Archive pour la catégorie ‘Non classé’

Education à l’image : Semaine des scolaires à Visa.

Non classé Publié par : Bertrand Gaudillere   13/10/2009
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Les photojournalistes avaient un coup d’avance ! Tandis qu’on ne parlait pas encore de LA CRISE, leur profession connaissait déjà la sienne depuis des années… du moins dans le discours !

Ce n’est pas le photojournalisme qui est en crise, c’est la presse qui ne fait pas son boulot ! n’a de cesse de marteler Jean François Leroy  (directeur du festival Visa pour l’image) à longueur d’interviews, et de donner la preuve par l’exemple, en montrant chaque année depuis vingt et une éditions, la production de ceux et celles qui vont chercher l’information pour la donner à voir. Mais combien d’histoires racontées sur les murs de Visa trouveront de la place dans les magazines ? Peu ! Trop peu !

Les enjeux de l’information ne sont pas dans sa production, qui se porte bien, mais dans sa diffusion.

C’est entre autres choses ce qu’ont pu entendre les scolaires venus à Perpignan lors de la troisième semaine du festival, consacrée à l’éducation à l’image en partenariat avec le Clemi. Une semaine accessible gratuitement, qui a vu cette année défiler plus de deux cents classes venues de la région voir les expositions et rencontrer des professionnels, afin qu’ils répondent à leurs questions. Et elles étaient nombreuses. À l’exception de quelques groupes mal encadrés et peu préparés à la confrontation avec ce type d’écriture, tous montraient  un vrai intérêt à l’égard de ce qu’ils venaient de voir et témoignaient d’une vraie curiosité pour le métier de photojournaliste. Ils sont dynamiques, curieux, avides. Ils veulent savoir. Quoi ? Ils ne le savent pas toujours très bien, ils ne sont pas toujours très clairs, leurs questions en cachent d’autres, mais ils s’expriment. Les images qu’ils ont vu ici ne les ont pas laissés indifférents. Choquantes pour certains, magnifiques pour d’autres, violentes, tristes… une cohorte d’adjectifs pour qualifier ce qu’ils ne comprennent pas toujours.
C’est quoi être photographe ? Pourquoi fait-on ce métier ? Pourquoi montrer tout cela ? Qu’est ce qui nous pousse un jour à s’emparer d’un boîtier pour faire des images ? Pense-t-on que nos images peuvent changer le monde ?
À défaut de changer la face du monde, elles peuvent à tout le moins y participer. Faire avancer les choses par petites touches. Un exemple ? Le premier qui me vient concerne le travail de Jane Evelyn Atwood dans un centre pénitencier américain. Une jeune femme accouche menottée les pieds pris dans des entraves. À la publication, l’opinion publique s’émeut et la mobilisation finit par faire fléchir le sénateur qui change la loi pour interdire que soit possible ce mauvais traitement lors d’un accouchement !
Et puis il y a les images icônes, celle de Nick Ut notamment, qui a œuvré à faire basculer l’opinion publique américaine contre la guerre au Vietnam.
De là on rebondit sur les photographes « embedded », et le contrôle des images, la liberté de la presse, la hiérarchisation de l’information, et les people… Ce n’est pas de la presse leur affirme Jean François Leroy. Ils sont surpris par la franchise du propos, plus habitués au discours consensuel de rigueur. Surpris aussi d’apprendre de sa bouche que les photographes ne sont pas riches, du moins ceux qui font du reportage, et plus encore de savoir que la plupart du temps c’est de leur poche qu’ils financent leurs sujets.
L’honnêteté des photographes n’est pas à remettre en cause. Leurs images sont subjectives, elles affichent un point de vue, un parti pris, mais ne trichent pas avec la réalité. Ils rapportent de l’information. Ils sont au service de cette dernière. C’est ce que leur expliquera Peter de Jong avec des mots d’une justesse incroyable pour décrire et faire ressentir son métier. Il met à profit ses vingt années d’expérience chez Associated Press pour ébranler l’image du « héro photographe ».
Autre image mise à mal, par Miquel Dewever-Plana, celle du « charognard » qui fait de la misère un gagne pain. À travers l’honnêteté de son travail, il aura su leur faire comprendre l’impérieuse nécessité de ne jamais décontextualiser un sujet, mais d’en démonter les causes et les conséquences loin de toute recherche du sensationnalisme.

Est-ce que tout est montrable pour autant ? La question reviendra souvent, avec toujours cette même réponse : oui si les images ne sont pas gratuites, si elles nourrissent l’histoire et alimentent la réflexion. Car il faut réfléchir devant des images. Les comprendre, les analyser, les décrypter, en connaître la source… Ne pas rester passif face à l’information, c’est là tout l’enjeu de l’éducation à l’image.

Intervenants 2009 :

Peter De Jong / A.P.
Miquel Dewever-Plana / Vu
Jean François Leroy / Visa pour l’image
Fredéric Joli / Porte parole du C.I.C.R.
Sirine Manai / Chargée de Mission au C.I.C.R.
Franck Boutonnet / item
Bertrand Gaudillère / item

Reportage :

Sud Radio
Interview : Vincent Péchaire
Réalisation : Thomas Armengaud



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Communiqué : Censure ?

Non classé, infos Publié par : Bertrand Gaudillere   23/09/2009
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Censure à Lyon ?

L’exposition photo « les chiffres ont un visage » de Bertrand Gaudillère traite de la question  des sans papiers en France.
Depuis le 12 septembre, elle était visible à la bibliothèque du 4eme arrondissement de Lyon.

Aujourd’hui, elle est fermée au public, sur décision de la direction de l’établissement.

De fait, le vernissage prévu pour le jeudi 24 septembre a été annulé, ainsi que la rencontre / débat avec les intervenants, et la projection du film d’Oldrich Navratil : « en suspension », traitant du même thème, qui devait avoir lieu ce même jour.

Raison invoquée : Un travail trop militant !

Cette décision reste incompréhensible étant donné que cet événement a été organisé à la demande de la bibliothèque et validé par la direction en juillet 2009 qui en a assuré la communication par le biais du magazine TOPO (le magazine des bibliothèques de Lyon), sous le titre « Une rentrée avec ou sans papier ». (voir ci dessous et en image)

La direction n’a pas éprouvé le besoin de prévenir le photographe, le réalisateur et les intervenants, laissant cette tâche au personnel de bibliothèque sans plus d’explication.

Le directeur des bibliothèques municipales Mr Bazin sera présent à 19h ce jeudi 24 septembre à la bibliothèque du 4ème pour justifier cette décision. Le photographe, le réalisateur, les intervenants, et le public non averti seront également présents pour entendre ses arguments.

Peut-être expliquera-t-il dans le même temps pourquoi une projection autour de la question des couples mixtes avec l’association « les amoureux au ban public » a failli être annulée ce même jour à la médiathèque du 8ème arrondissement.

Contacts :

Bertrand Gaudillère : 06
Oldrich Navratil : 06
Claire Deverine : 06
Camille Salmon : 06

http://www.bm-lyon.fr/actualites/topo.htm

La rentrée, avec ou sans  papier ?

LES CHIFFRES ONT UN VISAGE
EXPOSITION/ DU15 SEPTEMBREAU17 OCTOBRE

Exposition de photographies de Bertrand Gaudillère du collectif item

En 2008 le gouvernement français procède à 29 796 ex-
pulsions de sans-papiers. Derrière ce chiffre, froid et
anonyme, il y a des gens. On parle de dossiers, de situa-
tions administratives, de procédures, de textes de lois…
jamais de personnes, de parcours, de familles ou de vies.

EN SUSPENSION
PROJECTION/ JEUDI24 SEPTEMBREÀ19H

Projection du film d’Oldrih Navratil, 26 min, en présence
du réalisateur.

Fuyant le conflit serbe, la famille Jakupi est arrivée en
France il y a maintenant huit ans. Huit années de dé-
marches administratives pour tenter de régulariser leur
situation et avoir le droit de travailler. Mais c’est aussi
une vie de famille riche et de nombreuses amitiés liées
au sein de leur quartier. Ce film raconte les raisons de
leur venue en France, la douleur d’un retour impossible
dans leur pays d’origine, ainsi que la vie de tous les jours.

AVEC OU SANS PAPIER ?

TABLE RONDE/ JEUDI24 SEPTEMBREÀ19H30

avec Claire Deverine,juriste au sein de l’association
Les Amoureux au Ban Public, Camille Salmon,de Ré-
seau Éducation Sans Frontière, Mouna Zeghloui, étu-
diante sans papier, Arcen Kholiyan, père de famille
sans papier.



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L’Education à l’image.

Non classé Publié par : Bertrand Gaudillere   27/02/2009
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Des images ils en voient, parfois ils en font, rarement ils en parlent.
A la maternelle Painlevé de Lyon, dans la classe de grande section, le temps d’une classe à PAC (Projet Artistique et Culturel), ils en ont vu, en allant visiter l’exposition Depardon. Ils en ont parlé, en se demandant comment le photographe avait construit ses images. Et ils en ont fait, en apprenant ce qu’était un plan large, un plan moyen et un gros plan.
Ils ont entendu que l’image avait un sens, qu’elle était un langage, et qu’elle exprimait un point de vue. Ils ont aussi appris que l’image ne sortait pas de nulle part, ni d’une rose, ni d’un choux, mais était bien souvent l’œuvre d’un photographe.

Ça s’appelle l’éducation à l’image !

Certes, cela demande du temps, (un peu), de la motivation (beaucoup) et des moyens (suffisamment), mais à terme cela pourrait leur éviter de rester coi face à une information qu’ils ne sauraient comprendre, et peut être même d’envisager l’image ailleurs qu’à la simple fonction d’illustration !
De là à penser que ce soit nécessaire ou salvateur… On m’accuserait d’être juge et partie. Il n’empêche que l’on peut sérieusement se poser la question de savoir pourquoi ce type d’enseignement demeure confidentiel.

« Je suis inquiet de voir que l’on de donne pas aux enfants les moyens de décrypter les images qu’ils regardent, avec lesquelles ils jouent pourtant déjà bien mieux que nous au même âge. Je crains que devenues leurres, les images ne dissimulent la matérialité du monde, qui est sa forme de « vérité » si tant est que puisse exister une vérité » écrivait Christian Caujolle dans un « avertissement » qui ouvre le livre « circonstances particulières »

L’éducation à l’image, qu’elle s’inscrive dans le cadre scolaire, ou qu’elle en sorte, est un vecteur essentiel à la compréhension de l’iconographie actuelle et de ses enjeux : savoir comprendre, les représentions, les icônes et les clichés , savoir les distinguer, les lire et leur donner un sens.
Avoir ces quelques clefs ne permet certainement pas de s’ouvrir toutes grandes les portes de l’image, mais c’est un bon premier pas pour ne plus les subir puisqu’on ne peut les ignorer tant elles sont désormais un élément constitutif de notre environnement.
L’image est partout, c’est un poncif que de le dire, et pourtant on entretient la culture de l’ignorance à son égard. « Le monde en image est façonné selon les intérêts de ceux qui sont les propriétaires de la presse : l’industrie, la finance et les gouvernements » écrivait Gisèle Freund dans Photographie et Société, « c’est un puissant moyen de propagande et de manipulation » rappelait elle également. Voilà peut être pourquoi l’éducation  à l’image au sein de l’école, malgré un discours mâtiné d’autant de bonnes intentions que les pavés de l’enfer, demeure-t-elle, l’apanage de bonnes volontés. Pour mettre en place leurs actions , ils devront savoir faire face à la vacuité des dispositifs de soutien tant d’un point de vue pédagogique que financier…même si une « actualité pédagogique » du ministère de l’éducation nationale datée de janvier 2009 rappelle que « L’éducation à l’image, au cinéma et à l’audiovisuel contribue à l’acquisition du socle commun de connaissances et de compétences que chaque élève doit acquérir. Elle permet la maîtrise des langages. Elle participe à la culture humaniste. Elle favorise l’accès à des œuvres patrimoniales et contemporaines. Elle développe aussi l’autonomie et l’initiative des élèves »
Ça ne coûte rien de le dire, et.on imagine aisément que la suppression annoncée de onze mille postes dans l’éducation facilitera l’accès à cette culture humaniste dont il est question !
Éduquer à l’image demande des moyens et une volonté politique. Or aujourd’hui, sa pratique repose sur le volontarisme de quelques individus et non sur un projet global cohérent. La somme des actions menées ne concerne qu’un nombre restreint d’élèves alors qu’elles devraient en toucher la majorité.
Ce n’est pas brillant, mais on ne peut que saluer ces initiatives, les encourager, et parfois même les soutenir en nous mettant à leur service.

Images réalisées pendant une classe à PAC de la maternelle Painlevé à Lyon.



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