Archive pour la catégorie ‘En Images’

Moissonner… les idées

En Images Publié par : Julien Brygo   31/07/2010
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Une montagne, un hameau, une fermette.

On est en Ardèche.

A l’heure du productivisme agricole, certains, en France, choisissent une toute autre voie. Celle de l’autogestion, d’une production en fonction des besoins et de la solidarité.

Dans les hauteurs ardéchoises, près de La Boule, Adrien, Jane, Damien et leurs compères vivent dans un hameau et partagent une maison en pierres. Pas de RMI, pas de subventions, mais un rêve : celui de s’auto-suffire en légumes, en miel et en blé. Quelques marchés estivaux permettent de faire rentrer l’argent dans les caisses. Des cueillettes de plantes médicinales, du miel, du pain. Cette année, la récolte du champ de blé rassemble les voisins, les amis et les proches, pour une intense journée de faucille et de fléaux.

Une respiration, une parenthèse, dans le monde de la production intensive…



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Ires et désirs… en images

En Images Publié par : Bertrand Gaudillere   05/07/2010
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Il suffit qu’il y ait une minorité active, solide… des jeunes qui en veulent qui considèrent que l’engagement ça signifie quelque chose, il suffit qu’ils soient le levain qui fasse monter la pâte et à ce moment là nous aurons une France résistante.

Stefan Hessel

C’est avec cette volonté de faire partie d’une minorité active que l’équipe du festival a monté l’événement et su initier des rencontres autour de la question des nouvelles résistances et de leur légitimité.
Une question qu’ils connaissent bien puisqu’ils l’interroge quotidiennement dans leur activité professionnelle. Etre paysan bio aujourd’hui en travaillant sur des circuits courts de distributions est une manière de résister. Résister au productivisme ambiant. Résister au tout économie. Résister à l’individualisme pour travailler ensemble et avancer ensemble…



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Gay Pride 2010 : Homosexualité, sans papiers et discriminations.

En Images Publié par : Bertrand Gaudillere   16/06/2010
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Droit au séjour, droit d’asile… Ne transigeons pas : protégeons les Gays, Lesbiennes, Bi et Trans !
Tel était le mot d’ordre de la quinzième « Marche des fiertés » qui se tenait à Lyon ce samedi 12 juin 2010.
Une revendication simple et nécessaire, qui rappelle que les discriminations peuvent être plurielles à l’égard d’une minorité,  et qui rappelle également, pour ceux qui continueraient d’en douter, l’impérieuse nécessité de poursuivre la sensibilisation et la mobilisation pour que le fait de ne pas être blanc et hétéro ne devienne pas un délit !
La marche des fierté parisienne qui se tiendra la 26 juin prochain défilera d’ailleurs sous un mot d’ordre loin du communitarisme : “Violences, discriminations. Assez ! Liberté et égalité, partout et toujours”

Extrait de l’appel à défiler de la lesbian and gay pride de Lyon :

Une Gay Pride triste ? Expulsion imminente d’un Gay

“Des lesbiennes, Gays, Bi et Trans étrangers se trouvent, chaque année, expulsés alors qu’ils risquent de lourdes peines ou des violences dans leur pays. Hier Saïd, un jeune algérien homosexuel et amoureux de René, son compagnon français a été arrêté et placé en centre de rétention. Si nous ne faisons rien, il sera renvoyé dans son pays où il est menacé de mort ! La préfecture ne doit pas l’expulser ! Exigeons sa remise en liberté immédiate ! Faisons entendre sa voix et celles de tous ceux et de toutes celles qui sont comme lui, menacés d’expulsion ! ”

Saïd ne doit pas être pas la victime des dérives d’une politique d’immigration qui vise “à faire du chiffre” au mépris de la dignité humaine et de la réglementation.



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San Jordi / Barcelona / La Rambla

En Images Publié par : Bertrand Gaudillere   26/04/2010
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Le 23 avril, toute la Catalogne fête la San Jordi (St Georges) qui n’est pas sans rappeler notre St Valentin. Ce jour-là, les hommes offrent une rose à leur amoureuse, tandis que ces dernières offrent en retour un livre.
Une tradition catalane qui commémore également la disparition de Cervantès et de Shakespeare tous deux morts le 23 avril 1616.

Depuis 1995 l’UNESCO a fait de cette journée la journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

A cette occasion les rues de Barcelone sont investies par les vendeurs de roses et les libraires qui voient défiler la foule en rangs serrés…



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Berlin : la mise en scène était parfaite

En Images Publié par : Julien Brygo   08/12/2009
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(Légendes en bas de page)

Plus de 3000 journalistes accrédités. Une opération spéciale « Radio France fait le mur », en direct pendant 24 heures depuis Berlin. Des hordes de policiers, de cameramen et de touristes, drapés des couleurs de l’Europe et célébrant la «chute du communisme»… Bienvenue à Berlin, où, le 9 novembre dernier, furent fêtés les vingt ans de la chute du mur de Berlin.

Comédiens jouant les soldats alliés à Check-Point Charlie ; douaniers soviétiques à la porte de Brandenburg, miradors placés à côté des anciens poste-frontière de la Bernauerstrasse, morceaux de polystyrène bon marché sponsorisés par la Lufthansa, EasyJet, Allianz (……) et placés en rang d’oignon à partir de la Potsdamer Platz pour être symboliquement renversés ; décorations dans le métro (mini-portes de Brandebourg) ; montgolfières barrées du journal « politique » du groupe Springer ; dispositif policier impeccable… À Berlin, la mise en scène de la «chute du communisme» et de victoire de la «liberté» était parfaite.

Moi aussi, j’avais envie de fêter le capitalisme, fêter la démocratie, fêter la fin de la Stasi.
Je suis allé à Berlin, avec ma boite à images. J’ai rencontré des travailleurs à 1,50 euros, des chômeurs dans le lot de 17% de Berlinois sans emploi, des quartiers populaires en voie de gentrification par la grâce des artistes et des agents des Job Center berlinois. Autour de la porte de Brandebourg, j’ai vu des touristes, des Allemands de l’Ouest, propres sur eux, des Français, regardant bouche grande ouverte des plaques de polystyrène tomber symboliquement. J’ai vu des gens qui ont connu le communisme et qui sont repartis de ce cirque en claquant la porte. Celle des débats de Radio-France, la radio aux 14 millions d’auditeurs qui convoquait, une fois n’est pas coutume, des philosophes (BHL), des géopoliticiens d’épouvante (Bernard Guetta), des chiens-truffiers (Nicolas Demorand), des politiques aussi. Peu d’Allemands. Beaucoup de Français. Un regret : l’absence d’Alain Finkielkraut, trop occupé à commenter les polémiques franco-francaises. On ne peut pas être partout.
Avec leurs mots à eux, les commentateurs et leurs invités dépêchés sur place disent le bonheur dans lequel nage l’Europe depuis la « chute du communisme » :

- « Quand j’entends qu’aujourd’hui, fêter la chute du mur ce serait fêter le capitalisme, ce serait fêter la pensée unique, je crois qu’on est déjà en train de vivre un contre-coup de propagande et un petit reste de révisionnisme qui va sûrement se développer dans les années à venir, et on y reviendra…» » (Caroline Fourest, chroniqueuse au Monde et à France Culture, Radio-France, 9.11.09)

- « Moi je ne sais pas où ils sont d’ailleurs, les “ultralibéraux” » (Alain Gerard Slama, éditorialiste, Le Figaro, Radio-France, 9.11.09)

- « L’Allemagne de l’est, c’était l’antichambre de la mort » (BHL, Radio France, 9.11.09)

- « Radio France se mobilise depuis Berlin, pour fêter 20 ans de liberté » (jingles de Radio France)

- « À l’époque [du départ des troupes d'occupation de Berlin-Ouest], moi je me suis quand même pris dans le métro un “Franzosen Raus”, les Français dehors, que je n’ai pas trouvé de très bon aloi. Et ces troupes qui partaient, dans l’esprit de certains, je pense que c’était un peu une histoire qui remettait les compteurs à zéro et, euh, toutes les bouffées nationalistes qu’il y a ici ou en France ne sont jamais bonnes. » (Jean-Yves Cendrey, écrivain, France Info, 6.11.09).

-  « Des militants anticapitalistes (…) un discours très rôdé (…), ici une très petite minorité, les Ostalgiques comme on les appelle, regrettent la RDA » (Marina Bertsch, journaliste à France 24, 8.11.09)

- « Wir sind Brüher, wir sind Berlin ! » (« Nous sommes du bouillon, nous sommes Berlin ! ») (Nicolas Sarkozy, 9.11.09)

Les commentateurs ont commenté.

Et puis j’ai rencontré des habitants de Berlin. Avec leurs mots à eux, ils m’expliquent cette liberté dont ils auraient hérité :

- « La chute du mur, oui, c’était il y a vingt ans. » (Dietter, 60 ans, ouvrier du bâtiment né à Berlin est)

- « Il faut voir comment on se gavait. On avait logements de fonctions, magasins à prix préférentiels, soins, piscine, école franco-allemande, transports gratuits… en plus des salaires versés par l’armée, bien sûr. Chacun vivait entre nationalités dans sa petite cité. Moi c’était Foch. On pouvait aller à l’est quand on voulait. Il suffisait d’aller en faire la demande et ça prenait une semaine. C’est tout. Franchement, ça ne m’étonne pas que les Allemands en avaient assez des occupants. » (Virginie, fille d’adjudent-chef Nantais en poste à Berlin-Ouest de 1984 à 1989. Elle vit aujourd’hui dans la capitale allemande)

- « À Berlin, ils ont tout fait pour rejouer la dramaturgie communiste. De toute façons, c’est toujours l’Ouest qui donne sa version. L’Est n’a jamais sa voix au chapitre » (John, un photographe de l’AFP qui fait le mur devant l’hôtel Westin pour que des touristes viennent casser un bout du mur, pour 18 € avec curry-wurst et champagne inclus).

- « Le contrôle des pauvres et des chômeurs est quelque-part une dictature, puisque pour pouvoir continuer à toucher les allocations, les chômeurs comme nous doivent accepter des boulots payés 1,50 € de l’heure. On ne choisit pas ce système, on tombe dedans, c’est tout. » (Marion, balayeuse du cimetière Saint Thomas à 1,50 € de l’heure, dans le quartier de Neukölln, dans le sud-est de Berlin)

- « À l’époque, à l’est, il y avait des usines de papier, et bien d’autres fabriques encore. Tout ça est fini. Kaput! On avait aussi un sens du collectif, même si on était surveillés : on était tous logés à la même enseigne et ce qui appartenait aux uns appartenait à tous ! On vivait. Aujourd’hui, toute ma famille est au chômage, on leur impose des jobs à 1 euro de l’heure et à part ça il parait qu’on va tous faire la fête le 9 novembre ! Pas nous! » (Dietter et Tommy, 45 et 60 ans, ouvriers du bâtiment et Berlinois de l’est).

- « La liberté acquise en 89 est celle de la concurrence et du marché. Le capitalisme ne fonctionne que s’il n’a pas de point de stabilité. Il faut le renverser comme le mur l’a été. » («Marlies Sommer», porte-parole de Ums Ganze, alliance de groupes « anticapitalistes », seuls à manifester à Berlin contre la « fausse liberté » acquise et la « fin de l’histoire ». C’était le 7 novembre dans le « mite » berlinois. Résultat : Des dizaines de policiers anti-émeutes et une arrestation).*

Julien Brygo

* D’autres pépites à lire dans Le Plan B n° 21, décembre 2009

Légendes

1. 8 novembre 2009. Alexanderplatz (Berlin-est).
2. Novembre 1989. Photographie exposée à Alexanderplatz et retraçant le dispositif médiatique qui a suivi la chute du mur.
3. 9 novembre 2009. La foule est massée autour de la Porte de Brandebourg pour écouter les discours des chefs d’État.
4. Carrefour à proximité de la porte de Brandebourg, point d’orgue du “Mauerfallfest”.
5. Des reporters allemands, abrités sous un parapluie aux couleurs de l’Union européenne, se servent des phares d’une voiture de police pour filmer la foule.
6. Étudiants jouant aux faux-soldats alliés pour 1 € la photo. Journalistes et touristes raffolent.
7. Locaux de la télévision allemande ZDF (Berlin-Est), un des deux studios d’enregistrement de l’opération “Radio-France fait le mur”
8. Image extraite de l’exposition sur la chute du mur à Alexanderplatz.
9. Check-Point Charlie. Comédien sous un portrait de “Charlie”, héros des alliés.
10. Jean-Marie Colombani (dit Ramina), ancien héros du journal Le Monde, aujourd’hui rédacteur de rapports pour Sarkozy. Il était un des invités du “grand débat” d’Ali Baddou.
11. Jean-Luc Hees, président de Radio-France et père de l’opération berlinoise.
12. 8 novembre 2009. “Baiser de la mort”, entre Honecker, dernier président de RDA et Gorbatchev, denier président d’URSS.
13. Marx, Engels et les touristes, venus immortaliser les icônes du communisme.



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