| infos | | Publié par : Bertrand Gaudillere 13/01/2010 |
« Les chiffres ont un visage », le travail de Bertrand Gaudillère sera exposé du 18 au 21 janvier 2010 à l’institut des sciences politiques de Lyon dans le cadre de la semaine : « un autre regard sur l’immigration »
Une semaine de débats, conférences, projections, tables rondes, organisée par le CRRASS (Comité Critique de Réflexion et d’Actions Sociales et Solidaires )
Mardi 19 janvier 2010 : Histoire de l’immigration
9H – 12 H : Immigration, art et engagement.
Exposition « Les chiffres ont un visage » de Bertrand Gaudillère
Projection du film « En suspension » de Oldrich Navratil.
Projection du film « Mon premier jour en France » de Farid Haoud
Débat en présence des réalisateurs et du photographe.
L’intégralité du programme sur : http://ccrass.hautetfort.com
Sciences Po Lyon, rue Charles Appleton 69007 Lyon
Arrêt Tram T2 Centre Berthelot – Métro Jean Macé
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| En Images | | Publié par : Julien Brygo 08/12/2009 |
(Légendes en bas de page)
Plus de 3000 journalistes accrédités. Une opération spéciale « Radio France fait le mur », en direct pendant 24 heures depuis Berlin. Des hordes de policiers, de cameramen et de touristes, drapés des couleurs de l’Europe et célébrant la «chute du communisme»… Bienvenue à Berlin, où, le 9 novembre dernier, furent fêtés les vingt ans de la chute du mur de Berlin.
Comédiens jouant les soldats alliés à Check-Point Charlie ; douaniers soviétiques à la porte de Brandenburg, miradors placés à côté des anciens poste-frontière de la Bernauerstrasse, morceaux de polystyrène bon marché sponsorisés par la Lufthansa, EasyJet, Allianz (
…) et placés en rang d’oignon à partir de la Potsdamer Platz pour être symboliquement renversés ; décorations dans le métro (mini-portes de Brandebourg) ; montgolfières barrées du journal « politique » du groupe Springer ; dispositif policier impeccable… À Berlin, la mise en scène de la «chute du communisme» et de victoire de la «liberté» était parfaite.
Moi aussi, j’avais envie de fêter le capitalisme, fêter la démocratie, fêter la fin de la Stasi.
Je suis allé à Berlin, avec ma boite à images. J’ai rencontré des travailleurs à 1,50 euros, des chômeurs dans le lot de 17% de Berlinois sans emploi, des quartiers populaires en voie de gentrification par la grâce des artistes et des agents des Job Center berlinois. Autour de la porte de Brandebourg, j’ai vu des touristes, des Allemands de l’Ouest, propres sur eux, des Français, regardant bouche grande ouverte des plaques de polystyrène tomber symboliquement. J’ai vu des gens qui ont connu le communisme et qui sont repartis de ce cirque en claquant la porte. Celle des débats de Radio-France, la radio aux 14 millions d’auditeurs qui convoquait, une fois n’est pas coutume, des philosophes (BHL), des géopoliticiens d’épouvante (Bernard Guetta), des chiens-truffiers (Nicolas Demorand), des politiques aussi. Peu d’Allemands. Beaucoup de Français. Un regret : l’absence d’Alain Finkielkraut, trop occupé à commenter les polémiques franco-francaises. On ne peut pas être partout.
Avec leurs mots à eux, les commentateurs et leurs invités dépêchés sur place disent le bonheur dans lequel nage l’Europe depuis la « chute du communisme » :
- « Quand j’entends qu’aujourd’hui, fêter la chute du mur ce serait fêter le capitalisme, ce serait fêter la pensée unique, je crois qu’on est déjà en train de vivre un contre-coup de propagande et un petit reste de révisionnisme qui va sûrement se développer dans les années à venir, et on y reviendra…» » (Caroline Fourest, chroniqueuse au Monde et à France Culture, Radio-France, 9.11.09)
- « Moi je ne sais pas où ils sont d’ailleurs, les « ultralibéraux » » (Alain Gerard Slama, éditorialiste, Le Figaro, Radio-France, 9.11.09)
- « L’Allemagne de l’est, c’était l’antichambre de la mort » (BHL, Radio France, 9.11.09)
- « Radio France se mobilise depuis Berlin, pour fêter 20 ans de liberté » (jingles de Radio France)
- « À l’époque [du départ des troupes d'occupation de Berlin-Ouest], moi je me suis quand même pris dans le métro un « Franzosen Raus », les Français dehors, que je n’ai pas trouvé de très bon aloi. Et ces troupes qui partaient, dans l’esprit de certains, je pense que c’était un peu une histoire qui remettait les compteurs à zéro et, euh, toutes les bouffées nationalistes qu’il y a ici ou en France ne sont jamais bonnes. » (Jean-Yves Cendrey, écrivain, France Info, 6.11.09).
- « Des militants anticapitalistes (…) un discours très rôdé (…), ici une très petite minorité, les Ostalgiques comme on les appelle, regrettent la RDA » (Marina Bertsch, journaliste à France 24, 8.11.09)
- « Wir sind Brüher, wir sind Berlin ! » (« Nous sommes du bouillon, nous sommes Berlin ! ») (Nicolas Sarkozy, 9.11.09)
Les commentateurs ont commenté.
Et puis j’ai rencontré des habitants de Berlin. Avec leurs mots à eux, ils m’expliquent cette liberté dont ils auraient hérité :
- « La chute du mur, oui, c’était il y a vingt ans. » (Dietter, 60 ans, ouvrier du bâtiment né à Berlin est)
- « Il faut voir comment on se gavait. On avait logements de fonctions, magasins à prix préférentiels, soins, piscine, école franco-allemande, transports gratuits
en plus des salaires versés par l’armée, bien sûr. Chacun vivait entre nationalités dans sa petite cité. Moi c’était Foch. On pouvait aller à l’est quand on voulait. Il suffisait d’aller en faire la demande et ça prenait une semaine. C’est tout. Franchement, ça ne m’étonne pas que les Allemands en avaient assez des occupants. » (Virginie, fille d’adjudent-chef Nantais en poste à Berlin-Ouest de 1984 à 1989. Elle vit aujourd’hui dans la capitale allemande)
- « À Berlin, ils ont tout fait pour rejouer la dramaturgie communiste. De toute façons, c’est toujours l’Ouest qui donne sa version. L’Est n’a jamais sa voix au chapitre » (John, un photographe de l’AFP qui fait le mur devant l’hôtel Westin pour que des touristes viennent casser un bout du mur, pour 18 € avec curry-wurst et champagne inclus).
- « Le contrôle des pauvres et des chômeurs est quelque-part une dictature, puisque pour pouvoir continuer à toucher les allocations, les chômeurs comme nous doivent accepter des boulots payés 1,50 € de l’heure. On ne choisit pas ce système, on tombe dedans, c’est tout. » (Marion, balayeuse du cimetière Saint Thomas à 1,50 € de l’heure, dans le quartier de Neukölln, dans le sud-est de Berlin)
- « À l’époque, à l’est, il y avait des usines de papier, et bien d’autres fabriques encore. Tout ça est fini. Kaput! On avait aussi un sens du collectif, même si on était surveillés : on était tous logés à la même enseigne et ce qui appartenait aux uns appartenait à tous ! On vivait. Aujourd’hui, toute ma famille est au chômage, on leur impose des jobs à 1 euro de l’heure et à part ça il parait qu’on va tous faire la fête le 9 novembre ! Pas nous! » (Dietter et Tommy, 45 et 60 ans, ouvriers du bâtiment et Berlinois de l’est).
- « La liberté acquise en 89 est celle de la concurrence et du marché. Le capitalisme ne fonctionne que s’il n’a pas de point de stabilité. Il faut le renverser comme le mur l’a été. » («Marlies Sommer», porte-parole de Ums Ganze, alliance de groupes « anticapitalistes », seuls à manifester à Berlin contre la « fausse liberté » acquise et la « fin de l’histoire ». C’était le 7 novembre dans le « mite » berlinois. Résultat : Des dizaines de policiers anti-émeutes et une arrestation).*
Julien Brygo
* D’autres pépites à lire dans Le Plan B n° 21, décembre 2009
Légendes
1. 8 novembre 2009. Alexanderplatz (Berlin-est).
2. Novembre 1989. Photographie exposée à Alexanderplatz et retraçant le dispositif médiatique qui a suivi la chute du mur.
3. 9 novembre 2009. La foule est massée autour de la Porte de Brandebourg pour écouter les discours des chefs d’État.
4. Carrefour à proximité de la porte de Brandebourg, point d’orgue du « Mauerfallfest ».
5. Des reporters allemands, abrités sous un parapluie aux couleurs de l’Union européenne, se servent des phares d’une voiture de police pour filmer la foule.
6. Étudiants jouant aux faux-soldats alliés pour 1 € la photo. Journalistes et touristes raffolent.
7. Locaux de la télévision allemande ZDF (Berlin-Est), un des deux studios d’enregistrement de l’opération « Radio-France fait le mur »
8. Image extraite de l’exposition sur la chute du mur à Alexanderplatz.
9. Check-Point Charlie. Comédien sous un portrait de « Charlie », héros des alliés.
10. Jean-Marie Colombani (dit Ramina), ancien héros du journal Le Monde, aujourd’hui rédacteur de rapports pour Sarkozy. Il était un des invités du « grand débat » d’Ali Baddou.
11. Jean-Luc Hees, président de Radio-France et père de l’opération berlinoise.
12. 8 novembre 2009. « Baiser de la mort », entre Honecker, dernier président de RDA et Gorbatchev, denier président d’URSS.
13. Marx, Engels et les touristes, venus immortaliser les icônes du communisme.
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| En Images | | Publié par : Marc Bonneville 25/11/2009 |
C’est l’automne depuis trop longtemps déjà, à Moscou. Froid, gris, mouillé. Comme d’habitude. Loin de Sarcelles.
Quel rapport?
Xavier Zimbardo.
Citoyen de Sarcelles, de passage à Moscou, où il revient régulièrement, travaillant à son prochain livre. L’occasion de paraître, dans les murs de « l’Akadémie de Photographie Classique » et de présenter son travail de photographe, parler de la couleur, du mouvement, de politique, des femmes, de manger un sandwich avec une bière, d’exécuter quelques pas de danse. Un mélange d’éclectismes interactifs, dont l’une des conséquences serait la preuve de correspondances entre l’Inde de Holi et les night-clubs moscovites?
Xavier Zimbardo est membre de l’agence RAPHO, membre et administrateur de l’UPC, directeur de Photsoc, festival de photographie sociale à Sarcelles et, auteur de nombreux ouvrages monographiques
images : Xavier Zimbardo, Alex ManKo
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| En Images | | Publié par : Marc Bonneville 22/10/2009 |
Un clin d’œil au post de Bertrand Gaudillère du mois de février sur l’éducation à l’image. Loin de Painlevé, l’école maternelle 161 à Moscou, et l’exercice revisité à l’ère du tout numérique, de la photo de classe.
En images.
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| infos | | Publié par : Bertrand Gaudillere 13/10/2009 |
Les photojournalistes avaient un coup d’avance ! Tandis qu’on ne parlait pas encore de LA CRISE, leur profession connaissait déjà la sienne depuis des années… du moins dans le discours !
Ce n’est pas le photojournalisme qui est en crise, c’est la presse qui ne fait pas son boulot ! n’a de cesse de marteler Jean François Leroy (directeur du festival Visa pour l’image) à longueur d’interviews, et de donner la preuve par l’exemple, en montrant chaque année depuis vingt et une éditions, la production de ceux et celles qui vont chercher l’information pour la donner à voir. Mais combien d’histoires racontées sur les murs de Visa trouveront de la place dans les magazines ? Peu ! Trop peu !
Les enjeux de l’information ne sont pas dans sa production, qui se porte bien, mais dans sa diffusion.
C’est entre autres choses ce qu’ont pu entendre les scolaires venus à Perpignan lors de la troisième semaine du festival, consacrée à l’éducation à l’image en partenariat avec le Clemi. Une semaine accessible gratuitement, qui a vu cette année défiler plus de deux cents classes venues de la région voir les expositions et rencontrer des professionnels, afin qu’ils répondent à leurs questions. Et elles étaient nombreuses. À l’exception de quelques groupes mal encadrés et peu préparés à la confrontation avec ce type d’écriture, tous montraient un vrai intérêt à l’égard de ce qu’ils venaient de voir et témoignaient d’une vraie curiosité pour le métier de photojournaliste. Ils sont dynamiques, curieux, avides. Ils veulent savoir. Quoi ? Ils ne le savent pas toujours très bien, ils ne sont pas toujours très clairs, leurs questions en cachent d’autres, mais ils s’expriment. Les images qu’ils ont vu ici ne les ont pas laissés indifférents. Choquantes pour certains, magnifiques pour d’autres, violentes, tristes… une cohorte d’adjectifs pour qualifier ce qu’ils ne comprennent pas toujours.
C’est quoi être photographe ? Pourquoi fait-on ce métier ? Pourquoi montrer tout cela ? Qu’est ce qui nous pousse un jour à s’emparer d’un boîtier pour faire des images ? Pense-t-on que nos images peuvent changer le monde ?
À défaut de changer la face du monde, elles peuvent à tout le moins y participer. Faire avancer les choses par petites touches. Un exemple ? Le premier qui me vient concerne le travail de Jane Evelyn Atwood dans un centre pénitencier américain. Une jeune femme accouche menottée les pieds pris dans des entraves. À la publication, l’opinion publique s’émeut et la mobilisation finit par faire fléchir le sénateur qui change la loi pour interdire que soit possible ce mauvais traitement lors d’un accouchement !
Et puis il y a les images icônes, celle de Nick Ut notamment, qui a œuvré à faire basculer l’opinion publique américaine contre la guerre au Vietnam.
De là on rebondit sur les photographes « embedded », et le contrôle des images, la liberté de la presse, la hiérarchisation de l’information, et les people… Ce n’est pas de la presse leur affirme Jean François Leroy. Ils sont surpris par la franchise du propos, plus habitués au discours consensuel de rigueur. Surpris aussi d’apprendre de sa bouche que les photographes ne sont pas riches, du moins ceux qui font du reportage, et plus encore de savoir que la plupart du temps c’est de leur poche qu’ils financent leurs sujets.
L’honnêteté des photographes n’est pas à remettre en cause. Leurs images sont subjectives, elles affichent un point de vue, un parti pris, mais ne trichent pas avec la réalité. Ils rapportent de l’information. Ils sont au service de cette dernière. C’est ce que leur expliquera Peter de Jong avec des mots d’une justesse incroyable pour décrire et faire ressentir son métier. Il met à profit ses vingt années d’expérience chez Associated Press pour ébranler l’image du « héro photographe ».
Autre image mise à mal, par Miquel Dewever-Plana, celle du « charognard » qui fait de la misère un gagne pain. À travers l’honnêteté de son travail, il aura su leur faire comprendre l’impérieuse nécessité de ne jamais décontextualiser un sujet, mais d’en démonter les causes et les conséquences loin de toute recherche du sensationnalisme.
Est-ce que tout est montrable pour autant ? La question reviendra souvent, avec toujours cette même réponse : oui si les images ne sont pas gratuites, si elles nourrissent l’histoire et alimentent la réflexion. Car il faut réfléchir devant des images. Les comprendre, les analyser, les décrypter, en connaître la source… Ne pas rester passif face à l’information, c’est là tout l’enjeu de l’éducation à l’image.
Intervenants 2009 :
Peter De Jong / A.P.
Miquel Dewever-Plana / Vu
Jean François Leroy / Visa pour l’image
Fredéric Joli / Porte parole du C.I.C.R.
Sirine Manai / Chargée de Mission au C.I.C.R.
Franck Boutonnet / item
Bertrand Gaudillère / item
Reportage :
Sud Radio
Interview : Vincent Péchaire
Réalisation : Thomas Armengaud
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| infos | | Publié par : Bertrand Gaudillere 25/09/2009 |
Finalement l’exposition « les chiffres ont un visage » sera bien visible jusqu’au 17 octobre à la bibliothèque du 4eme arrondissement de Lyon comme prévu.
Après avoir fermée ses portes 24 h suite à des pressions exercées par les jeunesses identitaires de Lyon, s’offusquant de voir une institution publique faire la promotion de « délinquants», elle a rouvert ses portes et accueillie le vernissage après une intervention de monsieur Bazin directeur des bibliothèques de Lyon expliquant la position de l’institution publique et de son devoir de pluralisme. « Je ne veux pas que la bibliothèque municipale soit perçue comme un lieu de militance » (…) « Je n’ai rien contre les sans-papiers, ni contre ceux qui les défendent, mais je crois que nous devons, dans notre mission de service public, être soucieux d’un certain équilibre ».
Madame Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement a également pris la parole pour rappeler que le pluralisme ne pouvait exister que si des institutions justement se faisaient le relais de propos qui ne trouvaient plus guère le droit de citer ailleurs… « Il est faux de dire qu’il y a une pluralité aujourd’hui dans notre pays : « Oui, M. Bazin, vous êtes dans votre rôle quand vous accueillez cette manifestation. Au fronton de l’école de la République, il y a le mot fraternité. Il faut se battre contre une certaine neutralité bienveillante et ces discours uniformes. Il existe une autre façon de voir le monde « .
Merci à elle pour cette si juste intervention.
Merci également aux journalistes qui ont relayé l’information suite au communiqué de presse, et sans qui l’expo serait probablement fermée à cette heure.
Merci aux photographes pour leur témoignage de soutien.
Merci à tous ceux qui étaient présents au vernissage pour défendre l’information, et le droit.
Merci également à cet universitaire lyonnais maître de conférence qui m’a assuré de tout son soutien, et qui finissait son courrier sur ces mots :
Contre la résignation, contre le danger des retours à la barbarie, contre le désenchantement, contre la démission face aux responsabilités que nous avons à l’égard des générations futures, nous avons un devoir d’indiscipline.
L’indiscipline, c’est la nécessaire contestation de l’état du monde tel qu’il se présente.
C’est la vigilance quotidienne au moment d’exercer des choix, dans tous les contextes où nous pouvons agir.
Dans nos cadres professionnels en particulier, car c’est là où il est le plus difficile de résister aux pressions, à la bureaucratie, à l’apathie intellectuelle, au conformisme.
Articles de presse :
L’extrême-droite fait vaciller à Lyon une expo sur des sans-papiers
Une exposition qui dérange
Une expo sur les sans papiers censuré pendant 24 H
Les expositions à réactions variables
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| infos | | Publié par : Bertrand Gaudillere 23/09/2009 |
Censure à Lyon ?
L’exposition photo « les chiffres ont un visage » de Bertrand Gaudillère traite de la question des sans papiers en France.
Depuis le 12 septembre, elle était visible à la bibliothèque du 4eme arrondissement de Lyon.
Aujourd’hui, elle est fermée au public, sur décision de la direction de l’établissement.
De fait, le vernissage prévu pour le jeudi 24 septembre a été annulé, ainsi que la rencontre / débat avec les intervenants, et la projection du film d’Oldrich Navratil : « en suspension », traitant du même thème, qui devait avoir lieu ce même jour.
Raison invoquée : Un travail trop militant !
Cette décision reste incompréhensible étant donné que cet événement a été organisé à la demande de la bibliothèque et validé par la direction en juillet 2009 qui en a assuré la communication par le biais du magazine TOPO (le magazine des bibliothèques de Lyon), sous le titre « Une rentrée avec ou sans papier ». (voir ci dessous et en image)
La direction n’a pas éprouvé le besoin de prévenir le photographe, le réalisateur et les intervenants, laissant cette tâche au personnel de bibliothèque sans plus d’explication.
Le directeur des bibliothèques municipales Mr Bazin sera présent à 19h ce jeudi 24 septembre à la bibliothèque du 4ème pour justifier cette décision. Le photographe, le réalisateur, les intervenants, et le public non averti seront également présents pour entendre ses arguments.
Peut-être expliquera-t-il dans le même temps pourquoi une projection autour de la question des couples mixtes avec l’association « les amoureux au ban public » a failli être annulée ce même jour à la médiathèque du 8ème arrondissement.
Contacts :
Bertrand Gaudillère : 06
Oldrich Navratil : 06
Claire Deverine : 06
Camille Salmon : 06
http://www.bm-lyon.fr/actualites/topo.htm
La rentrée, avec ou sans papier ?
LES CHIFFRES ONT UN VISAGE
EXPOSITION/ DU15 SEPTEMBREAU17 OCTOBRE
Exposition de photographies de Bertrand Gaudillère du collectif item
En 2008 le gouvernement français procède à 29 796 ex-
pulsions de sans-papiers. Derrière ce chiffre, froid et
anonyme, il y a des gens. On parle de dossiers, de situa-
tions administratives, de procédures, de textes de lois…
jamais de personnes, de parcours, de familles ou de vies.
EN SUSPENSION
PROJECTION/ JEUDI24 SEPTEMBREÀ19H
Projection du film d’Oldrih Navratil, 26 min, en présence
du réalisateur.
Fuyant le conflit serbe, la famille Jakupi est arrivée en
France il y a maintenant huit ans. Huit années de dé-
marches administratives pour tenter de régulariser leur
situation et avoir le droit de travailler. Mais c’est aussi
une vie de famille riche et de nombreuses amitiés liées
au sein de leur quartier. Ce film raconte les raisons de
leur venue en France, la douleur d’un retour impossible
dans leur pays d’origine, ainsi que la vie de tous les jours.
AVEC OU SANS PAPIER ?
TABLE RONDE/ JEUDI24 SEPTEMBREÀ19H30
avec Claire Deverine,juriste au sein de l’association
Les Amoureux au Ban Public, Camille Salmon,de Ré-
seau Éducation Sans Frontière, Mouna Zeghloui, étu-
diante sans papier, Arcen Kholiyan, père de famille
sans papier.
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| infos | | Publié par : Bertrand Gaudillere 21/09/2009 |
En 2003, suite à l’ouverture d’un espace « collectifs » à Visa pour l’image, naissait un projet de magazine regroupant les structures présentes sur l’évènement. Durant les trois premières années, c’est le collectif item qui orchestre la publication, puis c’est au tour du collectif Argos de gérer le projet les deux éditions suivantes.
A l’issue de ces cinq années naîtra une maison d’édition : Photographie et compagnie qui transforme l’essai en lançant une revue annuelle bénéficiant d’un vrai réseau de distribution.
Nous vous invitons à découvrir Zmâla, en vente dans toutes les bonnes librairies.
Vous êtes également conviés à son lancement le 28 septembre prochain à la Maison Européenne de la Photographie à Paris.
Présentation :
S’organiser est plus que jamais nécessaire. Les photographes des collectifs le savent mieux que quiconque, eux qui chaque jour cherchent des stratégies de résistance pour continuer à exercer leur passion malgré un contexte économique difficile (comme le souligne la mise en redressement judiciaire de l’agence Gamma). Structures à géométrie variable – association, coopérative, société –, les collectifs permettent aux photographes d’être indépendants sans être seuls. Véritables laboratoires de la photographie contemporaine, en France comme dans de nombreux pays, ils explorent de nouvelles voies.
Parce que la curiosité est le plus beau des défauts, les photographes risquent leur vie et leurs finances à courir le monde à la recherche d’histoires à voir, à vivre et à raconter. Des histoires en images à publier dans les journaux ou sur le Web. Des photos à accrocher aux murs ou à projeter sur les écrans. Des photos à partager pour s’interroger et questionner le monde.
Avec In Public, aux États-Unis, vous revisiterez la Street Photography sous la plume avisée de Gilles Mora. Avec Sha-dô, au Japon, vous cheminerez entre poésie et reportage. Avec Est & Ost, vous explorerez le travail d’Andrei Pandele sur la Roumanie d’avant la chute du Mur.
Vous découvrirez aussi des reportages à Rio, à Madagascar et en Inde, des portraits en Afrique, des paysages au Pérou… Des retours sur des lieux déjà photographiés à Bucarest ou en Lorraine, véritables droits de suite qui permettent de voir et de comprendre. À chaque fois, il s’agit de véritables engagements photographiques, comme ce travail sur les militants du Réseau éducation sans frontières, en France. Parce que la résistance est plus que jamais d’actualité.
Collectifs présentés :
En France : Argos, Dolce Vita, item, Le bar Floréal, Le Carton, Libre Arbitre, Myop, Odessa, Riva Press, Signatures, Tendance Floue, Temps Machine, Transit.
À l’étranger : Active Stills (Israël), Documentography (Angleterre), Est&Ost (Hongrie et France), In-Public (États-Unis, Angleterre, Inde), Kameraphoto (Portugal), N+3 (Québec), ParisBerlin>Fotogroup (Allemagne et France), Ruido (Espagne), Sha-dô (Japon), Stigmat Photo (Québec), Sub (Argentine), Supay Fotos (Pérou), Terra Project (Italie).
Prix 19 €
160 pages couleurs, format 20 x 27 cm
bilingue français-anglais, publication annuelle
L’équipe :
Directrice de publication > Céline Pévrier
Rédacteur en chef > Éric Karsenty
Directeur artistique > Nicolas Pruvost
Iconographes > Isabelle Tirant
Secrétariat de rédaction > Carole Coen et Éric Karsenty
Photographe > Guillaume Collanges
Traductions anglais à français > Carole Coen
Traductions françaisà anglais > Sally Jukes
Contact :
zmalaphoto@gmail.com
Photographie & Compagnie est une maison d’édition indépendante dont l’objet est de promouvoir la photographie sous toutes ses formes. Zmâla est sa première réalisation. Photographieetcompagnie@gmail.com
Diffusion
Le comptoir des indépendants
Publié avec le concours de la région Ile-de-France
Zmâla a été imprimée sur les presses de l’imprimerie Edips, à Quétigny
(c) Photos : 1 : Christophe Agou / in public, 2 : Matt Stuart, 3 à 7 : Bertrand Gaudillère / item, 8 : Flore Aël Surun / Tendance Floue, 9 et 10 : Bar floréal.
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| infos | | Publié par : Bertrand Gaudillere 11/09/2009 |
« Les chiffres ont un visage »
Le travail de Bertrand Gaudillère « Les chiffres ont un visage » sera exposé :
à Lyon du 15 septembre au 15 octobre à la bibliothèque du 4ème
à Tarare du 17 octobre au 7 novembre à la médiathèque
LYON :
Vernissage le 24 septembre à partir de 18 h 30.
Le vernissage sera accompagné d’une table ronde en présence de Claire Deverine juriste au sein de l’association Les Amoureux au Ban Public, de Camille Salmon, militante du Réseau Education Sans Frontières, de Mouna Zeghloui, étudiante, et de Arcen Kholiyan, père de famille sans papiers.
La table ronde sera suivie de la projection du film « En suspension » (en présence du réalisateur.)
Un film de Oldrich Navratil racontant l’histoire de la famille Jakupi arrivée en France il y a huit ans, et toujours sans papiers…
TARARE :
Vernissage le 20 octobre à partir de 18 h.
Rencontre autour du métier de photojournaliste le 3 novembre en présence du photographe.
Plus d’informations
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| En Images | | Publié par : Marc Bonneville 01/09/2009 |
Forbes. Dans la lignée du Gardian. Dans une logique très anglo-saxone. Oui, mais loin des WASP, ici en Russie. Sur le marché depuis plus de 5 ans. Dans le soucis de permettre aux photographes qui travaillent pour le magazine de surmonter la crise, il lance un nouveau bisesness plan.
Les contrats ont tous été revus à la hausse. Si il y a peu, tout photographe qui travaillait sur commande pour le magazine cédait des droits non exclusifs, pour une publication unique, la situation évolue. Sans qu’aucune corrélation puisse être établie avec le lancement prochain d’une version online du magazine, les nouveaux contrats prévoient une cession de droit non exclusive pour une durée de …49 ans, dans un pays ou l’espérance de vie des hommes ne dépasse pas 55 ans! Si je travaillais pour forbes aujourd’hui, je toucherais à nouveau des droits en 2058, à 96 ans.
Le magazine Forbes est une publication en Russie du groupe de presse allemand Axel Springer, tout comme Newsweek, OK! et Computer Bild.
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| infos | | Publié par : Bertrand Gaudillere 25/08/2009 |
Dans le cadre de la vingt et unième édition du festival Visa Pour L’Image, qui se tiendra à Perpignan du 31 aout au 6 septembre, le sujet de Bertrand Gaudillère « Les chiffres ont un visage – Histoire de sans papiers en France » sera projeté lors de la soirée du 2 septembre.
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| En Images | | Publié par : Marc Bonneville 24/08/2009 |
Je vous parlais d’elle dans mon post précédent, Ira Popova expose. Cuba. A Moscou, dans un souterrain, le club-bar «Подмосковье». Après Beslan, la Géorgie, la Biélorussie…, elle part à Cuba pour travailler sur les derniers révolutionnaires et revient avec des femmes, des images de femmes. Deux cents femmes, jeunes, vieilles, pauvres,nettes, floues, cadrées, ou non, pixelisées…Une anarchie du sens qui demande à être simultanément développée et canalisée. Un talent qui demande à murir.
Ira Popova est étudiante à l’école de photographie Rodchenko, l’expo ««Куба рядом» est visible jusqu’au 19 septembre,club-bar «Подмосковье» , pour ceux qui feraient le voyage.
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| En Images | | Publié par : Marc Bonneville 22/07/2009 |
Du 11 au 14 juin, dans le cadre du festival « Pustyie Kholmy », littéralement les « collines vides » j’encadrais un groupe de 6 jeunes photographes russes. A 300 km de Moscou, sous la pluie et la tente, avec du retard, un Woodstock à la slave où se retrouvaient cette année 50 à 60 000 personnes.
Je vous livre le travail de 3 d’entre eux, les autres ont disparus dans les brumes. La demande était simple : construire une série formellement cohérente dans le cadre du festival.
Si je souhaite vous conter cette rencontre, ce n’est pas tant pour vous montrer ces images, mais pour introduire la jeune photographie documentaire russe. Hyperactive, désorganisée, livrée à elle même. Elle essaie, les pieds dans la boue, à l’image de mes tout jeunes élèves sur le festival. Aidée par quelques photographes russes reconnus comme Serguei Maximishin ou Igor Mukhin, par Olga Sviblova et l’école de photographie Rodchenko fondée il y a tout juste 2 ans. Elle essaie avec une énergie incroyable, à l’image de Irina Popova, jeune étudiante en première année, qui a déjà à son actif plusieurs expositions personnelles, donne des conférences sur son travail, s’engueule avec son professeur principal mais ne se considère pas cependant, à l’inverse de certains jeunes collègues comme arrivée parce qu’elle a une toute jeune notoriété et visibilité.
Après la chute du communisme et 2 crises majeures, dans un pays qui a pour tradition d’attendre les oukases avant d’agir, peut-être une génération autonome, enfin capable de décider en assumant sa subjectivité?
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| infos | | Publié par : Franck Boutonnet 03/07/2009 |
Du 7 au 12 juillet 2009, le collectif item est invité par la galerie Camayeux de Marseille à présenter deux travaux photographiques : un premier travail collectif sur le thème de l’habitat social réalisé en partenariat avec l’association Habitat&Humanisme, et un deuxième reportage de Franck Boutonnet sur les camps de Roms à Lyon.
Ces reportages, ainsi que les autres séries présentées par la galerie Camayeux, seront visibles à l’Hôtel de Chartrouse, situé rue de Chartrouse à Arles, de 10h à 20h.
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| RESF | | Publié par : Bertrand Gaudillere 24/06/2009 |
Alae Eddine fait partie des jeunes majeurs que j’ai pu rencontrer dans le cadre de mon travail « les chiffres ont un visage ». Membre du collectif Jeunes Majeurs RESF de Lyon, il a été interpellé suite à un contrôle d’identité et expulsé dans un délai record afin de ne pas laisser le temps aux militants du réseau d’organiser la mobilisation et d’alerter l’opinion public.
Récit d’une expulsion. (Les images ont été réalisées lors de rassemblements jeunes majeurs, chez son parrain, et lors du rassemblement devant la paf)
16 juin 2009
21 h 30 on apprend qu’ Alae Edinne vient d’être arrêté lors d’un contrôle d’identité, il est emmené a l’hôtel de police du Huitième.
22 h 30 Une vingtaine de personnes du réseau se retrouvent devant l’hôtel de police. On leur confirme qu’Alae Edinne est bien gardé à vue dans les locaux. Malgré la mobilisation, le procureur décide du maintien en garde-à-vue, et du transfert d’ Alae Edinne à la PAF (Police Aux Frontières)
17 juin 2009
10 h Alae Edinne est transféré à la PAF. Un appel à fax, mail et téléphone est lancé. La préfecture qui a été contactée par les militants tient une ligne dure : « Nous sommes dans une logique d’exécution de la mesure de reconduite à la frontière ».
15 h Rassemblement devant les locaux de la PAF. Une quarantaine de personnes sont présentes, et une délégation est reçue.
19 h Alae Edinne est transféré au CRA de St Exupery.
18 juin 2009
8 h 40 Alae Edinne Expulsé. Il a appelé le réseau à 8 h 30 pour lui signaler qu’il était dans un aéroport parisien.
23 h 57 toujours pas de nouvelles d’ Alae Edinne depuis son coup de fil du matin. Annonce de la tenue d’une conférence de presse par ses parrains et marraine, Georges Gumpel et et Christianne Demontes.
19 juin 2009
12 h 30 Conférence de presse au café de la mairie Lyon 1er à l’initiative du parrain d’ Alae Edinne, Geoges Gumpel et sa marainne, Christainne Demontes.
18 h 46 On apprend les modalités d’expulsion : par avion de la Royal Air Maroc départ 9 h d’Orly arrivée à 11 h à Casablanca. Il a pu passer un coup de fil à son parrain Georges, un policier de l’escorte lui a prêté un portable, le temps de dire qu’on l’embarquait et qu’on l’avait tabassé. On apprend aussi qu’il a été transféré en fin de matinée au tribunal de Casablanca.
22 juin 2009
9 h 28 rapport d’expulsion venant du Maroc :
Hier Jeudi 18 juin, Alaeddine El Jaïdi a été expulsé de France, arrivé à 9h à l’aéroport Nouasser, puis au commissariat du maarif à Casablanca où il a passé la nuit en cellule.Catherine et Souad se sont présenté au commissariat dès 15h, mais n’ont pu que lui remettre de quoi manger.Un policier nous dit de nous présenter demain vers 9h au commissariat. Il sera présenté au tribunal dans la journée.
Ce vendredi 19 juin, Patrice de RESF Casa s’est présenté dès 9h au commissariat du Maarif à Casablanca.
Il a pu voir Alaedine sortant de cellule accompagnés de 3 autres jeunes expulsés de Belgique, Espagne et Allemagne. Mais n’a pu avoir les coordonnées de sa famille pour les prévenir.
A 11h,Catherine, Souad, Patrice de RESF casa accompagné de Zoé Deback, journaliste nous dirigeons au tribunal de Aïn Sebaa.
Nous attendons jusqu’à 14h avant de le voir libéré.
Témoignage de Alaedine :
Un jour avant son expulsion, alors qu’il allait rendre visite à sa tante avec son cousin, il est contrôlé à la sortie du métro par 5 CRS sortis d’un fourgon. Simple contrôle, mais il n’avait pas ses papiers. Ils appellent le Central. Un IIe fourgon arrive, nombreux, ils le montent violemment , le menottent. Il est emmené à l’Hôtel de police de Lyon 8.
Présenté au commissaire qui lui dit : « vous avez reçu une obligation de quitter le territoire au mois de mars, pourquoi vous n’êtes pas parti ».
Ils le mettent dans une salle d’attente, puis ils l’enferment dans des toilettes pendant une heure, le mettent à poil, l’insultent. Puis prennent ses empreintes et le mettent en garde-à-vue.. . Il passe la nuit dans une cellule
, puis le présente le lendemain à la PAF (Police des frontières). Interrogatoire long. Il y reste jusqu’au soir à 19h. Puis emmené au centre de rétention Saint Exupéry. Vers 20h30, il reçoit des coups de fils, de Catherine Tourier de RESF, qui le rassure et lui dit qu’ils vont mobiliser les sénateurs.
Mais à 2h du matin, 5 policiers débarquent au centre, le réveillent brutalement et lui prennent son portable alors qu’il voulait appeler son avocat, ils l’en empêchent, le tirent violemment , tabassé, mis à terre, coups de poing, coups de pied, sur le visage, le ventre, le bras, « la chambre 4 est pleine de sang », dit-il.
Ils l’ont traîné puis mis dans un fourgon direction Paris accompagné de 3 policiers en civil, direction aéroport Orly. Il a demandé à voir un médecin pour constater ses blessures, ils l’ont menacé de le battre, menotté et mis dans un avion de la RAM VOL Paris Orly AT 777, le jeudi 18 juin à 8h. Dernier contact avec la France.
Arrivé à 9h30 à l’aéroport de Nouasser, il reste dans une salle d’attente au commissariat de l’aéroport, déclaré être rentré illégalement en France.
Ils le mettent dans un fourgon, direction commissariat Maarif. Il passe la nuit dans un cellule avec 10 prisonniers, couchés tous par terre, sans eau ni pain.
Le matin du vendredi 19 juin, à 9h30, il est emmené au Tribunal et attend dans une cellule avec une trentaine de détenus jusqu’à 14h. Présenté devant le juge, aucune question ne lui est posée, sinon le nom de son père, et lui font signer avec le doigt pour sa sortie.
Triste, hagard, perdu, nous le recueillons. Il a pu juste partir avec ses vêtements qu’il porte sur lui, sans recharge de téléphone, il ne peut joindre personne.
Nous l’emmenons manger, il raconte son calvaire . et nous dit, :
« Maintenant, je veux retourner, pas rester ici. J’ai commencé mes études et je veux les finir. J’ai un CAP platrier-plaquiste, je veux faire un brevet professionnel avec stage en alternance. Je ne veux pas rester à Sidi Slimane, parce que sans diplôme, j’ai rien, je ne veux pas lâcher le morceau. »
Adopté à 15 ans par sa tante de nationalité française, arrivé mineur en France grâce à la « kafala », il s’est inscrit au collège à Lyon, puis suit sa scolarité au lycée . A 18 ans, ils sont venus à domicile le chercher, mis en centre de détention, il en ressort grâce à une grande mobilisation de ses profs et des élèves de son lycée. Puis à 19 ans, puis à 20 ans. Il ne veut pas lâcher le morceau, dit-il.
Nous contactons par téléphone sa tante à Sidi Slimane, Alaedine est sous l’émotion, il n’a plus revu sa famille depuis son départ à 15 ans, il est l’aîné de la famille, marqué par ses blessures, sûr qu’il préfère les revoir avec un diplôme, un travail, et dignement…
A l’hôpital de Casablanca nous obtenons un constat des violences subies par la police française : suite à l’agression subie le mercredi 17 juin 2009.
- des ecchymoses au niveau de la face, au bras droit et au torse
- région occipitale gauche
- nasale
- œdème et hématome au mollet droit.
11 h 38 communiqué de l’UJFP pour le retour d’ Alae Edinne
Alae Eddine doit immédiatement revenir en France
Date 22.06.2009 | Sujet : Communiqués de l’UJFP
L’Europe se transforme en forteresse, des murs se construisent à Ceuta et Melilla. Des centres de rétention ou des camps comme celui de Lampedusa se multiplient. Par milliers des immigrés se noient en tentant d’échapper à la misère et aux conséquences de la mondialisation libérale. Une même politique vise à faire sortir les étrangers de l’état de droit.
De Hortefeux à Besson, la politique du gouvernement Sarkozy tend à faire du chiffre et à caresser dans le sens du poil l’électorat d’extrême-droite. Comme pour la droite des années 30, il s’agit de détourner l’attention des vrais problèmes (chômage, misère, inégalités) et de désigner les étrangers à la vindicte populaire.
A Lyon, symboliquement, la personne chez qui le jeune marocain Alae Eddine avait trouvé refuge, se trouvait être un ancien enfant caché juif pendant la guerre, ce qui a été largement médiatisé. Cela n’a pas empêché son expulsion, comme si le pouvoir, malgré la mobilisation, avait voulu signifier que tout lui est permis. La même machine bureaucratique (de discrimination, arrestation, détention) est aujourd’hui mise en œuvre, comme dans les années 40 même si les conséquences ne sont pas aussi tragiques.
Parce que nous n’avons pas la mémoire courte, et que nous dénonçons les lois discriminatoires et de déshumanisation, l’UJFP soutient tous les sans-papiers.
Elle exige le retour en France d’Alae Eddine.
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