| En Images | | Publié par : Bertrand Gaudillere 27/09/2010 |
Lois Deffere, lois Jox, lois Pasqua ou Debre, une seule logique.
La chasse à l’immigré. Et n’oublie pas tous les décrets et circulaires.
Nous ne pardonnerons jamais la barbarie de leurs lois inhumaines.
Un état raciste ne peut que créer des lois racistes.
(Fabe : 11’30 contre le racisme – mars 97)
Ils étaient un millier ce samedi 25 septembre à Lyon à manifester leur désaccord au projet de loi besson qui vise à modifier le code d’entrée et de séjour des étrangers en France.
C’est la cinquième modification de ce code en sept ans.
Les principales mesures proposées sont les suivantes :
DECHEANCE DE LA NATIONALITE
La déchéance de nationalité est étendue aux Français naturalisés depuis moins de dix ans et condamnés pour meurtres, et tentatives, sur des « personnes dépositaires de l’autorité publique » (gendarmes, policiers, pompiers…). L’interdiction de rendre un citoyen apatride demeure.
CREATION DE ZONES D’ATTENTE SPECIALES
Des zones d’attente spéciales, à l’instar de celles existant dans les aéroports, peuvent être créées pour faire face à l’arrivée « d’un groupe d’au moins dix étrangers en dehors d’un point de passage frontalier en un même lieu ou sur un ensemble de lieux distants d’au plus dix kilomètres ». La zone s’étend du lieu de découverte jusque la frontière la plus proche.
ABUS DU COURT SEJOUR
Un ressortissant européen pourra faire l’objet d’une mesure d’éloignement en cas d’ »abus d’un court séjour » (moins de trois mois) lorsqu’il multiplie des allers-retours « dans le but de se maintenir sur le territoire » ou s’il constitue « une charge déraisonnable pour le système d’assistance sociale ».
EXPULSION EN CAS DE VOLS REPETES OU DE MENDICITE AGRESSIVE
Un étranger, européen ou non, présent depuis plus de trois mois, mais moins de trois ans, pourra être reconduit à la frontière en cas de « menaces à l’ordre public » notamment pour des infractions de vols, de mendicité agressive ou encore dans le cas d’occupation illégale d’un terrain public ou privé.
CREATION D’UNE INTERDICTION DE RETOUR
Obligation, sauf raison humanitaire, de notifier une interdiction de retour sur le territoire français à un étranger qui s’y est maintenu au-delà du délai de départ volontaire.
ENCADREMENT CARTE DE SEJOUR « ETRANGER MALADE »
L’attribution d’une carte de séjour en raison de l’état de santé est modifiée pour annuler une décision du Conseil d’Etat d’avril 2010 qui a réinterprété plus largement la notion d’accès aux soins.
AUGMENTATION DE LA DUREE DE RETENTION ET CHANGEMENT DE PROCEDURE
La durée de la rétention administrative passe de 32 à 45 jours maximum. Le juge administratif se prononcera avant le juge judiciaire (juge des libertés et de la détention) et les délais sont modifiés en cas de recours contre une OQTF (obligation de quitter de le territoire français).
PENALISATION DES MARIAGES GRIS
Les « mariages gris », fondés sur une tromperie volontaire, sont sanctionnés par 7 ans de prison et 30.000 euros d’amende.
CARTE BLEUE EUROPEENNE
Un permis de séjour temporaire européen peut être accordé aux travailleurs « hautement qualifiés », bac+3 ou cinq ans d’expérience professionnelle, qui justifient d’un contrat ou d’une promesse d’embauche pour au moins un an.
INTEGRATION FACILITEE
Le processus de naturalisation est accéléré pour celui « qui présente un parcours exceptionnel d’intégration » dans les domaines « civique, scientifique, économique, culturel ou sportif »
SIGNATURE D’UNE CHARTE DES CITOYENS LORS DE L’ACCES A LA NATIONALITE
L’accès à la nationalité est conditionnée à la signature d’ »une charte des droits et devoirs et du citoyen ».
(Source : Nouvelobs.com avec AFP)
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Avalanche de bonnes intentions musicales ce week-end à Paris (…) dont on peine à mesurer la réelle portée, mais qui témoignent d’une volonté benoîte d’engagement, quitte, si besoin, à enfoncer les portes ouvertes. (…) à Bercy, où le collectif Rock sans papiers donnera de la voix. Militant notamment pour « la régularisation des 6 300 travailleurs sans papiers grévistes d’octobre à juin, pour diminuer les contrôles et les expulsions et pour stopper la xénophobie ambiante », une palanquée d’artistes attendus (Cali, Têtes raides, Wampas, Agnès Jaoui, Jane Birkin…) animeront trois scènes devant un public logiquement acquis. Seul suspense : qui, d’Eric Besson, Brice Hortefeux ou Nicolas Sarkozy, sera le plus copieusement hué ?
C’est ainis que Liberation annonçait la tenue du concert « Rock Sans Papiers » sous la plume de Gilles Renault, tandis que sur le site de l’organisation de l’événement on pouvait lire le « manifeste du 18 septembre » qui appelait à cette « benoîte volonté » d’engagement :
Nous, auprès des artistes, musiciens, comédiens, réalisateurs, écrivains, plasticiens, professionnels de la musique, du spectacle, du cinéma, de l’information, de la culture, des scientifiques et universitaires, des personnalités associatives, syndicales et politiques, avec la majorité des citoyens français, nous déclarons solidaires des milliers de sans-papiers qui grandissent, étudient, et vivent à nos côtés dans notre pays.
# Nous refusons que des enfants, souvent nés et scolarisés en France, soient expulsés avec leurs parents vers des pays qu’ils ne connaissent pas ou plus et dont certains ne parlent même pas la langue.
# Nous refusons que des parents soient arrêtés, menottés, rudoyés, humiliés et enfermés dans des Centres de Rétention Administrative sous les yeux de leurs enfants.
# Nous refusons que des familles parce qu’elles n’ont pas de papiers soient séparées, le père brutalement expulsé à des milliers de kilomètres tandis que la mère et les enfants restent ici, souvent dans la misère et traumatisés à vie.
# Nous refusons que des travailleurs, qui bien souvent exercent leur métier dans des conditions pénibles, car sans droit, dont la plupart cotisent (retraites, maladie, chômage…) et paient des impôts en France vivent en permanence dans la peur et la clandestinité.
# Nous refusons les lois Besson sur l’immigration qui bafouent le droit d’asile français et font honte au pays des Droits de l’Homme.
Comme certains l’ont fait en d’autres périodes de l’histoire, en accord avec les principes du droit international qui protègent les migrants, en accord avec les droits de l’homme et de l’enfant, comme avec les valeurs universelles de fraternité, d’égalité, de liberté et d’accueil de notre République, nous appelons à résister à ces pratiques indignes et inhumaines.
Cette volonté de rappeler les droits fondamentaux traduirait donc l’enfoncement de portes ouvertes, et ne mènerait à rien d’autres qu’une ironie journalistique bien sentie…
Peut-être que l’on pourrait en rire si la presse jouait son rôle, mais plutôt que de grimacer je préfère encore une fois me souvenir de cette phrase de Stefan Hessel pour saluer tous ceux qui étaient présents sur la scène ou dans les gradins de Bercy : « Il suffit qu’il y ait une minorité active, solide… des jeunes qui en veulent qui considèrent que l’engagement ça signifie quelque chose, il suffit qu’ils soient le levain qui fasse monter la pâte et à ce moment là nous aurons une France résistante ».
Pour le reste je ne peux que vous conseiller d’écouter ou de ré-écouter la chronique de Stephane Guillon à propos de l’évolution des Unes et du contenu de Paris Match… après ça tout est dit…
Rendez vous aux prochains événements solidaires pour défendre encore une fois ces trois mots : Liberté, Egalité, Fraternité !
Bertrand Gaudillère
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| En Images | | Publié par : Romain Etienne 03/09/2010 |
Dans l’histoire du mouvement punk, Jello Biafra figure parmi les rebelles. A plus de 50 ans, le fondateur du label californien Alternative Tentacles sillonne toujours la planète pour partager ses idées dans la rage et l’énergie. Au sein de sa nouvelle formation, The Guantanamo School of Medecine, Jello reste fidèle à ses valeurs. Gardant la scène comme pupitre politique, il se tient toujours prêt à plonger au sein de l’auditoire afin de partager physiquement ses idées.
Militant du green party, candidat aux primaires du Green Party en 2000, anti-consumériste et non violent, il a tenu à rappeler haut et fort, lors de son passage à Lyon le 25 août dernier, les dangers du diktat patronal, des ségrégations raciales et sociales et de la création de prisons privées, en France comme aux USA. Auteur de la célèbre phrase « Don’t hate the media, become the media! » (« Ne hais pas les médias, deviens les médias »), qui deviendra le slogan d’Indymedia, Jello Biafra n’a pas perdu une ride dans sa vigueur à appeler les peuples à ne pas se laisser manipuler.
Une rencontre qui fait partie de la série D.I.Y. (Do it yourself), visible à l’Atelier d’item, sous la forme d’une exposition intitulée « U.S.A.D.I.Y ».
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Romain Etienne et Gilles Garrigos associent leurs travaux photographiques pour présenter ensemble un autre versant de la culture américaine. Alors que débute à Lyon la Biennale de la photographie autour des États-Unis et de notre rapport à ce pays, les deux photographes, sans quitter le sol français, se positionnent du côté underground de la question.
- Extraites de la série ” Sounds of Underground”, les photographies d’artistes live de Gilles Garrigos tentent de restituer l’énergie déployée sur scène par les filles et les garçons de groupes plutôt agités. Artistes rompus au spectacle, ils se révèlent prêts à toutes les outrances pour esquinter plus ou moins consciemment le vernis du rêve américain.
- Dans l’exploration du mouvement Do It Yourself ( D.I.Y., « Fais-le toi-même ») à Lyon principalement, Romain Etienne va osculter le rapport étroit qu’entretiennent aujourd’hui artistes, associations organisatrices et publics pendant les concerts. Où passion, rage, enthousiasme et militantisme sont les maîtres mots.
U.S.A.D.I.Y
item l’atelier – 3 impasse Fernand Rey, 69001 Lyon.
Date : du 9 septembre au 23 octobre 2010.
Vernissage : le jeudi 9 septembre à partir de 18 H 30
Horaires d’ouvertures : du lundi au vendredi de 10 H à 17 H, Samedi de 14 H à 18 H.
Ouverture pendant les journées du patrimoine de 10 H à 18 H.
Visite possible sur RDV : romain.etienne@collectifitem.com
Pour tout renseignement relatif à l’exposition : 04 78 72 18 40
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| En Images | | Publié par : Julien Brygo 31/07/2010 |
Une montagne, un hameau, une fermette.
On est en Ardèche.
A l’heure du productivisme agricole, certains, en France, choisissent une toute autre voie. Celle de l’autogestion, d’une production en fonction des besoins et de la solidarité.
Dans les hauteurs ardéchoises, près de La Boule, Adrien, Jane, Damien et leurs compères vivent dans un hameau et partagent une maison en pierres. Pas de RMI, pas de subventions, mais un rêve : celui de s’auto-suffire en légumes, en miel et en blé. Quelques marchés estivaux permettent de faire rentrer l’argent dans les caisses. Des cueillettes de plantes médicinales, du miel, du pain. Cette année, la récolte du champ de blé rassemble les voisins, les amis et les proches, pour une intense journée de faucille et de fléaux.
Une respiration, une parenthèse, dans le monde de la production intensive…
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| En Images | | Publié par : Bertrand Gaudillere 05/07/2010 |
Il suffit qu’il y ait une minorité active, solide… des jeunes qui en veulent qui considèrent que l’engagement ça signifie quelque chose, il suffit qu’ils soient le levain qui fasse monter la pâte et à ce moment là nous aurons une France résistante.
Stefan Hessel
C’est avec cette volonté de faire partie d’une minorité active que l’équipe du festival a monté l’événement et su initier des rencontres autour de la question des nouvelles résistances et de leur légitimité.
Une question qu’ils connaissent bien puisqu’ils l’interroge quotidiennement dans leur activité professionnelle. Etre paysan bio aujourd’hui en travaillant sur des circuits courts de distributions est une manière de résister. Résister au productivisme ambiant. Résister au tout économie. Résister à l’individualisme pour travailler ensemble et avancer ensemble…
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| infos, RESF | | Publié par : Bertrand Gaudillere 03/07/2010 |
Festival IRES et DESIRS
festival de désirs et colères contenues
festival du contenu de colères et de désirs
le 3 et 4 juillet à velanne (Isère 38, 30mn de Grenoble) se tiendra une rencontre festive et évasive.
Parce que nous avons des questions auxquelles nous ne voulons pas répondre mais que nous ne voulons pas éluder pour autant. Parce que si il y a des lendemains qui chantent ce festival ne sera pas le grand soir mais une nuit évanescente et interlope qui n’aura pas pour décor l’amnésie collective ni le replis individuel.
Un festival qui vit et s’évanouit, juste un temps, juste un lieu, juste ici et maintenant.
Ici : c’est la ferme du Mt charvet, perchée au sommet d’une colline, deux paysans une paysanne amateurs et amatrices de rêves, en construisent un, peuplé d’animaux d’arbres et d’amis. Avec pour choix une agriculture biologique une commercialisation en vente directe circuit court et organisations collectives. Engagés dans des luttes au présent dans le fol espoir que l’avenir n’en soit pas une au quotidien. Ils ont eu envie de semer une graine de fête dans leur ferme, fleur éphémère belle et parfumée.
Maintenant : c’est cette « chienlit » de période où l’on s’éclate et l’on implose où la bêtise est une arme de destruction massive et le bon sens un pistolet d’alarme. Où des gros mots comme lutte de classe autogestion syndicalisme asile art et éducation populaire liberté égalité fraternité sont déglutis par les langues de bois et digérés dans les organes des dirigeants.
Maintenant c’est ici, et si l’important c’est la lutte, la fête en est toujours un prélude et une synthèse.
Et pour se faire nous avons imaginé une programmation qui peut nous mettre du cœur à l’ouvrage.
Du théâtre d’improvisation avec « impro38 »
Du théâtre amoureux et musical avec « c’est beau l’Australie quand tu chantes mon amour »
Du théâtre pour les enfants de 0 à 3 ans
Des déambulations tendres et mélomanes avec Odile et Roger
Une exposition de photos «Les Chiffres Ont Un Visage » de Bertrand Gaudillère du collectif item
Un exposition d’affiches historiques et éclectiques sur les luttes, les engagements, les résistances.
La projection du film de gilles Perret « Walter retour en résistance »
Du bon boire et à manger bio local artisanal
Un concert rock et poétique de « la jongle des javas »
Un concert explosif des « frères molotofs »
Un concert électrisant de « SZ »
Avec les interventions des BARRICADES chorale de chants de luttes de Grenoble.
Avec un bal folk de « TocTocToc »
Avec un jeu: comment crée t-on un réseau de résistant-tes, les animateurs seront des résistants de 39/45 et d’rusf et resf.
Joaquim Ferrand
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Nathalie Perrin-Gilbert (Maire du premier arrondissement de Lyon)
Nawel Bab-Hamed (Adjointe à la culture)
Le Collectif item
Ont le plaisir de vous présenter : item l’Atelier
Nouveau lieu dédié à la photographie documentaire, item l’Atelier et un espace de travail et d’exposition ouvert au public.
Nous vous invitons à venir rencontrer l’équipe et à découvrir la programmation lors de la conférence de presse qui se tiendra le jeudi 24 juin 2010 à 11 H 30.
item l’Atelier – 3 impasse Fernand Rey – 69001 Lyon
Renseignements : 04 78 72 18 40
Exposition en cours : « Des Chiffres un Visage »
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| En Images | | Publié par : Bertrand Gaudillere 16/06/2010 |
Droit au séjour, droit d’asile… Ne transigeons pas : protégeons les Gays, Lesbiennes, Bi et Trans !
Tel était le mot d’ordre de la quinzième « Marche des fiertés » qui se tenait à Lyon ce samedi 12 juin 2010.
Une revendication simple et nécessaire, qui rappelle que les discriminations peuvent être plurielles à l’égard d’une minorité, et qui rappelle également, pour ceux qui continueraient d’en douter, l’impérieuse nécessité de poursuivre la sensibilisation et la mobilisation pour que le fait de ne pas être blanc et hétéro ne devienne pas un délit !
La marche des fierté parisienne qui se tiendra la 26 juin prochain défilera d’ailleurs sous un mot d’ordre loin du communitarisme : « Violences, discriminations. Assez ! Liberté et égalité, partout et toujours »
Extrait de l’appel à défiler de la lesbian and gay pride de Lyon :
Une Gay Pride triste ? Expulsion imminente d’un Gay
“Des lesbiennes, Gays, Bi et Trans étrangers se trouvent, chaque année, expulsés alors qu’ils risquent de lourdes peines ou des violences dans leur pays. Hier Saïd, un jeune algérien homosexuel et amoureux de René, son compagnon français a été arrêté et placé en centre de rétention. Si nous ne faisons rien, il sera renvoyé dans son pays où il est menacé de mort ! La préfecture ne doit pas l’expulser ! Exigeons sa remise en liberté immédiate ! Faisons entendre sa voix et celles de tous ceux et de toutes celles qui sont comme lui, menacés d’expulsion ! »
Saïd ne doit pas être pas la victime des dérives d’une politique d’immigration qui vise « à faire du chiffre » au mépris de la dignité humaine et de la réglementation.
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Durée : 9 minutes
L’exposition « Des Chiffres, Un Visage » * présente des images sur papier d’un sans papiers : Guilherme Hauka Azanga, et un montage son d’un rassemblement de son comité de soutien sur la Place des terreaux à Lyon.
C’était le 07 avril 2010 : Guilherme était emmené du centre de rétention à l’aéroport de Bron où un avion « privé » l’attendait. Destination Roisy Charles de Gaulle pour une expulsion du territoire français.
Du son pour dire ce que les images taisent et ce que les textes ne font pas entendre : une ambiance, des voix d’hommes, de femmes et d’enfants, une réflexion citoyenne, l’indignation, l’incompréhension face à l’attitude de la Préfecture du Rhône, le silence… car il est parfois difficile de trouver les mots face à l’indicible.
Après le délit de solidarité, le délit d’outrage. Plusieurs procès intentés par des Préfets de différentes régions de France ont eu lieu ou sont en cours.
Face à la censure qui frappe, des « bips » remplacent les parallèles fait avec une époque pas si lointaine ou une ville thermale avait tout perdu de son charme désuet pour devenir le point central du régime politique français.
En pensant le son comme un média aussi visuel que des images, c’est de l’écho que nous souhaitons donner aux voix de ceux qui s’insurgent, c’est du relief que nous cherchons à redessiner pour pallier au manque de diffusion par les médias généralistes, souvent plus préoccupés par leurs annonceurs et leurs actionnaires que par la pertinence et la justesse du propos de ceux qui incarne la voix des « nouvelles résistances ».
Prises de sons et montage : Christina Firmino
* « Des Chiffres, Un Visage » du 27 mai au 26 juin – du lundi au vendredi de 10 H à 17 H – les samedi et dimanche de 14 H à 18 H – item l’atelier 3 impasse Fernand Rey 69001 Lyon.
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| infos | | Publié par : Bertrand Gaudillere 20/05/2010 |
Le travail de Bertrand Gaudillère « Des Chiffres, Un Visage » relatant l’histoire de Guilherme Hauka-Azanga, sera exposé dans les nouveaux locaux du collectif item du 27 mai au 26 juin 2010.
Une exposition en papier pour une histoire sans papier.
Vernissage le 27 mai à partir de 18 H 30.
item l’atelier – 3 impasse Fernand Rey 69001 Lyon
Horaires d’ouverture :
du lundi au vendredi 10 H 17 H
samedi et dimanche de 14 H à 18 H 30
Ce travail fait suite à l’exposition « Les chiffres ont un visage » en abordant la question des sans papiers par le biais d’une histoire particulière, celle de Guilherme, et de la mobilisation citoyenne qui s’est organisée autour de lui, pour dire non, pour refuser l’application des mesures d’éloignement et la séparation d’une famille.
Qui est Guilherme ?
Guilherme Hauka Azanga, Angolais, en France depuis 8 ans, vit et travaille à Lyon. Il a quatre enfants dont trois sont élèves de l’école Gilbert DRU à Lyon 7e. Tous sont nés en France.
Sous le coup d’une OQTF depuis 2009, Guillherme est soutenu par le Réseau Education Sans Frontières ainsi que par les parents et les enseignants de l’école Gilbert Dru qui se sont mobilisés auprès du préfet pour obtenir une régularisation pour vie privée et familiale. Une demande à laquelle l’administration restera sourde. En revanche, elle mettra tout en œuvre pour mettre à exécution « les mesures d’éloignement » !
Récit:
2009 : Refus de la préfecture de lui donner un titre de séjour et délivrance d’une OQTF
18 janvier 2010 : Guilherme Hauka-Azanga est arrêté par la police et placé au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry en raison de sa situation irrégulière. Une semaine plus tard, les parents d’élèves apprennent son arrestation et commencent à se mobiliser.
31 janvier : Guilherme refuse de monter dans l’avion qui l’emmène vers l’Angola. Il passe en comparution immédiate au Tribunal de Grande Instance de Lyon et est condamnée à deux mois de prison ferme.
14 mars : Les parents d’élèves de l’école Gilbert Dru lancent un site internet de soutien.
18 mars : Guilherme est extrait de la prison de Corbas et est conduit à l’aéroport de Francfort. Le pilote refuse de partir avec un passager totalement sous contrainte. Guilherme est rapatrié au centre de rétention de Lyon le soir même. Une nouvelle demande d’asile est faite en rétention. Parallèlement, un comité de soutien s’organise, composé de parents d’élèves et de membres de RESF. Toute la semaine, ils manifestent devant la préfecture.
20 mars : Le juge des libertés décide de sa libération. La préfecture fait appel.
23 mars : Le jugement est rendu par la Cour d’Appel de Lyon et donne raison à la préfecture. Guilherme n’est tenu au courant ni de l’audience, ni de cette décision.
25 mars : Après avoir conduit ses enfants à l’école, Guilherme est arrêté chez lui sous les yeux de sa femme et d’une copine de sa fille âgée de 10 ans. Porte enfoncée, arme de service dégainée, l’arrestation est brutale. Les parents d’élèves tentent de s’interposer. En vain. Guilherme est emmené dans les locaux de la Police aux Frontières puis au Centre de rétention de Saint-Exupéry. Les actions se multiplient du côté des parents d’élèves.
31 mars : Dans un communiqué, le préfecture du Rhône réaffirme l’expulsion de Guilherme. OFPRA refuse sa troisième demande d’asile. Les parents d’élèves commencent à occuper l’école de nuit.
Vendredi 2 avril : Les députés socialistes Pierre-Alain Muet et Jean-Louis Touraine se rendent à l’école pour manifester leur soutien à la famille. Plusieurs manifestations sont organisées les jours suivants place des Terreaux.
Dimanche 4 avril : Le juge des libertés décide une nouvelle fois de la remise en liberté de Guilherme. Le procureur fait appel de la décision. Guilherme reste au Centre de Rétention de St-Exupéry.
Mardi 6 avril : La Cour d’appel de Lyon donne raison au procureur et donne à la préfecture jusqu’au vendredi 9 avril, 11 heures, pour expulser Guilherme. Les parents d’élèves manifestent sur la place des Terreaux et une petite délégation est reçue par le chef de cabinet du préfet.
Mercredi 7 avril : Guilherme est extrait du centre de rétention le soir même pour être conduit à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Le pilote du vol Air France pour Luanda refuse d’embarquer Guilherme « entravé ».
Jeudi 8 avril
5 heures du matin : Guilherme intègre le centre de rétention administrative (CRA) de Bobigny vers 4 heures du matin après une garde à vue.
Début d’après-midi : Il est de nouveau extrait du CRA de Bobigny et conduit à l’aéroport du Bourget pour prendre, selon lui, dans un avion militaire (selon Guilherme et RESF).
16 h 30 : Les parents d’élèves organisent une conférence de presse au local de la FCPE en présence de personnalités comme l’ancien secrétaire général de la FSU Gérard Aschiéri, des cinéastes Laurent Cantet et Christophe Ruggia. Le comité lance un appel aux pilotes de Lisbonne et Francfort pour qu’ils refusent de l’embarquer.
Dans la soirée : Le Portugal refuse le survol de son territoire, l’avion contenant le père angolais fait demi-tour, au bout de 50 minutes (selon Guilherme et RESF).
Vers 21 heures : La préfecture du Rhône annonce la libération de Guilherme face à l’impossibilité de l’expulser dans les trois jours impartis.
A propos de Guilherme : http://www.gmain.fr
Pour tout renseignement relatif à l’exposition : 04 78 72 18 40
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| En Images | | Publié par : Bertrand Gaudillere 26/04/2010 |
Le 23 avril, toute la Catalogne fête la San Jordi (St Georges) qui n’est pas sans rappeler notre St Valentin. Ce jour-là, les hommes offrent une rose à leur amoureuse, tandis que ces dernières offrent en retour un livre.
Une tradition catalane qui commémore également la disparition de Cervantès et de Shakespeare tous deux morts le 23 avril 1616.
Depuis 1995 l’UNESCO a fait de cette journée la journée mondiale du livre et du droit d’auteur.
A cette occasion les rues de Barcelone sont investies par les vendeurs de roses et les libraires qui voient défiler la foule en rangs serrés…
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| RESF | | Publié par : Bertrand Gaudillere 29/03/2010 |
Guilherme Hauka Azanga, Angolais, en France depuis 8 ans, vit et travaille à Lyon. Il a quatre enfants dont trois sont élèves de l’école Gilbert DRU à Lyon 7e. Tous sont nés en France.
Sous le coup d’une OQTF depuis 2009, Guillherme est soutenu par le Réseau Education Sans Frontières ainsi que par les parents et les enseignants de l’école Gilbert Dru qui se sont mobilisés auprès du préfet pour obtenir une régularisation pour vie privée et familiale. Une demande à laquelle l’administration restera sourde. En revanche, elle mettra tout en œuvre pour mettre à exécution « les mesures d’éloignements » !
Récit:
- 2009 : Refus de la préfecture de lui donner un titre de séjour et délivrance d’une OQTF
- 30 janvier 2010 après un séjour au CRA St Exupery, tentative d’expulsion, Guilherme refuse d’abandonner sa famille, il refuse l’embarquement.
- Février 2010 : Condamnation à deux mois de prison pour refus d’embarquement.
- 18 mars 2010 sortie de prison et nouvelle tentative d’expulsion via Francfort. A Francfort, le pilote refuse de partir avec un passager sous contrainte. Rapatriement en France par la police, Guilherme est enfermé au CRA de Lyon St Exupéry.
- 20 mars 2010, le juge des libertés libère Guilherme. A l’issue des 4 heures habituellement réglementaires, l’avocat n’a pas connaissance d’un appel de la préfecture. Parce que c’est le week-end, la préfecture a la possibilité de le faire dans un délai plus large.
Guilherme retrouve Florence et les enfants.
- 23 mars 2010 la préfecture de LYON, en toute discrétion, fait appel de la décision du JLD, la décision de libération est cassée. Guilherme n’a pas été prévenu, le jugement s’est fait sans lui.
- 25 mars 2010, grand déploiement de police vers 8 h 30. Après avoir cassé la porte de l’appartement familial, la police a embarqué Guilherme.
Guilherme est actuellement à nouveau enfermé au CRA de Lyon Saint Exupéry. Une demande d’asile est en cours.
C’est pour Guillherme et tous les autres dans la même situation que samedi 27 mars 2010 RESF organisait une marche de soutien, à la tête de laquelle, digne et émouvante, se tenait Florence la compagne de Guillherme.
Quelques images, pour elle, pour lui, pour Nazim, Khadija, Arthur et Nouney, Sergey, Allae Edinne, Yves… et tous les autres !
Pour plus d’infos :
http://hauka-hazanga.tumblr.com/
http://www.educationsansfrontieres.org/article25824.html
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| infos | | Publié par : Bertrand Gaudillere 03/03/2010 |
Le 5 septembre dernier lors de l’université d’été de l’UMP, Brice Hortefeux « dérapait » en faisant une mauvaise plaisanterie sur l’origine immigrée d’un jeune militant UMP.
« il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes »
Il se défendra quelques jours plus tard d’avoir tenu des propos racistes, dans un communiqué ou il dénonce une vaine et ridicule tentative de polémique.
Benoît Hamon pour le P.S. qualifiera ces propos de honteux et inqualifiables, tandis que les verts dénonceront l’expression d’un racisme banal bête et méchant.
La rhétorique habituelle, qui alimentera le non débat médiatique mais ne prêtera à aucune conséquences !
Pour Nadir Dendoune et Nadia Lamarkbi, journalistes, et et Peggy Derder, enseignante, c’en est trop. Ils décident de réagir en lançant l’idée d’une journée nationale sans immigrés sur le modèle de l’action menée à Los Angeles en 2006, visant à mettre en avant l’importance économique des sans papiers en leur suggérant de se retirer une journée de la vie économique : autrement dit « par notre absence nous voulons montrer la nécessité de notre présence »
Ce sera le slogan de la journée qui avait lieu le premier mars.2010 à l’initiative du collectif LJSI (La Journée Sans Immigrés) qui compte sur FaceBook plus de 60 000 membres.
Loin des partis politiques et des syndicats, l’initiative se veut citoyenne et engagée, pour dénoncer la stigmatisation d’une population qui doit faire face à une précarisation croissante, et un discours politique caricatural et souvent méprisant à son égard. Identité nationale, quand tu nous tiens !
Et ce n’est pas faire preuve d’angélisme que de dire cela, les exemples sont nombreux, ne serait ce que la récente étude de deux chercheurs du CNRS qui ont démontré qu’un noir avait six fois plus de chance de se faire contrôler qu’un blanc, et un qu’un Maghrébin avait sept à huit fois plus de chance de subir un contrôle.
Le ministre Besson lui-même reconnaissait sur RTL le 9 décembre 2009 que ces contrôles au faciès sont une réalité.
La face immergée de l’iceberg, dont les profondeurs sont insondables, mais qui s’il venait à s’échouer laisserait paraître une réalité bien triste où l’égalité des chances ne serait qu’un slogan suranné et l’intégration une vaste plaisanterie !
Combien de 1er mars faudra t-il avant de voir les choses changées ?
Bertrand Gaudillère
Liens :
Manfiste 24 H sans nous : La journée sans immigrés.
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Excès de zèle anti-grève dans les médias dominants
Quand des ouvriers malmenés en viennent à menacer de bloquer des dépôts de pétrole pour lutter contre la direction de Total (qui ment), les médias y voient un risque de paralysie du pays. Normal, vous êtes au « pays des grèves » où les journalistes sont encore plus convaincants que les ministres et les PDG.
Mardi 23 février. La CGT raccroche. Sur le parvis de la défense, les journalistes jubilent : « Rassurés, dit Charles Foulard, coordinateur CGT de Total, parce que le groupe ne fermera aucune raffinerie d’ici cinq ans »… sauf celle des Flandres, à Dunkerque (59).
Comme d’habitude en matière de luttes sociales, la presse traite le sujet sous l’angle de la probable « prise en otage des Français ». Les méchants salariés de Total contre les bons automobilistes. Les grévistes arc-boutés sur leurs positions irréalistes contre les Français qui ont naturellement besoin d’essence pour aller au travail.
Le même jour, dans le journal de treize heures de France 2, une automobiliste se tortille à la pompe et écoute la question de la journaliste :
« Dîtes madame, vous avez fait des réserves ?
Réponse attendue (et obtenue) :
- Ah ! Ah oui, ah oui, on y pense, s’il n’y a plus d’essence, ça sera difficile, surtout pour le travail. » (France 2, 23/02/10)
J’ai pas noté la phrase exacte, mais ça sonnait comme ça.
Le lendemain, un enchaînement de sous-titres parmi des milliers chaque jour, qui défilent sur le bas de l’écran de la « CNN française » :
- « La grève continue à Dunkerque malgré les concessions de Total » (18h43) (Note 1) ; « sans « projet de substitution » Dunkerque devrait rouvrir (Christian Estrosi) » (18h43) ; « Reprise du travail dans toutes les raffineries sauf à Dunkerque » (18h43) ; « Total doit créer des emplois dans l’énergie à Dunkerque (F.Chérèque) » (18h44) ; « 134 stations Total encore en rupture totale ou partielle des stocks » (18h44) ; « le site de Dunkerque déçu de la fin de la grève sur les autres sites » (18h44, Itélé, 24/02/10). Bel enchaînement, malheureusement interrompu par une mauvaise nouvelle : « L’appel à l’arrêt de la grève n’a pas été entendu partout. »
Alors, quand même, le soir, au journal de France 2, le présentateur, qui s’apprête à recevoir le PDG de Total Christophe de Margerie, ouvre son « sujet » en rassurant la France entière : « Le spectre d’une pénurie d’essence est définitivement éloigné cet après-midi (…) seuls les salariés de la raffinerie de Dunkerque, en haut en rouge (sic), ont décidé de poursuivre le mouvement (…) Mais d’abord, pour mieux comprendre ce conflit qui a failli paralyser la France »… et hop, il lance son reportage.
Retour plateau. Apparait (enfin) le visage poupon du patron de Total. Citons seulement la première phrase du roi pétrolier moustachu : « Je crois quand même qu’il est important de… de recaler les choses. » Le reste est à l’avenant : « Les choses changent (…) Il n’y a pas de manque de pétrole (…) La consommation d’essence baisse en France et c’est très bien » (…) je l’ai dit et redit : il n’y aura pas de licenciement à Dunkerque car les salariés seront repris, reclassés à l’intérieur de la société Total. » Le journaliste ne le questionnera pas sur la délocalisation de Total à Jubail (Arabie Saoudite) où la société la plus rentable du CAC 40 construit avec la société saoudienne Aramco la « méga-raffinerie » du XXIème siècle : 10 milliards d’euros, pour 400 000 tonnes de pétrole raffinées chaque jour à l’horizon 2011. Un oubli, sûrement…
« Pas de licenciement » ? Quid des sous-traitants (600) ? Des quelque 500 entreprises engagées pour le grand arrêt quinquennal ? Des salariés qui ne comprennent pas qu’il est bon pour eux de devenir « mobiles » et de partir de Dunkerque, avec leurs familles, ailleurs, dans un des autres sites du groupe ? Les salariés récalcitrants n’auront qu’à démissionner. Les petites entreprises de la sous-traitance n’auront qu’à se reconvertir. Et si le port de Dunkerque perd un bon quart de son trafic, qu’il se rabatte sur les bananes caribéennes. Nous sommes vraiment mauvaise langue : « On va vraiment s’occuper d’eux, de manière responsable », répète le boss, dont nous n’hésitons pas à vous montrer les scandaleux portraits que lui ont taillé les ouvriers de Dunkerque (Christophe de Margerie en nabab, Christophe de Margerie en Obélix…)
Désormais, les médias, comme les va-t-en-guerre, sont préventifs. Ils anticipent les vrais problèmes des Français : le risque qu’une « minorité » empêche la « majorité » de travailler, de bouger, de créer, de vivre, quoi. Car à chaque conflit social, c’est la même équation : les luttes des ouvriers sont passées au tamis sécuritaire et sociétal : les ouvriers sont-ils dangereux ? Menacent-ils l’intégrité physique du public ? N’empêchent-ils pas les autres de travailler, en bloquant les trains, en annulant des avions, en bloquant les dépôts pétroliers et donc les stations d’essence ? D’ordinaire, ils « grognent », tels des cochons. Cette-fois-ci, ils osent brandir la menace de la pénurie pour peser dans la lutte et convaincre que la délocalisation en Arabie Saoudite est tout aussi pernicieuse pour l’environnement. Alors même que la direction de Total a décidé il y a six mois d’arrêter la production de la raffinerie des Flandres, les pipistrelles du Parti de la Presse et de l’Argent (1) s’indignent : « Les salariés de Dunkerque continuent la grève, malgré les concessions de Total. » (2) On croit rêver. Non, on regarde la télé.
Dans les cinq raffineries Total, le lendemain de la réunion de capitulation de la Défense, la majorité des salariés de Total a gentiment repris le travail. Evidemment, restent les « irréductibles dunkerquois », qui persistent dans la grève, alors que la direction a, le jour-même à son siège de la Défense, assuré qu’il n’y aurait « pas d’autre fermeture dans les cinq ans ». Excès de zèle anti-grève des médias dominants, encore une fois. Comme pour les cheminots contre les usagers de la SNCF, les contrôleurs du ciel contre les clients des sociétés aériennes, les dockers et les marins contre les voyageurs et le canapé Made in China de Béatrice, les enseignants contre les mères de famille… En réalité, que les ouvriers de Dunkerque cessent ou non leur « grève », leur raffinerie est en « arrêt conjoncturel » depuis septembre 2009.
C’est précisément pour la redémarrage de la raffinerie des Flandres que les ouvriers dunkerquois sont mobilisés. Les ouvriers, car les cadres, eux, trop occupés à lire les pages « Voyages » du Figaro (3), ne font pas grève à Dunkerque : le groupe les a déjà, pour la plupart, placés dans d’autres sites du groupe, en France ou à l’étranger.
Ce qui intéresse la presse, ce n’est pas la capacité des ouvriers à faire plier un groupe comme Total, qui a d’ores et déjà annoncé la fermeture de la plus récente raffinerie française (1974). Ce n’est pas non plus les divergences de vue entre l’Elysée, Matignon et le ministère de l’Industrie. Ce n’est pas non plus le sort du raffinage en France et les délocalisations menées par l’héritier d’Elf-Aquitaine en Arabie Saoudite ou aux Etats-Unis. Ni les conséquences, pour le port de Dunkerque, de voir 25 % de son trafic s’évaporer. Mais ce sont… « les risques de pénurie de carburants ». Les ouvriers sont louables, du moment que leur lutte n’ait aucune conséquence hors du périmètre de leur entreprise. Vous avez dit « fabrique du consentement » ?
Julien Brygo
1. La pipistrelle est une espèce de chauve-souris très présente en France. Elle mesure entre 1 et 3 centimètres, sans la queue, pèse entre 3 et 8 grammes et se hisse souvent au-dessus des lampadaires ou dans les parties retirées des habitations. Le Parti de la presse et de l’argent (PPA) est une appellation forgée au sein de la Sardonie Libre, royaume créé par les sardons du journal Pour Lire Pas Lu (PLPL), devenu Le Plan B. Il désigne les médias commerciaux dirigés par des empereurs industriels, lesquels ont souvent les faveurs des décideurs politico-économiques (Le bétonneur Bouygues pour TF1-LCI, le milliardaire amateur d’art Pinault pour Le Point, le roi des ports africains Bolloré pour les gratuits DirectSoir, MatinPlus et la chaîne Direct 8, le banquier Rothschild pour la gazette des urologues postmodernes – encore nommée Libération -, Bernard Arnault pour Les Echos, Lagardère pour Le Monde, que les Sardons appellent haineusement le Quotidien vespéral des marchés…). Leur but (éditorialistes, économistes, journalistes, spécialistes…) est de hisser l’information au rang des biens commercialisés dans les rayonnages des magasins (les chaussettes, la mousse à raser, les conserves à réchauffer…). Sur ce sujet, consulter la carte du PPA, établie en 2006 par Le Plan B ou les articles du site de critique des médias Acrimed.
2. Itélé, 24.02.10. Des « Concessions » ? Une « table ronde pour l’emploi ». Question réunions inutiles, on ne fait pas mieux. Et aussi : « L’assurance d’un grand projet énergétique à Dunkerque » (Christian Estrosi, ministre de l’Industrie). Comprendre : la participation de Total au projet de terminal méthanier de Dunkerque, dont EDF a remporté l’appel d’offres il y a maintenant un an. Quid du nombre d’emplois créés par ce chantier pharaonique qui va souiller une zone d’espèces protégées et une plage à laquelle les Dunkerquois sont très attachés ? 50 à 150 ! Soit 10 à 15 fois moins de travailleurs que dans la raffinerie.
3. C’est dans le quotidien de Serge Dassault que Total a testé la réaction syndicale à une fermeture définitive de la raffinerie des Flandres. Le 12 janvier, Le Figaro publie cette brève : « Raffinage : Total prêt à fermer Dunkerque. » La nouvelle est aussitôt reprise par l’AFP et donc dans les radios et les journaux. Trois semaines plus tard, rebelotte, dans Les Echos cette fois-ci.
(Images prises à Dunkerque, sur le site de la raffinerie des Flandres et en face de la Communauté urbaine de Dunkerque, où les salariés du site et Marcel Croquefer, délégué CGT du Pôle Chimie, ont mené une action fin janvier)
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