Archive pour la catégorie ‘En Images’
| En Images | | Publié par : Marc Bonneville 05/02/2012 |
-20 degrés en ce samedi 4 février dans les rues de Moscou, plus de 100 000 personnes défilent contre la politique du gouvernement. Toutes tendances confondues. Une opposition disparate, sans leader, une action contre.
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| En Images | | Publié par : Marc Bonneville 12/01/2012 |
Ce mardi, Mathieu, dit « Skif » jeune opposant de 23 ans, militant depuis l’âge de 13 ans coordonne. Une action en faveur de la libération de Taissa Ossipova. Sur fond de protestations massives contre les fraudes aux dernières élections législatives, quelques 200 volontaires tiendront un piquet de 18h00 à 19h00 au entrées du métro de Moscou. « Skif » à imprimé les affiches et les tracts. De 14h00 à 17h00, il gère la distribution dans les locaux de l’association « Solidarité », aidé de quelques militants. L’un d’eux, Alexandre, choisira la station « Place de la révolution » au cœur de la capitale pour son action. Il sera contrôlé 3 fois en l’espace d’une heure.
Deux militants seront interpellés dans le cadre de cette action par les forces de l’ordre et relâchés dans la soirée.
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| En Images | | Publié par : Marc Bonneville 01/01/2012 |
2011, l’année ou les « camera-phones » virent en tête. Annie Leibovitz qui décrète en direct à la télé l’Iphone meilleur « snap-shooter » du moment, David Guttenfelder et Balazs Gardi sur sur les territoires de guerre en Afghanistan sont la partie émergé de l’iceberg. un gros glaçon qui soulève ou ravive les éternelles questions autour de la forme et du fond. l’image de l’horreur ou du malheur peut.elle être belle…et la plupart du temps ces querelles de clochers boudent un élément majeur, aucune photographie n’est la vérité. A nous, à moi de démêler les fils, de trouver mon chemin dans cette galerie des glaces. bonne année avec ces quelques images réalisées en 2011 à Mumbai.
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| En Images | | Publié par : Marc Bonneville 25/12/2011 |
Vingt ans après les derniers évènements marquants en Russie, le peuple de Moscou se réveille. Troisième manifestation après les élections à la Douma, elle rassemblait ce samedi 24 décembre de 28 000 personnes selon la police à 120 000 selon les organisateurs. Ce qui sera soit un mouvement d’humeur, soit la fin d’une ère, peine à trouver un leader réussit cependant à rassembler. Prospekt Sakharov : les visages de la contestation.
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| En Images | | Publié par : Bertrand Gaudillere 27/11/2011 |
L’école, dernier refuge pour les familles sans logement ?
Depuis plus de 6 mois, dans différentes écoles de Lyon, de nombreux parents, enseignants et citoyens assument au quotidien la prise en charge de familles sans logement.
Ce week end, ils ont décidé de rendre visible cette réalité, afin que chacun sache qu’il y a des citoyens prêts à aider leurs semblables, à les loger et à les soutenir et au delà, affirmer leur exaspération !
Ces parents n’ont pas la volonté de se substituer aux devoirs de l’Etat, au contraire, mais de mettre en lumière une réalité désormais incontournable concernant la faillite des missions et des obligations de ce dernier dans le domaine du logement.
Vendredi 25 Novembre, les parents solidaires et indignés des différentes écoles concernées ont occupé l’espace public avec tentes et duvets en solidarité avec les familles sans logement de leur école pour interpeller les pouvoirs public sur ces situations intolérables et demander la mise en place immédiate de moyens adaptés pour que la questions des familles sans logement soit traitée comme une priorité et comme une urgence !
Samedi 26 novembre, ils ont poursuivi la mobilisation en investissant le bar l’Autre Côté du Pont pour une journée et une soirée solidaire toujours sous le même mot d’ordre : Une école pour toit !
Un mot d’ordre qui prendra tout son sens à l’école Painlevé ce lundi 28 novembre, date à laquelle le collectif de soutien aux familles a décidé suite à des mois d’attente sans solutions, d’installer une famille dans les locaux de l’école.
Cette solution transitoire est trouvée, alors que tout a été tenté auprès du 115, des services sociaux, des associations pour trouver un hébergement à cette famille, sans aucune solution à ce jour.
Précise le collectif dans un communiqué de presse.
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| En Images | | Publié par : Marc Bonneville 13/05/2011 |
le 09 mai 1945 l’URSS entrait dans le clan des vainqueurs. le 09 pour cause de fuseau horaire.
Les jeunes générations rendent un hommage sincère, vibrant émouvant aux rares survivants (nous sommes en 2011 dans un pays ou l’espérance de vie des hommes est inférieure à 60 ans), dans un paysage surchargé de fêtes nationales nouvellement proclamées.
Un hommage aux anciens combattant qui aujourd’hui sont…russes. Exit ceux dont la nationalité a migré vers une des républiques satellites nées de l’éclatement de l’ancien empire. Un hommage exploité par les pouvoirs en place,qui participe à un effort continu pour développer et renforcer le sentiment d’unité nationale. un sentiment fortement teinté de populisme.
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| En Images | | Publié par : Julien Brygo 27/10/2010 |
Photo : toilettes du Ritz (double épaisseur)
Vous êtes plutôt double, triple ou sextuple épaisseur ? Les brosses, vous les préférez dorées, intégrées, ou bien vous penchez pour la douchette. Ah, vous êtes plutôt bidet… Bon. Vous êtes conservateur et opterez toujours pour le papier toilette avec ou sans motifs ou alors vous êtes moderniste et penchez pour les jets intégrés dans la cuvette ? Et les serviettes ? Roulées ou pliées ? Et quand vous allez à l’urinoir, vous préférez le marbre pour séparer les pissotières, les vitres fumées ou bien vous préférez aucune cloison et vivre pleinement ce petit moment d’incongruité ?
Minutieusement, comme un ethnologue sanitaire, j’ai dressé la liste des avantages, des détails, des minuties des toilettes de cinq des sept hôtels de luxe de Paris. Pour l’émission Là-bas si j’y suis (France Inter), je me suis lancé dans un guide. Un guide objectif, neutre, documenté sur les lieux d’aisance des élites de passage à Paris… Un guide des toilettes de luxe.
Pour écouter l’émission « Quand le peuple pétera dans la soie » : cliquer ici
L’histoire commence ainsi.
Ancrée dans la réalité. Dans ma réalité.
Depuis trois ans, j’habite Pigalle. Une chambre de bonne, au cinquième étage, sans ascenseur, à laquelle j’accède par l’escalier de service. Une pièce de 15 mètres carrés, avec (s’il vous plait…) vue sur la Tour Eiffel. J’y stocke mes négatifs, mes souliers, mes vêtements et dans cette même pièce, j’ai la salle de bains, le salon, la cuisine, la chambre à coucher et le bureau avec mon ordinateur, mes pense-bêtes, mes câbles et mes papiers. Les toilettes sont au bout du couloir. Et l’armoire, dans le couloir. Je n’ai pas de bail, pas de titre, pas de contrat : je suis sous-locataire, comme des centaines de milliers de personnes en France. Et je paie, chaque mois, mon petit loyer de 305 € à un vieux monsieur qui, lui, est locataire depuis trente ans et a sous-loué cette chambre de bonne à des dizaines de personnes avant moi. En février dernier, je reçois un coup de fil de la famille du locataire du bout du couloir…
« Julien, c’est Madame de M., la nièce de François, celui qui vous sous-loue votre logement… François est malade…Vous allez devoir quitter les lieux. On vide l’appartement pour le 31 mars. Désolé de ce côté un peu précipité. A très très très bientôt… Mon mari vous rappelle…»
On est le 31 septembre. Je suis toujours là.
La Carac, une mutuelle d’assurances d’anciens combattants basée à Neuilly-sur-Seine qui est le véritable propriétaire l’immeuble où je vis, a décidé d’agrandir le logement des anciens locataires. De 100 mètres carrés, il passera à… 104 mètres carrés, grâce à la destruction de mes toilettes et la condamnation de mon logement. Chacun le sait : le luxe, c’est l’espace… Comme mon 15 mètres carrés leur appartient, ils m’attaquent au tribunal du IXè arrondissement. Procédure en référé. Pas d’avocat. J’y vais au petit matin, à 9h30.
« Vous n’avez ni droit ni titre. La Carac possède cet espace. vous devez partir », me dit le président du Tribunal, derrière son pupitre.
- « Monsieur le Président, que pense le Tribunal du fait que la Carac n’ait pas attendu le jugement du Tribunal pour mettre une porte au milieu du couloir et me priver de mes sanitaires ? »
Une moue.
- « Monsieur le Président, vous avez face à vous un groupe qui brasse 8 milliards d’euros par an, qui spécule à tout va et a même perdu 22 millions de dollars en plaçant l’argent de ses affilés anciens combattants chez Bernard Madoff, un groupe qui est né dans un esprit d’entraide et de solidarité au lendemain de la première Guerre Mondiale, qui possède aujourd’hui 54 immeubles à Paris. Vous avez à votre droite un appartement de 100 mètres carrés, et à votre gauche, une chambre de bonne de 15 mètres carrés. Je gagne entre 500 et 600 euros par mois, en travaillant beaucoup. J’ai un contrat de travail, je suis solvable et je souhaite payer un loyer, me loger dans une ville où les logements ont atteint, comme vous le savez, des records de prix au mètre carré (à Paris, le prix du mètre carré a atteint, au deuxième trimestre 2010, en moyenne 6 180 €, soit 9,8 % de plus qu’en 2009). Vous êtes en train de me dire que la justice se doit de défendre ce genre de groupes financiers. Que faîtes-vous du droit des gens à simplement pouvoir se loger ? »
- « Monsieur, ceci est une question politique. Ca tourne en rond. Nous, nous regardons le droit. Et vous n’êtes pas dans votre droit. L’audience est levée. Délibéré le 30 septembre. »
Vous avez compris, je suis naïf. J’ai voulu jouer « la légende de David et Goliath », comme dit la Chris, mon alter ego chez Item. La justice défend les propriétaires, les propriétaires expulsent les sous-locataires, les biens non-profitables. Et je n’ai plus de toilettes, depuis le milieu du mois d’août. J’attends l’ordre d’expulsion (1), en cuisinant des lasagnes aux courgettes et en lisant des livres sur le Hatha Yoga…
Du coup, quand j’en ai parlé à mon patron, Daniel Mermet, il m’a dit « ça tombe bien… tu vas aller faire un petit guide des toilettes des hôtels de luxe. Un guide pour les auditeurs de l’émission. Il nous en faut au moins cinq, de palaces (2), tu vois, que les auditeurs aient au moins de quoi se mettre sous la dent, tu vois… »
Je vois. A défaut d’envoyer hargneusement des sacs d’excréments en recommandé à la Carac, je vais aller trouver une solution concrète à mon problème de toilettes.
Soucieux de faire mon travail de journaliste et de trouver une cuvette (et accessoirement de rendre compte de la façon dont les riches vivent, dans leurs entre-soi raffinés), je me suis rendu dans les toilettes des hôtels de luxe. Observer comment les riches de ce monde vont se détendre, se lâcher, se vider. Mais les toilettes, c’est aussi le lieu où l’on pleure discrètement, où l’on se concentre avant un rendez-vous important, où l’on se poudre le nez, où l’on se contemple dans le miroir, où l’on remet son ourlet…
J’ai enfilé le costume que ma mère m’a acheté il y a plus de dix ans. J’ai chaussé mes chaussures Hugo Boss (taille 44) et à Pigalle, j’ai pris le taxi. Direction l’hôtel Bristol, « cantine et garçonnière des gens du pouvoir » (L’Express, 8/06/2010) située à cent mètres de l’Elysée. C’est ici que se réunissent plusieurs fois par an les membres du Premier Cercle des donateurs de l’UMP, ceux qui ont filé 9 millions d’euros à l’autre pour qu’il gagne, à 53% la présidentielle de 2007. Selon Le point (propriété de François Pinault), peu soupçonnable de sympathies marxistes, « le club s’est transformé en une véritable armée de rupins issus de la haute société, d’héritiers de grandes familles, mais aussi de petits patrons, d’avocats et de chirurgiens prêts à lui accorder un peu de leur argent et beaucoup de leurs réseaux, grâce à la cooptation, la belle idée du futur ex-trésorier Eric Woerth ». (« Les riches amis du Premier Cercle », Le Point, 15/07/2010). J’avais envie de savoir, moi aussi, ce qu’il en retourne de pisser dans des chiottes de luxe !
Dans les toilettes du Bristol, j’ai donc lu la liste de quelques-uns des quelque 400 généreux donateurs du Premier cercle de l’UMP (3). J’ai essayé de mettre l’accent sur ceux qui avaient reçu la légion d’honneur par la suite (4), mais les agents de sécurité sont venus, à quatre, me dire que j’« importun(ais) les clients ». Je n’ai pas eu de réponse à ma question : « Savez-vous quand s’est réuni pour la dernière fois le Premier Cercle de l’UMP ? » J’ai même posé la question à Eric Woerth devant les toilettes du Sénat : rien, le silence. (C’est qu’il n’est plus le trésorier de l’UMP et qu’il n’a vraiment, mais alors, vraiment plus rien à voir avec le Premier Cercle). Alors j’ai fait des recherches dans la presse : La dernière fois que le Premier cercle s’est réuni en fanfares, c’était en décembre 2009. Devant un auditoire composé d’une importante délégation d’évadés fiscaux, le petit traître balladurien avait alors réaffirmé qu’il ne « touchera(i) jamais au bouclier fiscal ». Mais depuis les enregistrements de l’employé de maison de Liliane Bettencourt (Gloire éternelle à sa vénérable démarche), c’est la discrétion… (5).
Entre deux lectures, dans l’ambiance de marbre des toilettes du Bristol, j’ai réussi à comptabiliser les feuilles du papier toilette du Bristol : deux.
Vous êtes déçus ? Et pourtant, ça semble être la norme.
Comme je me suis fait « expulser » du Bristol, pour le prochain « palace » du guide, je m’y suis pris différemment. On apprend, aussi, en faisant…
Coup de fil à la direction de la communication du Fouquet’s Barrière…
C’est parti pour la visite guidée.
À José Oliveira, directeur marketing de l’hôtel Fouquet’s Barrière, qui m’a fait une petite visite guidée (la réception en cristal, l’ascenseur avec ses écrans LCD, les portes de chambre en merisier - « Non, Monsieur, jamais les barons de la finance, les patrons du Cac 40 et les financiers n’auront leur portrait accrochés sur ce mur : ici c’est un lieu de rencontre du monde du cinéma, pas de la finance » - , les cadres du Fouquet’s historique, le terrain de golf virtuel sur le toit…), on a discuté, dans le calme céleste des toilettes de la suite présidentielle (250 mètres carrés, 8800 €, 15 000 € si on prend l’option privatisation intégrale de l’étage) :
- « Ce que vous nous dîtes, c’est que dans les grandes fortunes contemporaines, il existe un mouvement de fond qui consiste à vouloir, quand on va faire ses besoins, se nettoyer avec une douchette, s’essuyer avec du papier toilettes ou utiliser le bidet… ? »
- « Oui, oui, on peut dire ça comme ça », qu’il me répond.
- « Mais, c’est bizarre, d’utiliser une petite douchette après avoir fait ses besoins, non ? »
- « Pas du tout », dit-il, catégorique. « C’est séculaire… et c’est une question de culture. C’est déjà largement le cas au Japon, au Moyen-Orient, en Amérique du Sud… Ca bouge beaucoup en ce moment… »
- « Donc les émirs, quand ils vont faire leurs besoins, ils passent aussi à la douche, en fait… »
- « Voilà, c’est ça. »
- « Et les Français, ils sont plutôt papier ? »
- « Oui, oui, pour l’instant, enfin, c’est en train de bouger. »
On reste en contact pour se tenir au courant des nouveaux « mouvements de fonds culturels »…
Après le Fouquet’s, j’ai été pisser au Plaza Athénée, là où Paul Biya, le président du Cameroun, a passé deux semaines aux frais du Cameroun, dans la foulée du 14 juillet 2010 à Paris, où s’est tenu le défilé militaire des armées des anciennes colonies devenues indépendantes il y a cinquante ans (dont le Cameroun, donc). Puis j’ai été au Crillon. J’ai été voir les chambres, mangé un croque-madame à 25 euros, avec un café à six euros et j’ai filé au Meurice, visité les toilettes, compté les épaisseurs (triple). S’y tenait une conférence très confidentielle : « La France est-elle un paradis fiscal ? » Une conférence organisée par… la Société Générale. Interdit d’entrée par les organisateurs et repéré par la directrice de la com’, j’ai fui en courant, horrifié à l’idée que les niches ne se fissurent et qu’apparaisse, à la face de l’hexagone, la réalité des déductions, avantages, réductions d’impôt accordées aux détenteurs de capitaux. Je me suis promis d’y revenir.
Tout naturellement, j’ai fini au Ritz, méditer cette citation de Montaigne : « Si haut que l’on soit placé, on n’est jamais assis que sur son cul. »
Puis j’ai fait le bilan de l’opération :
- Plaza Athénée, Bristol, Ritz, Meurice : deux épaisseurs.
- Crillon : trois épaisseurs.
- Fouquet’s Barrière : six épaisseurs.
Julien BRYGO
Notes
1. Le 2 octobre, il est arrivé, fraîchement plié, dans le local de Geneviève, la concierge. Non seulement le tribunal « autorise la Carac à (me) faire expulser, et à faire entreposer les meubles et objets particuliers garnissant les lieux dans tout endroit convenable du choix de la Carac, (à mes) frais, risques et périls », mais, mieux, le président du Tribunal estime que, comme « il serait inéquitable de laisser à la charge de la Carac les frais irrépétibles qu’elle a dû exposer en justice » (on comprend : la Carac ne reçoit que 416,5 millions d’euros par an de cotisations), me condamne à « payer à la Carac la somme de 850 euros sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure Civile ». Expulsé et condamné à payer les frais de justice d’un mastodonte financier qui fait la pluie et le beau temps dans le parc immobilier français. Elle est pas belle la justice des propriétaires ?
2. On ne dit pas (encore) « palace », car cet été, le secrétaire d’Etat au tourisme, Hervé Novelli, a mis en place une commission présidée par le directeur du Plaza Athénée et du Meurice (la « deuxième maison » de Paul Biya, selon un employé de cet hôtel qui appartient au Sultan de Brunei) pour créer le label « palace ». Ils travaillent dur pour qu’avant la fin de l’année 2010, l’injustice soit réparée. Seraient concernés par cette nouvelle appellation : Le Ritz, le Crillon, le Bristol, le Fouquet’s Barrière, le Meurice, le George V et le Plaza Athénée.
3. Les membres du Premier Cercle ont tous donné entre 3000 et 7500 euros (remboursés par une ristourne fiscale de 66 %, comme la loi sur les donations aux partis politiques le prévoit), ce qui a permis de ramener à l’UMP 9 125 105 € pour la campagne de 2007. En 2009, le Premier Cercle a drainé plus de 2,5 millions d’euros dans les caisses de l’UMP… Quelques membres du premier Cercle aperçus dans les toilettes du Bristol (liste non-exhaustive) : Le comte Edouard de Ribes, Jean-René Fourtou (patron de Vivendi), Bernard Brochand (maire de Cannes), Laurent Dassault (notamment gérant de Dassault Investissements est le fils cadet de l’avionneur Serge et petit-fils de Marcel Dassaut, dont on a vu dans ce reportage, qu’il avait donné son nom au rond-point des champs Elysées, ce qui, évidemment, sabre une vie passée au service des armes à feu, des conflits armés et des euros délicieux qui découlent de ce commerce bon enfant), Vincent Talvas, le véritable bras droit de Woerth, un ancien du cabinet Andersen (la boite d’audit qui avait permis à Enron de truquer ses comptes, de licencier 5000 salariés et les priver de leur pension-retraite au passage), des actionnaire de la Cogedim, un ex-patron de Moulinex, l’actuel responsable du syndicat des professionnels de l’immobilier, l’héritier d’une grande marque de lingerie, le propriétaire d’une grande bijouterie de la place Vendôme, des cadres de grandes entreprises (Natixis, Alcatel, GDF Suez…)… et beaucoup d’autres.
4. Membres du Premier cercle ayant eu la Légion d’honneur : Aldo Cardoso (l’ancien patron d’Andersen France), Robert Bourgi, le monsieur Françafrique de Sarkozy, Valérie Hoffenberg, la petite militante de l’UMP et membre éminent du club Génération France de Jean-François Copé avant de devenir présidente du Premier Cercle, Sidney Ohana, le chirurgien esthétique des stars, Guillaume Dard (patron de Montpensier Finance depuis 2004, après avoir dirigé la Banque du Louvre), Edouard de Rothschild (ancien employeur de Florence Woerth au sein de la branche hippique du Premier Cercle, l’entreprise France Galop fin 2003. Pour l’amour des chevaux, la femme d’Eric Woerth a servi le baron de 2004 à 2007), Pascal Renouard de Vallière (un conseil en relation internationales), Eric de Serigny, conseiller « discret » d’Eric Woerth (Il est président du directoire d’une société de gestion de portefeuilles, « Alternative Leaders France» dont le président, Bernard Lozé, est lui-même administrateur d’un fonds d’investissement, « Brinon Investissement » présidé… par Patrice de Maistre)… Sans oublier Patrick de Maistre, l’ancien employeur de Florence Woerth, à la société de gestion du patrimoine de liliale bettencourt (il a eu sa médaille en 2008 des mains d’Eric Woerth) ou encore Guy Wildenstein, marchand d’art UMP, héritier du milliardaire Daniel Wildenstein. Il aime par-dessus tout les plages fiscales des îles Guernsey et les Bahamas au point que l’on le soupçonne avec une scandaleuse démagogie d’avoir dissimulé des milliards au Fisc… Il est cependant un ardent défenseur du droit à s’exiler fiscalement. Guy est délégué de l’UMP aux Etats Unis. Et il a reçu la légion d’honneur en 2009.
5. Une semaine après mon passage au Bristol, j’apprends que « le nouveau trésorier de l’UMP, Dominique Dord, a averti, le 27 septembre au matin, les dirigeants du parti présidentiel conviés à l’Elysée que les réunions du Premier Cercle allaient reprendre très prochainement » et qu’elles avaient été « annulées pour cause d’affaire Woerth-Bettencourt ». (Le Canard enchaîné, 29/09/2010).
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| En Images | | Publié par : Bertrand Gaudillere 27/09/2010 |
Lois Deffere, lois Jox, lois Pasqua ou Debre, une seule logique.
La chasse à l’immigré. Et n’oublie pas tous les décrets et circulaires.
Nous ne pardonnerons jamais la barbarie de leurs lois inhumaines.
Un état raciste ne peut que créer des lois racistes.
(Fabe : 11’30 contre le racisme – mars 97)
Ils étaient un millier ce samedi 25 septembre à Lyon à manifester leur désaccord au projet de loi besson qui vise à modifier le code d’entrée et de séjour des étrangers en France.
C’est la cinquième modification de ce code en sept ans.
Les principales mesures proposées sont les suivantes :
DECHEANCE DE LA NATIONALITE
La déchéance de nationalité est étendue aux Français naturalisés depuis moins de dix ans et condamnés pour meurtres, et tentatives, sur des « personnes dépositaires de l’autorité publique » (gendarmes, policiers, pompiers…). L’interdiction de rendre un citoyen apatride demeure.
CREATION DE ZONES D’ATTENTE SPECIALES
Des zones d’attente spéciales, à l’instar de celles existant dans les aéroports, peuvent être créées pour faire face à l’arrivée « d’un groupe d’au moins dix étrangers en dehors d’un point de passage frontalier en un même lieu ou sur un ensemble de lieux distants d’au plus dix kilomètres ». La zone s’étend du lieu de découverte jusque la frontière la plus proche.
ABUS DU COURT SEJOUR
Un ressortissant européen pourra faire l’objet d’une mesure d’éloignement en cas d’ »abus d’un court séjour » (moins de trois mois) lorsqu’il multiplie des allers-retours « dans le but de se maintenir sur le territoire » ou s’il constitue « une charge déraisonnable pour le système d’assistance sociale ».
EXPULSION EN CAS DE VOLS REPETES OU DE MENDICITE AGRESSIVE
Un étranger, européen ou non, présent depuis plus de trois mois, mais moins de trois ans, pourra être reconduit à la frontière en cas de « menaces à l’ordre public » notamment pour des infractions de vols, de mendicité agressive ou encore dans le cas d’occupation illégale d’un terrain public ou privé.
CREATION D’UNE INTERDICTION DE RETOUR
Obligation, sauf raison humanitaire, de notifier une interdiction de retour sur le territoire français à un étranger qui s’y est maintenu au-delà du délai de départ volontaire.
ENCADREMENT CARTE DE SEJOUR « ETRANGER MALADE »
L’attribution d’une carte de séjour en raison de l’état de santé est modifiée pour annuler une décision du Conseil d’Etat d’avril 2010 qui a réinterprété plus largement la notion d’accès aux soins.
AUGMENTATION DE LA DUREE DE RETENTION ET CHANGEMENT DE PROCEDURE
La durée de la rétention administrative passe de 32 à 45 jours maximum. Le juge administratif se prononcera avant le juge judiciaire (juge des libertés et de la détention) et les délais sont modifiés en cas de recours contre une OQTF (obligation de quitter de le territoire français).
PENALISATION DES MARIAGES GRIS
Les « mariages gris », fondés sur une tromperie volontaire, sont sanctionnés par 7 ans de prison et 30.000 euros d’amende.
CARTE BLEUE EUROPEENNE
Un permis de séjour temporaire européen peut être accordé aux travailleurs « hautement qualifiés », bac+3 ou cinq ans d’expérience professionnelle, qui justifient d’un contrat ou d’une promesse d’embauche pour au moins un an.
INTEGRATION FACILITEE
Le processus de naturalisation est accéléré pour celui « qui présente un parcours exceptionnel d’intégration » dans les domaines « civique, scientifique, économique, culturel ou sportif »
SIGNATURE D’UNE CHARTE DES CITOYENS LORS DE L’ACCES A LA NATIONALITE
L’accès à la nationalité est conditionnée à la signature d’ »une charte des droits et devoirs et du citoyen ».
(Source : Nouvelobs.com avec AFP)
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Avalanche de bonnes intentions musicales ce week-end à Paris (…) dont on peine à mesurer la réelle portée, mais qui témoignent d’une volonté benoîte d’engagement, quitte, si besoin, à enfoncer les portes ouvertes. (…) à Bercy, où le collectif Rock sans papiers donnera de la voix. Militant notamment pour « la régularisation des 6 300 travailleurs sans papiers grévistes d’octobre à juin, pour diminuer les contrôles et les expulsions et pour stopper la xénophobie ambiante », une palanquée d’artistes attendus (Cali, Têtes raides, Wampas, Agnès Jaoui, Jane Birkin…) animeront trois scènes devant un public logiquement acquis. Seul suspense : qui, d’Eric Besson, Brice Hortefeux ou Nicolas Sarkozy, sera le plus copieusement hué ?
C’est ainis que Liberation annonçait la tenue du concert « Rock Sans Papiers » sous la plume de Gilles Renault, tandis que sur le site de l’organisation de l’événement on pouvait lire le « manifeste du 18 septembre » qui appelait à cette « benoîte volonté » d’engagement :
Nous, auprès des artistes, musiciens, comédiens, réalisateurs, écrivains, plasticiens, professionnels de la musique, du spectacle, du cinéma, de l’information, de la culture, des scientifiques et universitaires, des personnalités associatives, syndicales et politiques, avec la majorité des citoyens français, nous déclarons solidaires des milliers de sans-papiers qui grandissent, étudient, et vivent à nos côtés dans notre pays.
# Nous refusons que des enfants, souvent nés et scolarisés en France, soient expulsés avec leurs parents vers des pays qu’ils ne connaissent pas ou plus et dont certains ne parlent même pas la langue.
# Nous refusons que des parents soient arrêtés, menottés, rudoyés, humiliés et enfermés dans des Centres de Rétention Administrative sous les yeux de leurs enfants.
# Nous refusons que des familles parce qu’elles n’ont pas de papiers soient séparées, le père brutalement expulsé à des milliers de kilomètres tandis que la mère et les enfants restent ici, souvent dans la misère et traumatisés à vie.
# Nous refusons que des travailleurs, qui bien souvent exercent leur métier dans des conditions pénibles, car sans droit, dont la plupart cotisent (retraites, maladie, chômage…) et paient des impôts en France vivent en permanence dans la peur et la clandestinité.
# Nous refusons les lois Besson sur l’immigration qui bafouent le droit d’asile français et font honte au pays des Droits de l’Homme.
Comme certains l’ont fait en d’autres périodes de l’histoire, en accord avec les principes du droit international qui protègent les migrants, en accord avec les droits de l’homme et de l’enfant, comme avec les valeurs universelles de fraternité, d’égalité, de liberté et d’accueil de notre République, nous appelons à résister à ces pratiques indignes et inhumaines.
Cette volonté de rappeler les droits fondamentaux traduirait donc l’enfoncement de portes ouvertes, et ne mènerait à rien d’autres qu’une ironie journalistique bien sentie…
Peut-être que l’on pourrait en rire si la presse jouait son rôle, mais plutôt que de grimacer je préfère encore une fois me souvenir de cette phrase de Stefan Hessel pour saluer tous ceux qui étaient présents sur la scène ou dans les gradins de Bercy : « Il suffit qu’il y ait une minorité active, solide… des jeunes qui en veulent qui considèrent que l’engagement ça signifie quelque chose, il suffit qu’ils soient le levain qui fasse monter la pâte et à ce moment là nous aurons une France résistante ».
Pour le reste je ne peux que vous conseiller d’écouter ou de ré-écouter la chronique de Stephane Guillon à propos de l’évolution des Unes et du contenu de Paris Match… après ça tout est dit…
Rendez vous aux prochains événements solidaires pour défendre encore une fois ces trois mots : Liberté, Egalité, Fraternité !
Bertrand Gaudillère
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| En Images | | Publié par : Romain Etienne 03/09/2010 |
Dans l’histoire du mouvement punk, Jello Biafra figure parmi les rebelles. A plus de 50 ans, le fondateur du label californien Alternative Tentacles sillonne toujours la planète pour partager ses idées dans la rage et l’énergie. Au sein de sa nouvelle formation, The Guantanamo School of Medecine, Jello reste fidèle à ses valeurs. Gardant la scène comme pupitre politique, il se tient toujours prêt à plonger au sein de l’auditoire afin de partager physiquement ses idées.
Militant du green party, candidat aux primaires du Green Party en 2000, anti-consumériste et non violent, il a tenu à rappeler haut et fort, lors de son passage à Lyon le 25 août dernier, les dangers du diktat patronal, des ségrégations raciales et sociales et de la création de prisons privées, en France comme aux USA. Auteur de la célèbre phrase « Don’t hate the media, become the media! » (« Ne hais pas les médias, deviens les médias »), qui deviendra le slogan d’Indymedia, Jello Biafra n’a pas perdu une ride dans sa vigueur à appeler les peuples à ne pas se laisser manipuler.
Une rencontre qui fait partie de la série D.I.Y. (Do it yourself), visible à l’Atelier d’item, sous la forme d’une exposition intitulée « U.S.A.D.I.Y ».
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| En Images | | Publié par : Julien Brygo 31/07/2010 |
Une montagne, un hameau, une fermette.
On est en Ardèche.
A l’heure du productivisme agricole, certains, en France, choisissent une toute autre voie. Celle de l’autogestion, d’une production en fonction des besoins et de la solidarité.
Dans les hauteurs ardéchoises, près de La Boule, Adrien, Jane, Damien et leurs compères vivent dans un hameau et partagent une maison en pierres. Pas de RMI, pas de subventions, mais un rêve : celui de s’auto-suffire en légumes, en miel et en blé. Quelques marchés estivaux permettent de faire rentrer l’argent dans les caisses. Des cueillettes de plantes médicinales, du miel, du pain. Cette année, la récolte du champ de blé rassemble les voisins, les amis et les proches, pour une intense journée de faucille et de fléaux.
Une respiration, une parenthèse, dans le monde de la production intensive…
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| En Images | | Publié par : Bertrand Gaudillere 05/07/2010 |
Il suffit qu’il y ait une minorité active, solide… des jeunes qui en veulent qui considèrent que l’engagement ça signifie quelque chose, il suffit qu’ils soient le levain qui fasse monter la pâte et à ce moment là nous aurons une France résistante.
Stefan Hessel
C’est avec cette volonté de faire partie d’une minorité active que l’équipe du festival a monté l’événement et su initier des rencontres autour de la question des nouvelles résistances et de leur légitimité.
Une question qu’ils connaissent bien puisqu’ils l’interroge quotidiennement dans leur activité professionnelle. Etre paysan bio aujourd’hui en travaillant sur des circuits courts de distributions est une manière de résister. Résister au productivisme ambiant. Résister au tout économie. Résister à l’individualisme pour travailler ensemble et avancer ensemble…
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| En Images | | Publié par : Bertrand Gaudillere 16/06/2010 |
Droit au séjour, droit d’asile… Ne transigeons pas : protégeons les Gays, Lesbiennes, Bi et Trans !
Tel était le mot d’ordre de la quinzième « Marche des fiertés » qui se tenait à Lyon ce samedi 12 juin 2010.
Une revendication simple et nécessaire, qui rappelle que les discriminations peuvent être plurielles à l’égard d’une minorité, et qui rappelle également, pour ceux qui continueraient d’en douter, l’impérieuse nécessité de poursuivre la sensibilisation et la mobilisation pour que le fait de ne pas être blanc et hétéro ne devienne pas un délit !
La marche des fierté parisienne qui se tiendra la 26 juin prochain défilera d’ailleurs sous un mot d’ordre loin du communitarisme : « Violences, discriminations. Assez ! Liberté et égalité, partout et toujours »
Extrait de l’appel à défiler de la lesbian and gay pride de Lyon :
Une Gay Pride triste ? Expulsion imminente d’un Gay
“Des lesbiennes, Gays, Bi et Trans étrangers se trouvent, chaque année, expulsés alors qu’ils risquent de lourdes peines ou des violences dans leur pays. Hier Saïd, un jeune algérien homosexuel et amoureux de René, son compagnon français a été arrêté et placé en centre de rétention. Si nous ne faisons rien, il sera renvoyé dans son pays où il est menacé de mort ! La préfecture ne doit pas l’expulser ! Exigeons sa remise en liberté immédiate ! Faisons entendre sa voix et celles de tous ceux et de toutes celles qui sont comme lui, menacés d’expulsion ! »
Saïd ne doit pas être pas la victime des dérives d’une politique d’immigration qui vise « à faire du chiffre » au mépris de la dignité humaine et de la réglementation.
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| En Images | | Publié par : Bertrand Gaudillere 26/04/2010 |
Le 23 avril, toute la Catalogne fête la San Jordi (St Georges) qui n’est pas sans rappeler notre St Valentin. Ce jour-là, les hommes offrent une rose à leur amoureuse, tandis que ces dernières offrent en retour un livre.
Une tradition catalane qui commémore également la disparition de Cervantès et de Shakespeare tous deux morts le 23 avril 1616.
Depuis 1995 l’UNESCO a fait de cette journée la journée mondiale du livre et du droit d’auteur.
A cette occasion les rues de Barcelone sont investies par les vendeurs de roses et les libraires qui voient défiler la foule en rangs serrés…
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| En Images | | Publié par : Julien Brygo 08/12/2009 |
(Légendes en bas de page)
Plus de 3000 journalistes accrédités. Une opération spéciale « Radio France fait le mur », en direct pendant 24 heures depuis Berlin. Des hordes de policiers, de cameramen et de touristes, drapés des couleurs de l’Europe et célébrant la «chute du communisme»… Bienvenue à Berlin, où, le 9 novembre dernier, furent fêtés les vingt ans de la chute du mur de Berlin.
Comédiens jouant les soldats alliés à Check-Point Charlie ; douaniers soviétiques à la porte de Brandenburg, miradors placés à côté des anciens poste-frontière de la Bernauerstrasse, morceaux de polystyrène bon marché sponsorisés par la Lufthansa, EasyJet, Allianz (
…) et placés en rang d’oignon à partir de la Potsdamer Platz pour être symboliquement renversés ; décorations dans le métro (mini-portes de Brandebourg) ; montgolfières barrées du journal « politique » du groupe Springer ; dispositif policier impeccable… À Berlin, la mise en scène de la «chute du communisme» et de victoire de la «liberté» était parfaite.
Moi aussi, j’avais envie de fêter le capitalisme, fêter la démocratie, fêter la fin de la Stasi.
Je suis allé à Berlin, avec ma boite à images. J’ai rencontré des travailleurs à 1,50 euros, des chômeurs dans le lot de 17% de Berlinois sans emploi, des quartiers populaires en voie de gentrification par la grâce des artistes et des agents des Job Center berlinois. Autour de la porte de Brandebourg, j’ai vu des touristes, des Allemands de l’Ouest, propres sur eux, des Français, regardant bouche grande ouverte des plaques de polystyrène tomber symboliquement. J’ai vu des gens qui ont connu le communisme et qui sont repartis de ce cirque en claquant la porte. Celle des débats de Radio-France, la radio aux 14 millions d’auditeurs qui convoquait, une fois n’est pas coutume, des philosophes (BHL), des géopoliticiens d’épouvante (Bernard Guetta), des chiens-truffiers (Nicolas Demorand), des politiques aussi. Peu d’Allemands. Beaucoup de Français. Un regret : l’absence d’Alain Finkielkraut, trop occupé à commenter les polémiques franco-francaises. On ne peut pas être partout.
Avec leurs mots à eux, les commentateurs et leurs invités dépêchés sur place disent le bonheur dans lequel nage l’Europe depuis la « chute du communisme » :
- « Quand j’entends qu’aujourd’hui, fêter la chute du mur ce serait fêter le capitalisme, ce serait fêter la pensée unique, je crois qu’on est déjà en train de vivre un contre-coup de propagande et un petit reste de révisionnisme qui va sûrement se développer dans les années à venir, et on y reviendra…» » (Caroline Fourest, chroniqueuse au Monde et à France Culture, Radio-France, 9.11.09)
- « Moi je ne sais pas où ils sont d’ailleurs, les « ultralibéraux » » (Alain Gerard Slama, éditorialiste, Le Figaro, Radio-France, 9.11.09)
- « L’Allemagne de l’est, c’était l’antichambre de la mort » (BHL, Radio France, 9.11.09)
- « Radio France se mobilise depuis Berlin, pour fêter 20 ans de liberté » (jingles de Radio France)
- « À l’époque [du départ des troupes d'occupation de Berlin-Ouest], moi je me suis quand même pris dans le métro un « Franzosen Raus », les Français dehors, que je n’ai pas trouvé de très bon aloi. Et ces troupes qui partaient, dans l’esprit de certains, je pense que c’était un peu une histoire qui remettait les compteurs à zéro et, euh, toutes les bouffées nationalistes qu’il y a ici ou en France ne sont jamais bonnes. » (Jean-Yves Cendrey, écrivain, France Info, 6.11.09).
- « Des militants anticapitalistes (…) un discours très rôdé (…), ici une très petite minorité, les Ostalgiques comme on les appelle, regrettent la RDA » (Marina Bertsch, journaliste à France 24, 8.11.09)
- « Wir sind Brüher, wir sind Berlin ! » (« Nous sommes du bouillon, nous sommes Berlin ! ») (Nicolas Sarkozy, 9.11.09)
Les commentateurs ont commenté.
Et puis j’ai rencontré des habitants de Berlin. Avec leurs mots à eux, ils m’expliquent cette liberté dont ils auraient hérité :
- « La chute du mur, oui, c’était il y a vingt ans. » (Dietter, 60 ans, ouvrier du bâtiment né à Berlin est)
- « Il faut voir comment on se gavait. On avait logements de fonctions, magasins à prix préférentiels, soins, piscine, école franco-allemande, transports gratuits
en plus des salaires versés par l’armée, bien sûr. Chacun vivait entre nationalités dans sa petite cité. Moi c’était Foch. On pouvait aller à l’est quand on voulait. Il suffisait d’aller en faire la demande et ça prenait une semaine. C’est tout. Franchement, ça ne m’étonne pas que les Allemands en avaient assez des occupants. » (Virginie, fille d’adjudent-chef Nantais en poste à Berlin-Ouest de 1984 à 1989. Elle vit aujourd’hui dans la capitale allemande)
- « À Berlin, ils ont tout fait pour rejouer la dramaturgie communiste. De toute façons, c’est toujours l’Ouest qui donne sa version. L’Est n’a jamais sa voix au chapitre » (John, un photographe de l’AFP qui fait le mur devant l’hôtel Westin pour que des touristes viennent casser un bout du mur, pour 18 € avec curry-wurst et champagne inclus).
- « Le contrôle des pauvres et des chômeurs est quelque-part une dictature, puisque pour pouvoir continuer à toucher les allocations, les chômeurs comme nous doivent accepter des boulots payés 1,50 € de l’heure. On ne choisit pas ce système, on tombe dedans, c’est tout. » (Marion, balayeuse du cimetière Saint Thomas à 1,50 € de l’heure, dans le quartier de Neukölln, dans le sud-est de Berlin)
- « À l’époque, à l’est, il y avait des usines de papier, et bien d’autres fabriques encore. Tout ça est fini. Kaput! On avait aussi un sens du collectif, même si on était surveillés : on était tous logés à la même enseigne et ce qui appartenait aux uns appartenait à tous ! On vivait. Aujourd’hui, toute ma famille est au chômage, on leur impose des jobs à 1 euro de l’heure et à part ça il parait qu’on va tous faire la fête le 9 novembre ! Pas nous! » (Dietter et Tommy, 45 et 60 ans, ouvriers du bâtiment et Berlinois de l’est).
- « La liberté acquise en 89 est celle de la concurrence et du marché. Le capitalisme ne fonctionne que s’il n’a pas de point de stabilité. Il faut le renverser comme le mur l’a été. » («Marlies Sommer», porte-parole de Ums Ganze, alliance de groupes « anticapitalistes », seuls à manifester à Berlin contre la « fausse liberté » acquise et la « fin de l’histoire ». C’était le 7 novembre dans le « mite » berlinois. Résultat : Des dizaines de policiers anti-émeutes et une arrestation).*
Julien Brygo
* D’autres pépites à lire dans Le Plan B n° 21, décembre 2009
Légendes
1. 8 novembre 2009. Alexanderplatz (Berlin-est).
2. Novembre 1989. Photographie exposée à Alexanderplatz et retraçant le dispositif médiatique qui a suivi la chute du mur.
3. 9 novembre 2009. La foule est massée autour de la Porte de Brandebourg pour écouter les discours des chefs d’État.
4. Carrefour à proximité de la porte de Brandebourg, point d’orgue du « Mauerfallfest ».
5. Des reporters allemands, abrités sous un parapluie aux couleurs de l’Union européenne, se servent des phares d’une voiture de police pour filmer la foule.
6. Étudiants jouant aux faux-soldats alliés pour 1 € la photo. Journalistes et touristes raffolent.
7. Locaux de la télévision allemande ZDF (Berlin-Est), un des deux studios d’enregistrement de l’opération « Radio-France fait le mur »
8. Image extraite de l’exposition sur la chute du mur à Alexanderplatz.
9. Check-Point Charlie. Comédien sous un portrait de « Charlie », héros des alliés.
10. Jean-Marie Colombani (dit Ramina), ancien héros du journal Le Monde, aujourd’hui rédacteur de rapports pour Sarkozy. Il était un des invités du « grand débat » d’Ali Baddou.
11. Jean-Luc Hees, président de Radio-France et père de l’opération berlinoise.
12. 8 novembre 2009. « Baiser de la mort », entre Honecker, dernier président de RDA et Gorbatchev, denier président d’URSS.
13. Marx, Engels et les touristes, venus immortaliser les icônes du communisme.
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