Archive pour la catégorie ‘En Images’

Pride ?

En Images Publié par : Bertrand Gaudillere   23/06/2009
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Mascarade et mauvais goût pour certains, engagement pour d’autres,  rassemblement festif ou acte de mémoire, la gay pride n’a pas le même sens pour tous ceux qui composent le cortège ou le regardent passer.  Diverses significations pour un même événement, mais une seule revendication : l’égalité.
Car si la France fait partie de cette vingtaine de pays qui reconnaissent l’existence de l’homosexualité et des droits  des personnes homosexuelles, en interdisant la discrimination ou en instaurant des partenariats ouverts aux personnes de même sexe, il n’en demeure pas moins que des inégalités « légales » subsistent.
Au regard des quatre vingt dix pays qui condamnent et interdisent l’homosexualité, la situation de la communauté LGBT française est confortable, mais est-ce pour autant qu’elle ne doit plus militer, se taire et accepter ?
Pour qu’aujourd’hui il soit possible de faire ces images dans les rues de Lyon, il  a fallu des années de mobilisation !

Ils étaient 10 000 selon les organisateurs, 7000 selon la police à défiler ce samedi 20 juin 2009 avec pour mot d’ordre : Pour la Transidentité, contre la Transphobie !



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Guinée : une transition de plus ?

En Images Publié par : Julien Brygo   21/04/2009
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Guinée : un transition de plus ?

La presse européenne avait prévu le coup d’État. Sanglant et chaotique. Ce ne fut qu’« occupation d’une place vacante dans une situation de déliquescence généralisée de l’État et des institutions républicaines. L’armée n’a pas fait de coup d’État en Guinée », rétorque la junte militaro-civile sur de grandes bannières accrochées sur le Palais du Peuple, à Conakry.

Depuis la mort de son second président, le 23 décembre dernier, la Guinée, première colonie française d’Afrique noire à arracher son indépendance, en 1958, vit une période cruciale de sa jeune histoire. Une junte militaire, qui s’est depuis ouverte aux civils, a pris le pouvoir, sans effusion de sang, avec à sa tête un illustre inconnu, fils de paysan de Guinée forestière. Le capitaine Moussa Dadis Camara ne cesse de répéter ses intentions : « nettoyer le pays » (des trafiquants de drogue, des bandits économiques, des malfaiteurs en tous genres, des sociétés qui jouissent des largesses des dessous de table) et préparer des élections, fin 2009. Il a jadis promis de ne pas s’y présenter, mais, au vu de sa popularité, il se tâte (1). Avec ou sans Dadis comme candidat, elles seront forcément « libres et démocratiques »

La Communauté internationale (encore elle) a condamné par principe le Coup d’État. Par « principe » ? C’est suivant cette même logique qu’elle a soutenu le régime de Lansana Conté pendant 24 ans et celui de Sékou Touré pendant de nombreuses années. En amorçant dans les années 70 la réconciliation diplomatique, il fallait cautionner le régime Touré et son funeste camp Boiro (près de 50 000 meurtres politiques). Mais les « principes » de la communauté internationale sont davantage régis par la logique économique. Au-delà de la simple prise du pouvoir par la force par le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), la Communauté internationale, France en tête, cherche avant tout à s’indigner du blocage des dossiers économiques, comme l’appel d’offre du port de Conakry et de la re-négociation des contrats miniers. La corruption est également, évidemment, dans le collimateur des grands pays (qui en ont pourtant bénéficié à différents niveaux).

Pour le peuple guinéen, les problèmes sont concrets, au quotidien : coupures d’électricité, manque d’eau, chômage, corruption banalisée, contrôles abusifs des hommes en uniforme… Aux dires de beaucoup de Guinéens, « un vent nouveau souffle » depuis la prise de pouvoir par le CNDD, le 23 décembre 2008. Ce jeune pays vit une période capitale de son histoire. Une transition à l’issue de laquelle pourra éclore le meilleur… comme le pire.

C’est dans ce contexte que se tiennent dans tout le pays des « marches de soutien » au CNDD.

Je suis allé à Fria, ville-symbole des rapports franco-guinéens. Le groupe Pechiney y avait construit, juste avant le « non! » de Sékou Touré à la proposition de Communauté française du général de Gaulle, la première usine d’alumine en terre africaine. Aujourd’hui, l’usine est aux mains des Russes, dont les méthodes de management sont bien loin du paternalisme français. Entre les Friaka et les Russes, la tension est palpable. Dans cette ville-usine,  le 2 mars dernier, plusieurs milliers de manifestants défileront : écoliers, ouvriers, sous-traitants, membres du club de karaté, femmes d’employés, chauffeurs de taxi… Toute la ville descendra pour soutenir le nouvel homme fort de la Guinée, que les habitants nomment d’ores et déjà « chef de l’État ».

J’ai voulu voir le « messie », comme tout le monde. C’est quelques jours plus tard, à l’université de Sonfonia, à Conakry, que j’ai vu ce nouveau « Moïse » de la Guinée, que certains comparent déjà à un Thomas Sankara. Lui cite Obama. Les vendeurs de badges et de T-shirts sont ravis.

Restaurer la dignité du peuple de Guinée : tel est le mot d’ordre du nouvel chef.

D’où, l’adhésion massive à ce militaire, qui représente pourtant tout ce que le peuple de Guinée déteste : les coups de force, les armes et l’uniforme.

Je laisse le dernier mot à Kamara Baldé Kourouma, syndicaliste à l’usine de Fria : « Les dégâts que le régime militaire de Conté a causés, il faut un militaire pour les démystifier. Certes le président parle beaucoup et rassure la population mais les Guinéens attendent des actes, en particulier pour restaurer l’autorité de l’État. Tout est lié : le pays ne peut pas avancer si le narco-trafic, la corruption ou le banditisme ne sont pas éradiqués. La bête noire de l’économie, c’est la corruption. Il faut s’y attaquer en bonne et due forme.»

Julien Brygo

1. Mi-avril, le capitaine Camara a semé le trouble en Guinée, en lançant aux partis politiques qu’il accuse de « s’acharner contre (les militaires comme lui) » : « S’ils ne mettent pas de l’eau dans leur vin, je vais ôter la tenue et me présenter aux élections contre eux ! »




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Opération Plomb Durci : le Hezbollah renforcé

En Images Publié par : Franck Boutonnet   06/02/2009
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13 morts et 60 blessés israéliens, 1330 morts et 5450 blessés palestiniens plus tard, après seulement 22 jours qu’a duré l’opération Plomb Durci (du 27 décembre 2008 au 14 janvier 2009), on se retrouve « presque » exactement au même point. Les rancœurs à l’égard Israël se sont transformées soit en dégoût de ce gouvernement va-t’en-guerre, ou pire en haines s’enkystant au plus profond de l’âme et du cœur de millions de personnes de part le monde. Cette haine étant même dirigée vers les israéliens eux-mêmes qui ont soutenu à plus de 90% cette opération.

Israël a dépassé des limites qui semblaient déjà depuis longtemps aux frontières de l’inacceptable. Israël semble perdre la guerre la plus importante auprès d’une majorité de gens dans le monde : la guerre idéologique.

Pendant cette période, je travaillais au Liban. Je suis allé au cœur des manifestations organisées par le Hezbollah, ce parti libanais islamique, dans la banlieue sud de Beyrouth, dévastée par Tsahal à l’été 2006. L’objectif de la guerre de 2006 était de détruire le Hezbollah. Or on sait qu’il en est ressorti beaucoup plus fort politiquement. L’une des erreurs des décideurs israéliens en frappant si violemment et si inhumainement des zones habitées par des civils en pensant toucher profondément ce parti, voire le détruire, résidait de toute évidence dans la méconnaissance de la nature même de ce mouvement. Ou bien le cynisme le plus froid était aux commandes et je ne comprends alors honnêtement plus les objectifs recherchés pour la soi-disant sécurité d’Israël. Et il semblerait que les mêmes erreurs d’analyse se soient reproduites concernant la guerre contre le Hamas. Ce sont des mouvements islamiques profondément populaires, qualifiés de Résistance (c’est aussi une question subjective de point de vue) par leurs propres peuples au-delà même de toutes les critiques légitimes ou non que ces organisations suscitent au sein de la population. S’attaquer au Hezbollah, c’est s’attaquer à des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants. Bien sûr il y a un leadership politique, religieux, militaire et idéologique très puissant, incarné par Hassan Nasrallah (mais il n’est pas seul !), néanmoins je pense qu’il est faux et illusoire de penser qu’en ayant recours à la seule force disproportionnée des armes de Tsahal, ce mouvement en viendrait à disparaître, et par là-même ce risque pour la sécurité d’Israël. Afin de mieux illustrer et éventuellement comprendre ce phénomène : le Liban est un petit pays d’un peu plus de 4 millions d’habitants, le Hezbollah a déjà été capable de mobiliser entre 500000 et 1 million de personnes dans les rues ! Que représente à côté la marche sur Washington de 600000 personnes pour les Civil Rights Movements sur une population totale proche alors des 200 millions d’habitants ?!… Cela donne une échelle de ce que représente le Hezbollah au Liban.

J’ai été très impressionné par ces protestations massives, certes orchestrées magistralement, mais réellement populaires dans toutes les acceptions du terme. Il y avait autant de femmes que d’hommes, de tous âges. Le Hezbollah a autant de visages que ces foules en ont. A travers ces photographies, je voudrais montrer son essence profondément populaire et tansgénérationnelle. On ne peut le réduire à une masse fanatisée dénuée de tout jugement critique quelle que soit sa très forte empreinte idéologique. Je vous le garantis, cette guerre de 22 jours, donc encore une fois le choix de la violence, a encore renforcé le Parti de Dieu…

Texte et photos : Franck Boutonnet



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Cuba, una victoria ?

En Images Publié par : Franck Boutonnet   03/02/2009
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Cuba donne ce sentiment troublant de voyager dans le temps. Les gens, les attitudes, les paysages, semblent définitivement figés à une époque pour nous révolue, reléguée au mieux dans les livres d’histoire, au pire dans la mémoire d’Anciens qu’on ne prend plus le temps d’écouter.

Cuba a fêté les 50 ans de la Révolution. Le 1er janvier 1959, Fidel Castro et Ernesto «Che » Guevara renversaient la dictature de Batista et inauguraient 50 années synonymes de règne castriste absolu, d’une dictature communiste restreignant des libertés fondamentales : liberté d’expression, liberté d’association syndicale et politique, liberté de voyager, …. Mais aussi 50 ans d’un régime qui a appliqué un certain nombre de programmes socialistes dans de nombreux domaines : éducation, santé, formation, avec de réels progrès, parfois fulgurants à l’échelle de quelques décennies.

A travers ces polaroids j’ai choisi de montrer un Cuba intemporel, pour le meilleur ou pour le pire, à chacun de choisir, comme des fragments d’une histoire ancienne et actuelle, d’un imaginaire commun mais réaliste.

Texte et photos : Franck Boutonnet



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Love Makes a Family

En Images Publié par : Franck Boutonnet   03/02/2009
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En 2007, dans le cadre du projet collectif « Etre Homo », je rencontrai Edwin et Robert, parents de deux magnifiques enfants nés en 2006. Je passai quelques jours avec eux à Paris afin de documenter leur vie quotidienne de parents.

De cette rencontre, forte, est née l’envie de continuer de documenter leur histoire familiale. L’idée est simple : suivre le plus longtemps possible cette vie familiale en m’immergeant régulièrement dans leur quotidien. Pourquoi ? Et bien avant tout pour les enfants, qu’ils puissent, quand ils auront l’âge de le faire, comprendre d’où ils viennent, et puis montrer tout l’amour qu’ils reçoivent. Il y a un adage américain qui dit : « Love makes a family », j’y souscris et souhaite le partager à travers ces images.

En tant que photographe, s’engager dans un tel projet est excitant : se donner les moyens de prendre le temps, de s’engager sur le très long terme, d’approfondir des relations humaines qui se mettent en place à leur rythme, bref se détacher des contingences habituelles inhérentes au travail de photographe que l’on nous impose mais que nous acceptons également !

Texte et photos : Franck Boutonnet



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