart des gouvernements occidentaux (ceux de 25 des 27 pays de l’UE engagés en Afghanistan) et ceux des institutions financières internationales qui, par leur volonté d’imposer partout les règles du libre-échange et du capitalisme financier - règles quelque peu ébranlées en ces temps de « crise », quoique justifiées urbi et orbi par les chiens de garde - poussent des millions de jeunes gens (Kurdes, Pachtouns, Iraniens, Palestiniens, Africains…) à quitter leur pays natal pour espérer sauver leur destin dans un pays démocratique, riche, et soi-disant égalitaire.
Il ne s’agit pas d’affirmer que les passeurs sont des êtres purs et insoupçonnables, dénués de responsabilité dans le calvaire que vivent les sans-papiers en France. Il s’agit simplement de dire qu’au lieu de désigner les « passeurs », une conséquence et non une cause de cette nécessité de fuir son pays, on pourrait au contraire désigner comme « responsables » les dirigeants des gouvernements de va-t-en-guerre qui, de l’Irak à l’Afghanistan, de la Palestine au Caucase, poussent chaque année des milliers de jeunes gens à devenir des « sans-papiers ». Ces mêmes « clandestins » sur lesquels la presse aime tant verser ses larmes compassionnelles. En Europe, les murs sont de plus en plus hauts tandis que la responsabilité, directe ou indirecte (en justice, le silence fait parfois foi de complicité) des gouvernements bellicistes d’Europe n’est jamais reliée avec la présence, sur les territoires européens, des victimes de ces conflits que l’Occident a engagés « pour la liberté et les droits de l’homme ».
En France, les victimes collatérales du conflit afghan ou irakien - les migrants qui ont réussi à quitter le pays et qui séjournent en France pour passer dans l’eldorado anglais - sont au mieux tolérés, mais le plus souvent sur-contrôlés, réprimés, humiliés, incarcérés, marqués au feutre rougevoire gazés, comme l’ont affirmé plusieurs afghans début février au square Villemin, dans le Xème arrondissement de Paris .

On entend rarement les chiffres des victimes de la guerre en Afghanistan (1). En Afghanistan, quelques jours après la mort de dix soldats français dans la vallée d’Uzbeen, en août 2008, les forces françaises se sont vengées, en envoyant sur un village proche de l’« embuscade », quatre missiles Milan. Selon l’agence de presse indépendante afghane Pahjwok, plusieurs centaines de civils ont trouvé la mort durant ces représailles. En parlant de ces victimes civiles, le colonel Rumi Nielson-Green, porte-parole de la coalition dira : « Je ne suis pas certain qu’ils étaient directement impliqués dans l’attaque contre les Français. Ca n’a aucune importance. Ils étaient certainement au moins complices.» (2)
On pourrait également ajouter à cette liste de « passeurs de mensonges » les producteurs et animateurs de télévision par lesquels le mythe de l’Occident est quotidiennement requinqué, rénové et remis en scène par le biais des écrans du monde entier, auxquels ont accès les migrants avant de prendre la route. Dans l’espoir de prendre, eux aussi, leur part du gâteau et de toucher du bout des doigts l’«eldorado». À la question « qui sont les passeurs », on pourrait également répondre (sans toutefois avoir pu le prouver, car c’est l’omerta) : la corruption des douaniers, des agents de police et des camionneurs aux points de passage entre la France et la Grande-Bretagne, la Grèce et l’Italie, la Turquie et la Grèce… Les passages de la Manche se paient de 1000 à 5000 euros. Tous les candidats finissent par passer, disent les bénévoles humanitaires. Où va cet argent ?
On ne lira ni dans « Le Monde » ni ailleurs que « Sarkozy mérite d’être pendu haut et court » car ce dirigeant, comme d’autres (3) augmente continuellement son contingent de soldats auprès de la mission de l’armée américaine et de l’Otan en Afghanistan - plus de 4000 soldats français en janvier. Il contribue à détruire un pays fertile, riche, qui manque aujourd’hui cruellement de routes, d’écoles et de stabilité. Sarkozy, Aznar, Obama, Merkel, qui préfèrent les bombes aux manuels scolaires, participent de la fuite de milliers d’Afghans qui se retrouvent coincés dans les ports de Grèce, les faubourgs des villes de Hongrie, les dunes et les ports du nord de la France. C’est à eux qu’Éric Besson, nouveau - et fier - ministre de l’immigration et de l’identité nationale promet aujourd’hui « des papiers provisoires s’ils dénoncent leur passeur ».
Les victimes civiles pourront envoyer leurs feuilles de soin au « Monde ».

Julien Brygo

1.Entre 2006 et 2007, le nombre de victimes civiles des bombardements américains et de l’Otan a triplé, a dénoncé en septembre 2008 l’ONG Human Rights Watch. En 2007, près de 321 personnes (sur les 1633 victimes civiles de la guerre en Afghanistan) ont trouvé la mort lors de raids aériens contre 116 en 2006. En 2008, au moins 6 500 personnes avaient trouvé la mort dans le cadre du conflit, a dénoncé Amnesty International, qui n’hésite pas à parler d’« homicides de civils » perpétrés par la coalition internationale.(http://www.unhcr.org/refworld/country,,AMNESTY,,AFG,4562d8cf2,4842722f0,0.html)

2. « Afghanistan : les morts de la vallée d’Uzbeen », « Le Nouvel Observateur », 28 août 2008.

3. L’ISAF compte 50 000 soldats, déployés par 37 pays. 25 des 27 pays de l’Union européenne sont présents en Afghanistan. 36 000 soldats américains sont présents en Afghanistan et leur nombre est appelé à augmenter sensiblement cette année, par la volonté du nouveau président américain.



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